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Le Guatemala veut transférer son ambassade en Israël à Jérusalem

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Le président du Guatemala Jimmy Morales et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 28 novembre 2016 à Jérusalem
Le président du Guatemala Jimmy Morales et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 28 novembre 2016 à Jérusalem ( ABIR SULTAN / POOL/AFP/Archives )

Le président du Guatemala Jimmy Morales a emboîté le pas à son homologue américain Donald Trump en annonçant dimanche le transfert à Jérusalem de l'ambassade de son pays en Israël, une décision saluée lundi par le Premier ministre israélien et dénoncée par les autorités palestiniennes.

"J'ai donné des instructions à la ministre (des Affaires étrangères, Sandra Jovel) pour entamer les démarches" afin de mettre en œuvre cette décision, a écrit le président sur son compte Twitter. Un choix pris en dépit du vote de condamnation par l'Assemblée générale de l'ONU de l'initiative américaine.

Premier chef d'Etat à prendre une décision similaire à celle de Donald Trump, le président Morales a rendu compte sur les réseaux sociaux d'un entretien téléphonique qu'il avait eu auparavant avec M. Netanyahu.

"Un des thèmes les plus importants (de l'entretien) avec le Premier ministre (israélien) a été le retour de l'ambassade du Guatemala à Jérusalem", a fait savoir M. Morales, soulignant les "excellentes relations" entre les deux pays "depuis que le Guatemala a soutenu la création de l'Etat d'Israël".

Lundi, le ministère des Affaires étrangères du Guatemala a annoncé dans un communiqué avoir "débuté le processus de mise en oeuvre de cette décision".

- 'Ce n'est qu'un début' -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué "l'importante" décision du Guatemala et a prédit que d'autres pays leur emboîteraient le pas.

Le drapeau du Guatemala devant les locaux de l'ambassade de cet Etat d'Amérique centrale, le 25 décembre 2017 à Tel Aviv
Le drapeau du Guatemala devant les locaux de l'ambassade de cet Etat d'Amérique centrale, le 25 décembre 2017 à Tel Aviv ( JACK GUEZ / AFP )

"D'autres pays reconnaîtront Jérusalem et annonceront le transfert de leur ambassade. Un deuxième pays l'a fait et je le répète: il y en aura d'autres, ce n'est qu'un début et c'est important", a-t-il déclaré dans un communiqué. La vice-ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a affirmé qu'Israël était en contact avec "au moins dix pays dont certains en Europe", sans toutefois préciser lesquels.

De leur côté, les autorités palestiniennes ont qualifié "d'acte honteux" et hostile cette décision. "C'est un acte honteux et illégal qui va totalement à l'encontre des sentiments des dirigeants des églises à Jérusalem", a affirmé le ministère palestinien des Affaires étrangères dans un communiqué.

La radio publique citant des sources diplomatiques israéliennes a évoqué le Honduras, les Philippines, la Roumanie et le Soudan du Sud parmi les pays qui pourraient prendre une telle initiative.

Vendredi, le président Morales avait défendu le soutien de son pays à la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, au lendemain du vote massif de l'Assemblée générale de l'ONU condamnant cette initiative du président américain.

"Le Guatemala est historiquement pro-Israël" et "en 70 ans de relations, Israël a été notre allié", avait-il déclaré.

Le Guatemala avait voté contre la condamnation de l'ONU, avec le Honduras, le Togo, la Micronésie, Nauru, Palau et les îles Marshall, en plus des Etats-Unis et d'Israël.

"Malgré le fait que n'ayons été que neuf dans le monde, nous avons la totale certitude et conviction que c'était la bonne voie", a-t-il encore déclaré.

Des 193 pays composant l'Assemblée générale de l'ONU, 128 ont voté la résolution condamnant la décision américaine, dont des pays alliés des Etats-Unis comme la France et la Grande-Bretagne.

- 'La paix pour Jérusalem" -

La décision de M. Trump, le 6 décembre, a provoqué des manifestations quasi quotidiennes dans les Territoires occupés par Israël, et terni la fête de Noël pour les chrétiens palestiniens.

La position de l'ONU n'a guère changé depuis des décennies. Elle ne reconnaît pas l'annexion de Jérusalem-Est, qu'elle considère comme territoire occupé, et a déclaré la loi israélienne de 1980 comme étant une violation de la loi internationale. Pour elle, le statut final de Jérusalem doit être négocié entre les parties.

Lundi, le pape François a appelé dans son message de Noël "la paix pour Jérusalem et pour toute la Terre Sainte", espérant qu'"une reprise du dialogue l'emporte" pour "parvenir à une solution négociée qui permette la coexistence pacifique de deux Etats".

La vision internationale largement répandue reste celle de Jérusalem comme la capitale d'Israël et d'un Etat palestinien indépendant.

La résolution 478 de l'ONU en 1980 appelait tous les pays ayant une mission diplomatique à Jérusalem à l'en retirer. Treize pays (Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, République dominicaine, Equateur, Salvador, Guatemala, Haïti, Pays-Bas, Panama, Uruguay, Venezuela) avaient déménagé leur ambassade à Tel-Aviv, où se trouvent celles des autres pays.

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