En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 305.22 PTS
-
5 304.50
-
SBF 120 PTS
4 258.26
-
DAX PTS
12 163.01
-1.58 %
Dowjones PTS
25 162.41
-0.54 %
7 354.66
-1.24 %
1.138
+0.30 %

Au Nicaragua, la grève générale endeuillée par de nouveaux affrontements

| AFP | 748 | Aucun vote sur cette news
Des manifestants tirent avec un mortier artisanal lors de heurts avec les forces de police, le 9 juin 21018 à Masaya, à 35 km de Managua, au Nicaragua
Des manifestants tirent avec un mortier artisanal lors de heurts avec les forces de police, le 9 juin 21018 à Masaya, à 35 km de Managua, au Nicaragua ( INTI OCON / AFP/Archives )

De nouvelles violences meurtrières ont éclaté jeudi au Nicaragua, paralysé toute la journée par une grève générale, portant à plus de 160 le nombre de morts depuis le début de la vague de contestation contre le président Daniel Ortega, durement réprimée par le régime.

Au moins quatre personnes - dont un adolescent de 15 ans - ont été tuées par balles ces dernières heures lors d'assaut lancés par les forces anti-émeutes et des milices paramilitaires pro-gouvernementales contre les barricades érigées par les manifestants, selon le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh).

Ces violents incidents se sont produits dans plusieurs bastions de l'opposition autour de la capitale Managua, notamment Nagarote (nord-ouest), Tipitapa (est) et Masatepe (sud), a précisé à l'AFP Marlin Sierra, directrice du Cenidh.

Depuis minuit dans la nuit de mercredi à jeudi, le pays a été paralysé par une grève nationale, décrétée par l'opposition pour protester contre la répression des manifestations, qui a fait 162 morts et plus de 1.300 blessés depuis le début du mouvement le 18 avril.

La crise au Nicaragua
La crise au Nicaragua ( Anella RETA / AFP )

"Ortega continue sa politique criminelle contre le peuple du Nicaragua parce qu'il ne veut pas quitter le pouvoir, bien que le peuple lui dise de s'en aller", a dit à l'AFP Azhalea Solis, représentante de l'alliance de l'opposition.

"Tout est à l'arrêt, (on voit que) la population soutient la grève", a témoigné Pablo Ramirez, un chauffeur de taxi de Managua contraint à l'inactivité faute de clients.

Seuls de rares autobus aux trois quarts vides circulaient dans les artères de la capitale, quadrillées par les forces de sécurité. Et le Mercado oriental, l'un des marchés les plus animés de Managua, avait des airs de quartier fantôme.

"Aujourd'hui, personne ne travaille", a assuré Carlos Sanchez, vendeur de chewing-gums ambulant de 58 ans, qui espère que la grève permettra de faire plier le régime d'Ortega et de trouver une issue à la crise.

Usines, banques, supermarchés, stations-services, restaurants, petits magasins avaient gardé portes closes, de même que la quasi totalité des écoles publiques, dont les élèves étaient restés chez eux.

Un cordonnier attend des clients au marché
Un cordonnier attend des clients au marché "Roberto Huembes" de Managua, le 14 juin 2018 ( INTI OCON / AFP )

Ce débrayage national de 24 heures a été lancé par l'Alliance citoyenne pour la justice et la démocratie - un regroupement d'étudiants, de chefs d'entreprise et de représentants de la société civile -, alors que les manifestations ne cessent de prendre de l'ampleur.

- "Ca suffit!" -

Tout en soutenant la grève, "expression de protestation pacifique", l'influente Eglise catholique, qui s'est posée en médiatrice du conflit, a pressé le gouvernement et l'opposition de renouer le dialogue.

Les évêques ont convoqué les deux camps à une réunion de concertation vendredi, où ils présenteront la réponse de l'ancien guérillero de 72 ans à leur proposition de réformes de la vie politique.

Après un premier passage de 1979 à 1990, Daniel Ortega est à la tête du pays depuis 2007 et son troisième mandat lui permet de se maintenir au pouvoir encore trois ans.

Un homme remplit un formulaire pour obtenir un passeport au bureau de l'immigration à Managua, le 13 juin 2018 au Nicaragua
Un homme remplit un formulaire pour obtenir un passeport au bureau de l'immigration à Managua, le 13 juin 2018 au Nicaragua ( MARVIN RECINOS / AFP )

Trop long, estiment les manifestants qui réclament son départ, l'organisation anticipée de l'élection présidentielle prévue fin 2021 et des réformes constitutionnelles.

"Ca suffit. Nous voulons tous la paix, nous voulons dépasser ces circonstances dures, douloureuses, tragiques. Nous voulons trouver les possibilités de tracer un chemin vers l'avant à la table de négociations", a répliqué mercredi soir sur les médias officiels l'épouse de Daniel Ortega, Rosario Murillo, vice-présidente du pays et autre bête noire des manifestants.

- "Guerre civile larvée" -

Traversé par une profonde crise économique et sociale, le pays a connu un regain de violences depuis lundi après que les forces de sécurité ont tenté de démanteler de force les barricades dressées sur les routes du pays.

Des manifestants anti-gouvernementaux armés de mortiers artisanaux, le 14 juin 2018 à Tipitapa, à 25 km de Managua
Des manifestants anti-gouvernementaux armés de mortiers artisanaux, le 14 juin 2018 à Tipitapa, à 25 km de Managua ( Inti OCON / AFP )

Armés de frondes et de mortiers artisanaux face aux fusils des policiers anti-émeutes, les manifestants ont bloqué en plusieurs points les axes routiers, paralysant des milliers de camions et désorganisant l'approvisionnement du pays.

Ces blocages ont miné la fragile économie nationale, avec un coût qui pourrait atteindre plus de 900 millions de dollars si le conflit se prolongeait, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (Funides).

Après l'avoir longtemps soutenu, les milieux d'affaires ont coupé les ponts avec le président Ortega, lui reprochant sa violente répression des manifestations.

Face à la force déployée par les policiers anti-émeute et des milices paramilitaires pro-Ortega, certains manifestants commencent à envisager de prendre les armes, alors que le mouvement se voulait jusqu'ici pacifique.

"Pour moi, ce qui se passe est une guerre civile larvée", a déclaré un responsable étudiant surnommé "El Gato" (Le Chat), retranché depuis plus d'un mois avec des centaines d'autres dans l'Université de Managua, transformée en bunker.

"La plupart d'entre nous ne veulent pas l'envisager, mais personnellement je pense que le moment va arriver où nous allons devoir nous armer pour être à égalité avec eux" (les forces de sécurité), ajoute-t-il. "Je crois que ce combat est juste".

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 15/08/2018

Intel perd 1,82% à Wall Street après avoir révélé que de nouvelles failles de sécurité ont été découvertes qui pourraient toucher ses processeurs. Sous le nom de code de L1 Terminal Fault…

Publié le 15/08/2018

WISeKey Cybersécurité enregistre une croissance de plus de 60 % par rapport à la même période l'année dernière en raison d'un nombre croissant d'entreprises…

Publié le 15/08/2018

En outre, le FCP renforce la position sur Econocom

Publié le 15/08/2018

Le net repli des métaux et autres matières provoque de lourds dégagements sur les valeurs liées de près ou de loin aux 'commodities'