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Trump se défend dans l'enquête russe qui ternit sa première grande réforme

| AFP | 230 | 5 par 1 internautes
Donald Trump à New York le 2 décembre 2017
Donald Trump à New York le 2 décembre 2017 ( MANDEL NGAN / AFP )

Donald Trump a de nouveau nié samedi toute "collusion" avec la Russie mais a semblé admettre au passage qu'il savait que son ex-conseiller à la sécurité nationale, inculpé la veille lors d'un nouveau rebondissement spectaculaire, avait menti au FBI.

L'enquête sur l'affaire russe continue d'empoisonner le mandat du président américain au point de faire de l'ombre à sa première grande réforme, adoptée dans la nuit de vendredi à samedi par le Sénat avec de gigantesques baisses d'impôts à la clé.

L'ex-conseiller Michael Flynn, inculpé vendredi matin, a plaidé coupable d'avoir menti au FBI sur la teneur de ses échanges avec l'ambassadeur russe, durant la transition entre l'élection de Donald Trump et sa prise de fonctions à la Maison Blanche. Surtout, il a accepté de coopérer avec la justice, ce qui pourrait donner un nouveau coup d'accélérateur aux enquêteurs.

"J'ai dû limoger le général Flynn parce qu'il a menti au vice-président et au FBI. Il a plaidé coupable de ces mensonges. C'est triste parce que ses actions pendant la transition étaient légales. Il n'y avait rien à cacher!", a écrit le milliardaire républicain sur Twitter.

La formulation de son tweet a aussitôt été passée à la loupe par les connaisseurs du dossier: alors que seul le mensonge au vice-président Mike Pence avait été invoqué par la Maison Blanche pour limoger le conseiller à la sécurité nationale en février, Donald Trump laisse cette fois entendre qu'il était aussi au courant des mensonges au FBI.

Or l'ex-patron du FBI James Comey, évincé en mai par le président, a affirmé lors d'une audition parlementaire en juin que ce dernier lui avait personnellement demandé "d'abandonner" une enquête visant Michael Flynn. Le limogeage de James Comey nourrissait déjà depuis des mois des spéculations sur une éventuelle entrave présidentielle à la justice que ce nouveau tweet est venu alimenter.

"Etes-vous en train d'admettre que vous saviez que Flynn avait menti au FBI quand vous avez demandé à Comey de laisser Flynn tranquille?????????", a interrogé, également sur Twitter, l'ex-directeur de l'éthique au sein de l'administration Walter Shaub.

Samedi matin, après avoir ostensiblement choisi d'ignorer ces nouveaux rebondissements, Donald Trump avait finalement réaffirmé qu'il n'y avait eu "aucune collusion" entre son équipe de campagne, lorsqu'il briguait la Maison Blanche, et la Russie de Vladimir Poutine. Il a assuré ne pas être inquiet de ce que Michael Flynn pourrait révéler aux enquêteurs fédéraux.

- 'Formidables républicains' -

L'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016 menace toutefois le 45e président des Etats-Unis. S'il parvenait à prouver une collusion avec la Russie ou une entrave à la justice, une procédure de destitution ne pourrait être exclue.

Or les enquêteurs se rapprochent du premier cercle présidentiel. Au sujet de ses contacts russes, Michael Flynn a confirmé à l'accusation avoir ponctuellement agi sur les instructions d'un "très haut responsable" de l'équipe de transition présidentielle qui n'est autre, selon plusieurs médias américains, que Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump.

Ces contacts, intervenus après l'élection, ne confortent pas la thèse d'une concertation entre les Russes et l'entourage du candidat pour influencer le scrutin. Mais Michael Flynn pourrait fournir de nouvelles révélations aux enquêteurs.

L'ombre de l'affaire russe est venue voler la vedette à la réforme fiscale, qui doit maintenant franchir une dernière étape assez formelle, l'harmonisation d'ici fin décembre des versions adoptées par le Sénat et la Chambre des représentants.

"Plus grosses loi sur la fiscalité et réduction d'impôts de l'histoire viennent de passer au Sénat. Maintenant ces formidables républicains vont viser l'adoption finale", s'est enthousiasmé Donald Trump samedi matin sur Twitter.

"Quelle soirée fantastique la nuit dernière", a-t-il renchéri un peu plus tard devant la presse. "Les gens vont être très, très contents", a-t-il ajouté alors que des sondages réalisés avant le vote crucial du Sénat mettaient en lumière une réforme encore impopulaire.

Des manifestants protestent contre la réforme des impôts et les politiques de Donald Trump devant un restaurant où s'exprimait le président américain, le 2 décembre
Des manifestants protestent contre la réforme des impôts et les politiques de Donald Trump devant un restaurant où s'exprimait le président américain, le 2 décembre ( MANDEL NGAN / AFP )

A New York où il est intervenu lors d'une réunion de levée de fonds, il a taclé les démocrates pour n'avoir pas soutenu le texte. "Cela va leur coûter cher électoralement", "ce n'est pas bon en politique de voter contre des baisses d'impôts", a-t-il lancé.

Dehors, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté contre le président. "Les baisses d'impôts détruisent les vies", pouvait-on lire sur une pancarte.

Après de longues heures de tractations laborieuses au sein même du camp républicain, la réforme a été adoptée de justesse par 51 sénateurs contre 49.

En mal de victoire législative depuis son arrivée à la Maison Blanche le 20 janvier, Donald Trump a mis tout son poids derrière ce projet de loi, après l'échec cuisant cet automne de l'abrogation de la loi sur le système de santé de Barack Obama.

Le milliardaire a placé la baisse des impôts au coeur de sa politique économique, dans le but de redonner du pouvoir d'achat à la classe moyenne et de rendre les Etats-Unis plus compétitifs pour les entreprises.

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