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La fac, dernier salon où l'on cause

| AFP | 172 | Aucun vote sur cette news
Une des entrées de l'université de la Sorbonne à Paris, le 10 octobre 2006
Une des entrées de l'université de la Sorbonne à Paris, le 10 octobre 2006 ( JOEL SAGET / AFP/Archives )

"Qui a appris à respirer parmi vous ?" Dans une salle de classe de la Sorbonne, des étudiants assistent à un cours d'éloquence. Longtemps délaissé au profit de l'écrit, l'art oratoire est désormais en vogue dans l'enseignement supérieur.

Le succès l'an dernier du documentaire "A voix haute", puis récemment du film "Le brio", n'y sont pas pour rien. Le premier, qui suit une poignée d'étudiants de Saint-Denis se préparant au concours "Eloquentia", a d'abord été diffusé à la télévision avant d'être projeté sur grand écran, à la suite de critiques dithyrambiques.

Le second, une fiction avec Daniel Auteuil et Camélia Jordana qui met en scène la préparation d'une étudiante au concours d'éloquence de la fac de droit Assas, a attiré plus d'un million de spectateurs au cinéma.

Longtemps réservés aux universités de droit ou aux Instituts d'études politiques (IEP), les concours d'éloquence sont désormais organisés dans de nombreux établissements d'enseignement supérieur, bien souvent sous l'impulsion de leurs étudiants.

Le concours de l'association Eloquentia a ainsi essaimé dans plusieurs universités de France. Depuis "A voix haute", "on ne cesse d'avoir de la demande", souligne Stéphane de Freitas, qui est à l'origine du projet et a réalisé le documentaire. Selon lui, "la jeunesse actuelle, un peu fatiguée de dialoguer à travers les écrans, a de nouveau soif de parole".

A la Sorbonne, la formation "Fleurs d'éloquence", qui prépare 150 étudiants à s'exprimer en public, défendre une position et convaincre un auditoire, est prise d'assaut. "Cette année, on a ouvert les inscriptions le 15 janvier; le lendemain, il n'y avait plus de place et on comptait une centaine d'étudiants en liste d'attente", souligne Juliette Dross, responsable du concours, qui enseigne les lettres classiques et la rhétorique.

"L'art oratoire bénéficie en ce moment d'un courant ascendant", observe-t-elle, rappelant qu'en France, "on a jusqu'ici mis l'accent sur l'écrit, beaucoup moins sur l'oral".

Signe que les temps changent, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a récemment annoncé une réforme du bac, pour 2021, dont l'une des nouveautés sera la création d'un grand oral.

- 'Dépasser sa timidité' -

A la Sorbonne, les étudiants qui viennent suivre ces cours d'éloquence (une vingtaine d'heures au total) et qui pourront, s'ils le souhaitent, participer à un concours final, ont des motivations diverses.

Loïc, 21 ans, qui fait des études d'informatique, espère améliorer "son élocution, pas toujours très bonne". Pour lui, le concours sera "un défi". Aurore, 20 ans, en histoire de l'art, s'est inscrite "par curiosité". "Je suis venue apprendre des techniques pour m'exprimer à l'oral".

Quant à Ilona, 21 ans, inscrite en lettres classiques, elle voudrait "dépasser sa timidité". "Si un jour je veux devenir prof, il faut que je sache si j'arrive à m'exprimer en public".

Ce soir-là, Emmanuel Ostrovski, comédien, entame le cours en leur enseignant des techniques respiratoires. Puis il les fait travailler la lecture de différents textes : "Essayez de bien articuler. S'il n'y a pas de son, il n'y a pas de sens".

Au concours, dont le premier tour aura lieu le 24 mars, le jury évaluera "à la fois le fond et la forme". "On regardera comment ils argumentent leur sujet et organisent leur discours, mais on sera aussi attentif à leur posture, leur gestuelle, leur diction, la manière dont ils gèrent leurs notes", explique Juliette Dross.

La bonne maîtrise de l'oral est "une des compétences les plus recherchées par des entreprises pour des postes de cadres ou de direction", souligne Guillaume de Saint Louvent, professeur de communication orale et de prise de parole en public à l'école de commerce de La Rochelle.

Mais l'engouement actuel est, selon lui, un "phénomène de mode". "C'est la course à l'innovation dans pas mal d'écoles et certaines vont ensuite passer à autre chose", pense-il. Tout en précisant qu'il "espère se tromper".

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