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La Pologne malade de sa santé

| AFP | 199 | Aucun vote sur cette news
Des internes polonais font une grève de la faim afin de réclamer pour leur secteur une hausse massive de financement, à Varsovie, le 27 octobre 2017
Des internes polonais font une grève de la faim afin de réclamer pour leur secteur une hausse massive de financement, à Varsovie, le 27 octobre 2017 ( JANEK SKARZYNSKI / AFP )

Révolte de jeunes internes grévistes de la faim, soutenus par la société et réclamant pour leur secteur une hausse massive de financement, que le gouvernement refuse: la Pologne, économie florissante, est malade de sa santé.

Etendus dans des sacs de couchage à même le sol, portant des blouses blanches ou des chemisettes noires avec l'inscription "grève de la faim", les jeunes médecins campent dans le hall d'un hôpital d'enfants ultramoderne à Varsovie depuis le 2 octobre. Le conflit s'éternise.

Le gouvernement conservateur, en place depuis 2015, a bien introduit des réformes: l'accès aux soins dans les hôpitaux publics a été étendu aux non cotisants, donc à l'ensemble de la population, les hôpitaux organisés en "réseau" censé améliorer le suivi des malades, le financement simplifié et confié directement au budget de l'Etat.

Mais l'effet de ces changements reste à vérifier. Et leur impact risque d'être réduit, faute d'argent, du moins à moyen terme.

Des internes polonais font une grève de la faim afin de réclamer pour leur secteur une hausse massive de financement, à Varsovie, le 27 octobre 2017
Des internes polonais font une grève de la faim afin de réclamer pour leur secteur une hausse massive de financement, à Varsovie, le 27 octobre 2017 ( JANEK SKARZYNSKI / AFP )

C'est pour que cela change que les internes ont lancé leur mouvement. Ils demandent que les crédits pour la santé soient portés de 4,7% du PIB cette année à 6,8% d'ici trois ans.

- Apolitique -

Ils insistent sur le caractère apolitique de leur mouvement et sur le fait que, contrairement à la thèse propagée dans les médias publics, les hausses de salaire demandées sont pour eux secondaires par rapport à la modernisation du secteur.

"Il faut réduire les files d'attentes et améliorer l'accès aux soins", dit à l'AFP l'un de leurs leaders, Lukasz Jankowski, vice-président de l'Entente des internes qui revendique 25.000 membres sur Facebook. Effectivement, pour les patients qui ne sont pas admissibles dans les services d'urgences, l'attente peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

"Il faut faire avancer l'informatisation qui piétine, pour créer un registre central des services médicaux, pour enregistrer l'histoire de la maladie", précise-t-il.

Sans parler de l'état de certains bâtiments, qui attendent leur rénovation depuis des lustres.

Les rebelles sont appuyés tant par les patients que par l'organisme représentant la profession, le Conseil national des médecins.

"Si un médecin débutant reçoit un salaire inférieur à celui d'une caissière d'hypermarché, quelque chose ne va pas", dit à l'AFP le président du Conseil, Maciej Hamankiewicz. "Ils travaillent entre 300 et 400 heures par mois, souvent en état de fatigue chronique".

Le mouvement s'est élargi. Jeudi, "82 personnes jeûnaient dans huit villes", dit M. Jankowski.

Le gouvernement cherche à réagir. Le ministre de la Santé, Konstanty Radziwill, a fait adopter un projet portant les dépenses pour la santé à 6% du PIB en 2025.

- 'Le Prince' -

Mais pour les jeunes médecins en formation en vue de leur spécialisation, c'est trop peu, trop tard. S'ils semblent se résigner à descendre à 6% du PIB, ils voudraient atteindre ce niveau dès 2021.

"Impossible pour les finances de l'Etat", répond M. Radziwill, lui-même médecin, surnommé "le Prince" en raison de ses origines aristocratiques.

Des internes polonais font une grève de la faim afin de réclamer pour leur secteur une hausse massive de financement, à Varsovie, le 27 octobre 2017
Des internes polonais font une grève de la faim afin de réclamer pour leur secteur une hausse massive de financement, à Varsovie, le 27 octobre 2017 ( JANEK SKARZYNSKI / AFP )

"Nous sommes pressés d'obtenir un compromis, la formule de la grève de la faim s'épuise, celle de la grève générale est envisagée, mais risque d'être mal reçue dans la société", reconnaît Lukasz Jankowski.

"Il nous suffirait que le gouvernement exprime la volonté de travailler en vue d'atteindre les 6% du PIB plus tôt", ajoute-t-il.

Les internes non grévistes sont d'accord sur le fond du problème.

"Il nous arrive de manquer de sparadrap pour les perfusions intraveineuses... Il arrive même qu'on manque de médicaments. On envoie les commandes dans les délais, mais on n'est pas livré, car la facture précédente n'a pas été réglée...", raconte Anna Borkowska, une interne de Varsovie, qui doit devenir bientôt anesthésiste.

Elle "appuie entièrement" la protestation de ses camarades, "qui est d'ailleurs celle de toutes les professions médicales".

"Si on nous paie si peu, c'est peut-être précisément pour que nous prenions trois emplois..., s'interroge-t-elle. Sans cela, un tiers des hôpitaux devraient fermer".

Un autre problème douloureux est l'émigration de jeunes médecins, poussés surtout par l'insuffisance des salaires (pour un interne la rémunération de base est de 500 à 700 euros, qu'il arrondit un peu avec des gardes de nuit). Selon le Dr Hamankiewicz, quelque 25.000 médecins polonais travaillent actuellement à l'étranger, dont 13.000 dans l'UE.

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