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Premier dialogue "constructif" entre les nationalistes corses et la ministre Gourault

| AFP | 362 | Aucun vote sur cette news
Jacqueline Gourault et le président de l'Assemblée corse Jean Guy Talamoni et le président du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni, Ajaccio, le 5 janvier 2018
Jacqueline Gourault et le président de l'Assemblée corse Jean Guy Talamoni et le président du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni, Ajaccio, le 5 janvier 2018 ( PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP )

Les élus nationalistes corses et la ministre Jacqueline Gourault ont engagé vendredi à Ajaccio une dialogue qualifié de part et d'autre de "constructif" mais la question de la co-officialité du français et du corse reste un point d'achoppement.

Après avoir rencontré la ministre dans la matinée, l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, a évoqué, sans plus de précision, un "déblocage de la question constitutionnelle, lequel demeurait un abcès de fixation depuis une quarantaine d’années". L'élu autonomiste Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la nouvelle collectivité territoriale unique, a parlé de la levée d'"un point de blocage juridique".

Mais en fin de journée, la ministre a clairement précisé à la presse que la co-officialité du corse et du français, une revendication majeure des nationalistes et qui nécessite une réforme de la Constitution, n'était "pas envisageable". "La langue de la République française est le français", a-t-elle insisté.

"Elle n'est sûrement pas envisageable pour Mme Gourault, mais pour nous, elle est plus qu'envisageable, elle est nécessaire et indispensable", a aussitôt réagi Gilles Simeoni sur Europe 1.

"Notre volonté c'est de sortir de la logique de crise et d'aller vers une logique de construction partagée", a-t-il tempéré.

"On a acté le principe de l'insertion de la Corse dans la révision constitutionnelle, on n'a pas vu en détail les points à modifier, mais ça c'est déjà une avancée considérable", a déclaré M. Talamoni à l'AFP.

-"on ouvre un dialogue"-

Jacqueline Gourault a souligné devant la presse que "le président de la République a décidé depuis longtemps de faire une réforme de la Constitution sur plusieurs sujets", réforme qui pourrait "débloquer un certain nombre de sujets concernant la Corse". Elle a cité notamment la question foncière, la loi littoral, la gestion des déchets.

"Dans le cadre de la réforme constitutionnelle, on ouvre un dialogue et les Corses pourront exprimer ce qu'ils souhaitent", a-t-elle ajouté dans une interview à France 3 Viastella vendredi soir. "Il faut être capable d'adapter les lois à la réalité des territoires".

La ministre a proposé aux élus corses "l'aide du gouvernement pour mettre en place" la nouvelle Collectivité territoriale unique corse qui fusionne l'ancienne région et des deux départements, et majoritairement composée d'élus nationalistes après leur victoire (56,5%) aux élections territoriales de décembre.

Cette première prise de contact avec Mme Gourault a permis de briser la glace.

La ministre a salué des "discussions très intéressantes". MM. Talamoni et Simeoni ont respectivement parlé d'une "ambiance positive" et d'un "état d'esprit extrêmement constructif".

"Les points de blocage sont connus", a concédé M. Simeoni, avec la question de la co-officialité du corse et du français, le statut de résident corse pour protéger les insulaires de la spéculation immobilière et l'amnistie des prisonniers dits "politiques". "Mais on ne commence pas une discussion en restant bloqué sur ce qui fait difficulté", a-t-il aussitôt ajouté.

Mme Gourault a assuré ne pas avoir de "lignes rouges" ni d'"interdits" en tête.

Les deux dirigeants nationalistes seront reçus par le Premier ministre Edouard Philippe, le 22 janvier, à Matignon, avant une première visite en Corse du président Emmanuel Macron le 6 février sur l'île de Beauté.

"A la fin de ce premier cycle de discussions, le président de la République aura l'occasion de s'exprimer pour donner sa vision de ce que doivent être les relations nouvelles entre la Corse et la République", a observé Gilles Simeoni.

"En France, c'est le président de la République qui fixe le cap et qui, aujourd'hui, connaît le mieux le dossier corse", avait-il insisté mardi, lors de son élection à la présidence du Conseil exécutif et de la séance d'installation de la nouvelle Assemblée.

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