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Le Hezbollah souffle sur les braises après l'escalade avec Israël

| AFP | 430 | 5 par 1 internautes
Des militants du mouvement libanais Hezbollah lèvent le poing tandis qu'à l'écran leur chef Hassan Nasrallah prononce un discours le 2 septembre 2019
Des militants du mouvement libanais Hezbollah lèvent le poing tandis qu'à l'écran leur chef Hassan Nasrallah prononce un discours le 2 septembre 2019 ( - / AFP )

Le mouvement libanais Hezbollah a soufflé sur les braises lundi en annonçant être prêt à frapper Israël "en son coeur" et à abattre ses drones, au lendemain d'échanges de tirs qui ont fait craindre une flambée de violences entre les deux ennemis.

Dans un discours retransmis en soirée à la télévision, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a assuré que son mouvement n'avait "plus de ligne rouge" dans sa confrontation avec l'Etat hébreu et qu'une "étape" de sa riposte était "terminée".

"Le message est clair: si vous attaquez, toutes les frontières, vos soldats, vos colonies, à la frontière, en profondeur (du territoire israélien) ou en son coeur, pourront être menacés et ciblés", a-t-il assuré, se disant prêt à "confronter les drones israéliens dans le ciel du Liban".

Lundi, avant ce discours, la tension semblait pourtant être retombée. Dans le sud du Liban comme dans le nord d'Israël, la vie avait repris son cours normal après des tirs de missiles antichars du Hezbollah qui ont entrainé dimanche une riposte israélienne ayant provoqué uniquement des incendies dans des secteurs boisés.

A Avivim, verdoyante localité du nord israélien touchée par les frappes du Hezbollah, l'école locale a réouvert mais les habitants gardent bien en tête les échanges de tirs de la veille, qui ont rappelé à certains la guerre de 2006 entre le mouvement armé libanais et Israël.

De la fumée s'élève après des tirs de missiles, dans le village israélien d'Avivim (nord), près de la frontière avec le Liban, le 1er septembre 2019
De la fumée s'élève après des tirs de missiles, dans le village israélien d'Avivim (nord), près de la frontière avec le Liban, le 1er septembre 2019 ( Jalaa MAREY / AFP )

"La guerre peut reprendre en une minute. Ca peut arriver et ça me préoccupe", dit à l'AFP Dudu Peretz, 35 ans, affirmant qu'il s'agit du développement le plus inquiétant à la frontière depuis le conflit qui, à l'été 2006, avait fait 1.200 morts côté libanais et 160 côté israélien.

Moran, 12 ans, raconte avoir entendu des frappes pour la première fois de sa vie: "nous étions sur le qui-vive depuis une semaine, nous nous attendions à quelque chose".

Les échanges de tirs dimanche sont survenus au terme d'une semaine allant crescendo, débutée avec le bombardement par l'armée israélienne d'un village syrien où le Hezbollah préparait selon elle une attaque au drone, et poursuivie par des accusations d'attaques de drones israéliens contre la banlieue sud de Beyrouth --fief du Hezbollah--, qualifiée de "déclaration de guerre" par le président libanais Michel Aoun.

Missile "Kornet"

Dimanche, des projectiles sont aussi tombés près de l'entrée de Yiron, un kibboutz voisin d'environ 400 âmes, causant un incendie et endommageant la route.

Israël
Israël ( / AFP )

"Nous sommes soulagés qu'ils n'aient tué personne de notre côté et que nous n'ayons tué personne du leur. Toute effusion de sang serait une honte", estime Sabagh Israel, 57 ans, en faisant les courses sur le marché d'Avivim. "Leur sang est comme le nôtre."

Au Liban, des casques bleus de la Force de l'ONU (Finul) patrouillaient le long de la frontière tandis que des agriculteurs cultivaient leur champ, selon un journaliste de l'AFP sur place.

"Nous avons l'habitude de ce genre de situation. Nous restons calmes et déterminés", déclare Ali al-Safari, un habitant de Bint Jbeil, ville près de laquelle une centaine d'obus israéliens sont tombés la veille.

Pour la Syrie, pays en guerre et voisin d'Israël et du Liban, l'opération du Hezbollah contre Israël suscite la "fierté", selon une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l'agence de presse officielle syrienne Sana.

Il s'agit là d'"une riposte aux agressions israéliennes répétées contre la souveraineté du Liban", a affirmé ce responsable. Allié de l'Iran, le Hezbollah est militairement engagé au côté du pouvoir de Bachar al-Assad dans le conflit qui déchire la Syrie depuis 2011.

Capture d'écran d'une vidéo diffusée le 2 septembre par le Hezbollah et présentée comme celle de son attaque contre Israël
Capture d'écran d'une vidéo diffusée le 2 septembre par le Hezbollah et présentée comme celle de son attaque contre Israël ( - / Hezbollah media office/AFP )

Dans une vidéo diffusée lundi sur sa chaîne Al-Manar et présentée comme un compte-rendu de l'attaque de dimanche, le Hezbollah a montré un missile tiré depuis une de ses positions se diriger sur un véhicule militaire avançant sur une route au milieu d'un paysage vallonné, puis une explosion qui provoque un nuage de fumée.

En fond sonore, une voix assure que ce premier missile antichar de type "Kornet" a été suivi par un second missile, tiré depuis une deuxième position.

Israël a accusé le Liban de laisser opérer sur son territoire le Hezbollah qui, selon son armée, tente de convertir des roquettes en missiles de précision pouvant causer des dommages plus importants.

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