En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 424.46 PTS
+0.57 %
5 416.5
+0.43 %
SBF 120 PTS
4 344.47
+0.41 %
DAX PTS
12 247.20
+0.23 %
Dowjones PTS
26 405.76
+0.61 %
7 490.32
+0.00 %
1.170
+0.23 %

Le filigrane, un héritage des orfèvres arabes au coeur de la Colombie

| AFP | 815 | 4 par 1 internautes
Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017
Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017 ( Luis ACOSTA / AFP )

De ses mains puissantes, Daniel Alfonso Garrido manie délicatement des fils de métal précieux. Il en tisse des bijoux délicats, perpétuant l'art arabe du filigrane, une technique ancestrale parvenue au coeur de la Colombie au temps des conquistadors espagnols.

Animaux et fleurs d'argent ou d'or illuminent la joaillerie de cet orfèvre de Mompox, une petite ville isolée du nord du pays, bâtie sur une île du fleuve Magdalena et dont la beauté coloniale a inspiré l'écrivain Gabriel Garcia Marquez.

Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017
Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017 ( Luis ACOSTA / AFP )

De sa pince, l'artisan modèle ses bijoux, pour la plupart inspirés de la nature. Comme le faisaient avant lui son père et son grand-père. Un travail transmis de génération en génération depuis 1897, comme dans plusieurs familles de cette localité de 43.800 habitants, haut lieu de l'art complexe du filigrane.

"C'est une tradition arabe. Les Arabes l'ont enseignée aux Espagnols qui, lorsqu'ils nous ont conquis, ont apporté cet art en Amérique, et en particulier à Mompox", a expliqué à l'AFP M. Garrido, métis aux cheveux grisonnants âgé de 53 ans.

Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017
Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017 ( Luis ACOSTA / AFP )

Aujourd'hui, environ 170 orfèvres travaillent encore l'argent ou l'or comme le faisaient les Andalous qui ont traversé l'Atlantique, selon l'Institut de la culture et du tourisme (Icultur) du département de Bolivar, les Garrido étant parmi les plus réputés.

- L'art dans les veines -

"Nous avons l'orfèvrerie dans le sang", s'enorgueillit M. Garrido.

A partir de brins d'une extrême finesse, l'artisan crée des bijoux de dentelle métallique.

Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017
Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017 ( Luis ACOSTA / AFP )

Le filigrane est partout présent dans les vitrines des 23 joailleries de Mompox, une ville fondée en 1540 et inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco en 1995 pour ses traditions et son style colonial préservés du fait de l'isolement de cette cité située à 250 km de la côté caraïbe.

A Mompox, joyau de l'architecture colombienne, les feux de l'or et de l'argent se mêlent aux couleurs vives des portes, dans une ville où les maisons aux façades ocres sont marquées par le passage des siècles.

Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017
Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017 ( Luis ACOSTA / AFP )

"J'adore le dessin de leurs pièces" de filigrane, "quand on va à l'atelier, on se rend compte du travail que cela représente et cela a une vraie valeur", estime Viviana Devia, une habitante de Bogota âgée de 42 ans, qui a acheté une quinzaine de bijoux.

L'atelier de "Tito", comme il est connu des Momposinos, garde un style classique, avec un patio mêlant poutres en bois et fer forgé, qui rappelle le temps où l'or de la conquête arrivait au village. Dans le port de Mompox était alors calculée la part envoyée à la couronne espagnole.

Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017
Un orfèvre travaille sur un bijou en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017 ( Luis ACOSTA / AFP )

Bien que ses pièces d'orfèvrerie soient mondialement célèbres, la ville n'est pas une terre d'exploitation aurifère. Du temps de la colonisation, Santa Cruz de Mompox, son nom officiel, était un centre de frappe des monnaies, ce qui a conduit les habitants à s'initier au maniement des métaux précieux.

- Tradition et patience -

"Notre valeur ajoutée, c'est la tradition, le temps, la fragilité entre nos mains, la patience que nous devons y mettre. Car si un orfèvre n'est pas patient, cela ne marche pas", explique M. Garrido.

Un bracelet en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017
Un bracelet en argent à Mompox, dans le nord de la Colombie, le 24 septembre 2017 ( Luis ACOSTA / AFP )

La vente des joyaux en filigrane, qui selon leur poids se négocient entre huit et plusieurs centaines de dollars sur place, "rapporte au total près de 2,5 millions de pesos (environ 867.000 dollars) par an aux 23 joailleries" de Mompox, a précisé à l'AFP Lucy Espinosa Diaz, directrice d'Icultur.

La création d'un bijou en filigrane prend entre une demi-journée et deux semaines, selon la taille et la complexité du design, précise Jaime Florez, 27 ans, qui travaille depuis l'aube à un bracelet d'argent qu'il espère terminer avant le coucher du soleil.

Il a d'abord défini le style, calculé le poids de l'objet, choisi le métal, qu'il a ensuite fondu. Les fils sont créés lorsque l'argent ou l'or passe de l'état solide à liquide. La pièce prend alors forme.

A Mompox, les coups de marteau se mêlent au bruit des soudures des orfèvres, tandis que perce au loin le murmure du grand fleuve Madgalena.

La petite ville reste hors de l'orbite touristique colombienne en raison de son accès difficile, quatre heures de trajet par le fleuve ou par la route construite il y a seulement deux ans. Mais elle entend bien conserver sa renommée joaillère.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 4
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 20/09/2018

Total a finalisé l'acquisition de G2mobility, un des leaders français des solutions de recharge pour véhicule électrique. En prenant le contrôle de cette startup technologique française, Total…

Publié le 20/09/2018

La très belle série haussière de Casino pourrait prendre fin ce jeudi...

Publié le 20/09/2018

nomination de Marie-Laure Parente...

Publié le 20/09/2018

D'un point de vue graphique, le titre poursuit sa progression après avoir dépassé le niveau de résistance des 33.46 euros, soit les creux de novembre 2017. Du côté des indicateurs techniques, le…

Publié le 20/09/2018

Beaucoup de qualités...