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Le tireur de Libé: pour les enquêteurs, un homme "violent" et "menteur pathologique"

| AFP | 253 | Aucun vote sur cette news
Croquis d'audience du procès d'Abdelhakim Dekhar, jugé aux assises pour tentatives d'assassinat en 2013 à Paris, le 17 novembre 2017
Croquis d'audience du procès d'Abdelhakim Dekhar, jugé aux assises pour tentatives d'assassinat en 2013 à Paris, le 17 novembre 2017 ( Benoit PEYRUCQ / AFP/Archives )

"Violent", "menteur pathologique", mégalomane: les enquêteurs ont dressé lundi devant la cour d'assises de Paris un portrait très noir d'Abdelhakim Dekhar, jugé pour son périple armé dans la capitale en novembre 2013.

Qu'elle vienne de ses parents, sa soeur, ses anciens collègues en Grande-Bretagne, ou son ex-compagne, la description ne varie pas : Abdelhakim Dekhar a été présenté par les enquêteurs, qui ont interrogé ces personnes ayant bien connu ou simplement fréquenté le "tireur de Libé", comme un homme violent et mythomane.

Le 15 novembre 2013, l'accusé avait démarré son parcours armé à BFMTV où il avait menacé avec un fusil à pompe un rédacteur en chef. Trois jours après, il avait grièvement blessé par balle un assistant photographe à Libération. Il avait ensuite tiré sur l'immeuble de la Société générale dans le quartier d'affaires de la Défense.

Les enquêteurs ont décrit une personnalité bien différente de celle qu'a voulu montrer vendredi Abdelhakim Dekhar, aujourd'hui âgé de 52 ans, au premier jour de son procès devant la cour d'assises de Paris.

Il s'était présenté comme un homme désespéré, après la séparation d'avec sa compagne et par conséquent, l'éloignement de ses enfants: avec son périple armé dans la capitale, il voulait mettre en scène son suicide mais n'avait jamais voulu "s'en prendre à la personne humaine", affirmait-il.

Il était aussi revenu sur ses explications, formulées juste après les faits, où il mettait en avant un "combat politique" contre l'Etat français, contre le système, contre les journalistes qualifiés de "journaputes".

Le premier policier appelé à la barre a décrit "un décalage" chez Abdelhakim Dekhar "entre sa vie rêvée de Robin des Bois, et sa vie beaucoup plus médiocre, aux conséquences dramatiques".

Cet enquêteur a évoqué "un homme violent quand les choses ne vont pas dans son sens", qui avait "une relation conflictuelle avec une grande partie de sa famille". Quand il était jeune, il s'était montré "très violent avec son père et sa mère"; il avait mis "un coup de poing au visage" à sa soeur.

Sa famille le qualifie par ailleurs de "menteur pathologique", d'"affabulateur", a rapporté le policier.

Le diplôme en philosophie qu'il affirme avoir obtenu? Son rôle d'agent secret pour les services algériens et français? "Une affabulation", répond le policier.

- 'Un gros passif' -

En Angleterre, où il a vécu de la fin des années 1990 à 2013, il avait tenté de convaincre une collègue de travail, rencontrée par un enquêteur qui s'est rendu en Grande-Bretagne, qu'il était journaliste freelance, qu'il avait combattu dans la Légion étrangère en Bosnie, que ses parents étaient morts dans un accident de voiture.

Abdelhakim Dekhar entretenait de si mauvaises relations avec son supérieur, dans un restaurant à Londres, que ce dernier avait employé une société de sécurité après son licenciement, de peur qu'il vienne se venger.

Cet enquêteur a aussi rencontré à Londres son ex-compagne avec qui il a eu deux enfants. Elle "décrit un gros passif", explique le policier. Abdelhakim Dekhar a été condamné en janvier 2013 par la justice britannique à six mois de travaux d'intérêt général et à porter un bracelet électronique après des violences contre elle. Il avait aussi tenté de l'étrangler.

Sept mois après cette condamnation, il revenait en France, où il était déjà connu des autorités. Abdelhakim Dekhar avait été condamné en 1998 dans un dossier criminel majeur de l'époque lié aux milieux de l'ultragauche.

Il était soupçonné d'être "le troisième homme" de l'équipée de deux membres de cette mouvance, Florence Rey et Audry Maupin: une fusillade au cours de laquelle trois policiers, un chauffeur de taxi et Maupin avaient été tués en 1994.

Le procès doit se terminer vendredi.

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