5 542.55 PTS
-0.11 %
5 488.0
-0.16 %
SBF 120 PTS
4 430.65
-0.03 %
DAX PTS
12 938.01
+0.65 %
Dowjones PTS
24 753.09
-0.24 %
6 960.92
+0.16 %
Nikkei PTS
22 450.79
+0.06 %

La frontière Inde-Pakistan, balafre de l'Asie du Sud depuis 70 ans

| AFP | 309 | Aucun vote sur cette news
Un soldat indien et un soldat pakistanais lors d'une cérémonie à Wagah, sur la frontière indo-pakistanaise, le 2 août 2017
Un soldat indien et un soldat pakistanais lors d'une cérémonie à Wagah, sur la frontière indo-pakistanaise, le 2 août 2017 ( Sujit JAISWAL / AFP )

70 ans tout juste après la Partition de l'Inde et du Pakistan, la frontière entre les deux frères ennemis d'Asie du Sud reste malgré le passage du temps une ligne de fracture sous haute tension.

Chaque fin d'après-midi, des milliers de personnes assistent à la cérémonie militaire haute en couleurs de fermeture de la frontière entre les deux pays à Wagah (nord). Mais cette semaine, les parades millimétrées et les claquements de bottes auront un écho particulier alors que les deux nations marquent le 70e anniversaire de la Partition de 1947.

Cet événement, l'une des plus importantes migrations humaines de tous les temps, a laissé un traumatisme durable dans les esprits du sous-continent. Entre un et deux millions de personnes ont perdu dans la vie dans le démantèlement de l'empire colonial britannique des Indes en deux nations distinctes, l'une à majorité hindoue et l'autre à majorité musulmane.

À Wagah, à proximité de la ville d'Amritsar dans le Pendjab indien, la discorde entre New Delhi et Islamabad est illustrée chaque soir par la confrontation théâtrale entre soldats indiens et pakistanais.

Au coucher du soleil, sous les vivats d'un public surchauffé, les militaires des deux armées s'affrontent.

À tour de rôle, soldats indiens et pakistanais, parés de coiffes traditionnelles, démontrent leur agilité en termes de levers de jambes, gonflent les muscles et la poitrine, le tout les yeux dans les yeux.

Les drapeaux nationaux sont abaissés, deux soldats se serrent la main avec un sourire forcé. Les portes se referment.

Si cette cérémonie, malgré son côté martial, reste somme toute inoffensive, plus au nord, la mort poursuit en revanche son œuvre.

Au Cachemire, région himalayenne disputée dont les deux pays revendiquent l'intégralité et divisée de facto entre eux, la ligne de cessez-le-feu est en état d'alerte permanente. Bombardements et tirs transfrontaliers y font ces temps-ci des victimes presque quotidiennement.

Quelques jours à peine avant l'anniversaire de la Partition, côté pakistanais, une femme de la famille de Muhammad Haseeb a ainsi été abattue alors qu'elle travaillait dans un champ de le secteur de Nakyal.

"Nous ne savons pas quand nous tomberons sous une balle", raconte le jeune homme de 28 ans.

Des Indiennes brandissent le drapeau national le 2 août 2017 à Wagah
Des Indiennes brandissent le drapeau national le 2 août 2017 à Wagah ( - / AFP )

Côté indien, ce sont des dizaines de milliers de civils qui ont perdu la vie depuis trente ans dans la vallée du Cachemire, agitée par une insurrection séparatiste qui découle du conflit indo-pakistanais.

Rien que cette année, 40 insurgés ont été tués - selon les autorités indiennes - en tentant de s'introduire clandestinement dans la partie indienne du Cachemire. New Delhi accuse Islamabad de soutenir en sous-main la rébellion armée dans cette région poudrière, ce que dément le pouvoir pakistanais.

- Nouvelle génération -

Depuis un an et demi, les relations indo-pakistanaises sont particulièrement exécrables et aucune amélioration ne semble en vue.

Le mandat du Premier ministre indien Narendra Modi, élu en 2014, avait pourtant commencé par un réchauffement des liens avec Islamabad, culminant avec une visite surprise du leader nationaliste hindou au Pakistan à Noël 2015.

Mais une attaque contre une base militaire par un groupe jihadiste basé au Pakistan puis une série de crises ont fait s'effondrer les fragiles avancées entre les deux pays.

Des forces de sécurité pakistanaises et indiennes lors d'une cérémonie à Wagah, à la frontière indo-pakistanaise le 2 décembre 2008
Des forces de sécurité pakistanaises et indiennes lors d'une cérémonie à Wagah, à la frontière indo-pakistanaise le 2 décembre 2008 ( NARINDER NANU / AFP/Archives )

Symbole de ces tensions: les équipes indienne et pakistanaise de cricket, sport roi dans cette partie du monde, ne se sont pas affrontées en test-match de cinq jours depuis 2007.

"Tant qu'il y aura une Inde hindoue qui se pose miroir d'un Pakistan musulman, je ne vois aucune chance de réconciliation", estime Mani Shankar Aiyar, un ex-diplomate indien qui a été en poste au Pakistan.

Pour l'analyste politique pakistanais Hasan Askari, les relations indo-pakistanaises ont atteint un plus bas.

"La crispation actuelle entre l'Inde et le Pakistan est contre nature. Donc je ne pense pas qu'elle se maintiendra ainsi dans le futur", dit-il à l'AFP.

D'après lui, le blocage actuel vient de la fixation de l'Inde sur le dossier des mouvements jihadistes basés au Pakistan, qui empêche le règlement de tous les autres points de contention.

"Cela signifie qu'il n'y a presque aucune possibilité de dialogue dans un futur proche car le gouvernement pakistanais est incapable d'assurer à ses propres citoyens qu'il n'y aura pas d'activité terroriste (sur son sol), donc impossible de parler d'engagement envers l'Inde", juge-t-il.

Loin de la politique et des postures diplomatiques, Guneeta Singh Ballah, fondateur de l'ONG 1947 Partition Archive, place elle son espoir dans les jeunes générations des deux côtés de la frontière.

"La génération qui n'a pas connu la mort et la destruction (de 1947) nourrissait plus de haine envers l'autre camp que leurs parents", explique cette femme qui a recueilli le témoignage de milliers de survivants de la Partition.

Mais, "je pense que la nouvelle génération est plus résolue à tourner la page du passé", pondère-t-elle.

sq-ds-bb-tw/cc/amd/at

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

ÉVÈNEMENT

IMMERSION EXCLUSIVE AU COEUR DE LA BOURSE
DU 28 MAI AU 1erJUIN 2018

EN PARTENARIAT AVEC

INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT ! Cliquez ici

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 25/05/2018

BLEECKER         COMMUNIQUE DE PRESSE         RESULTATS SEMESTRIELS AU 28.02.2018       Paris, le 25 mai 2018       Le Groupe BLEECKER publie aujourd'hui ses…

Publié le 25/05/2018

A la suite de l'accord du conseil d'administration de Beni Stabili, le 24 mai, le conseil d'administration de Foncière des Régions a approuvé à l'unanimité le projet de fusion entre les deux…

Publié le 25/05/2018

Safran annonce que son Assemblée générale des actionnaires 2018 a décidé le versement d’un dividende de 1,60 euro par action et approuvé l’ensemble des résolutions proposées. La mise en…

Publié le 25/05/2018

HF COMPANY Société anonyme au capital de 1 670 631.50 EUROS Siège social : Node Park Touraine 37310 Tauxigny 405 250 119 R.C.S. TOURS       Tauxigny, le 25 mai…

Publié le 25/05/2018

Faible croissance...