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L'Iran critique Paris, dit que son programme balistique est non négociable

| AFP | 386 | Aucun vote sur cette news
Photo fournie par les autorités iraniennes du guide suprême Ali Khamenei lors d'un prêche à la grande mosquée de Téhéran, le 26 juin 2017
Photo fournie par les autorités iraniennes du guide suprême Ali Khamenei lors d'un prêche à la grande mosquée de Téhéran, le 26 juin 2017 ( HO / Iranian Supreme Leader's Website/AFP/Archives )

Pour la seconde fois en 24 heures, l'Iran a dénoncé la position de la France qui demande une révision de la politique régionale et du programme balistique de l'Iran, malgré le rapprochement entre les deux pays depuis l'accord nucléaire en 2015.

Tout en réaffirmant sa volonté de "dialoguer" avec l'Iran, le président français Emmanuel Macron avait exprimé vendredi le "souhait que l'Iran ait une stratégie régionale moins agressive" et s'était inquiété de "sa politique balistique qui apparaît non maîtrisée".

"Sur les questions de défense et du programme balistique, nous ne demandons la permission à personne (...) En quoi cela regarde (le président français Emmanuel) Macron? Qui est-il pour s'ingérer dans ces affaires?" a déclaré samedi Ali Akbar Velayati, le conseiller du guide suprême Ali Khamenei pour les affaires internationales à la télévision d'Etat.

"S'il veut que les relations entre l'Iran et la France se développent, il doit essayer de ne pas s'ingérer dans de telles affaires, car c'est contraire aux intérêts nationaux de la France" a-t-il ajouté.

"C'est évident que notre réponse est négative" aux demandes de la France de négocier sur la question balistique et la politique régionale de l'Iran.

- 'Tentation hégémonique' -

Le responsable iranien a encore affirmé que son pays ne demanderait "pas la permission aux autres" pour savoir s'il peut avoir des missiles ou pas, "quelle doit être leur portée".

Déjà vendredi, l'Iran avait critiqué une première fois la France après des déclarations du chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian accusant Téhéran de "tentations hégémoniques" au Moyen-Orient.

M. Le Drian avait fait sa déclaration depuis Ryad, peu après une visite de M. Macron en Arabie saoudite, grand rival de l'Iran dans la région.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne avait alors affirmé que la "partialité" de la France aggravait les crises régionales.

"Je conseille au président français d'essayer de suivre l'approche du général De Gaulle et d'avoir une politique semi-indépendante" par rapport aux Etats-Unis, allié de Ryad, a déclaré encore M. Velayati, qui a été ministre des Affaires étrangères pendant 16 ans, entre 1981 et 1997.

Un accord historique a été conclu en 2015 entre six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume Uni, France et Allemagne) et l'Iran pour garantir le caractère pacifique de son programme nucléaire, mais le président américain Donald Trump menace d'en retirer son pays.

S'appuyant sur la position dure des Etats-Unis, l'Arabie saoudite et Israël demandent aussi une révision de l'accord pour limiter encore davantage le programme nucléaire iranien.

Ils exigent aussi plus de pressions pour obtenir une restriction du programme balistique de l'Iran et une limitation de son influence grandissante dans la région, notamment en Irak, en Syrie --où Téhéran est allié du régime de Bachar al-Assad--, au Liban mais aussi au Yémen et à Bahreïn.

Face à ces menaces, M. Macron a proposé à plusieurs reprises d'engager un dialogue avec l'Iran sur son programme de missiles et son influence régionale.

- Déception -

Au cours des derniers mois, l'Iran a salué la position des pays européens et celle de la France qui veulent maintenir l'accord nucléaire, et la récente annonce de la visite du président Macron en 2018 en Iran - une première depuis plus de 40 ans - semblait présager un rapprochement entre les deux pays.

Mais la position de la France qui veut, parallèlement au maintien de l'accord nucléaire, ouvrir des négociations sur la politique régionale de l'Iran et son programme balistique n'est guère appréciée à Téhéran.

D'autant plus que Paris a été le principal bénéficiaire de l'accord nucléaire avec plusieurs contrats importants conclus entre l'Iran et des sociétés françaises.

Ainsi, les compagnies automobiles Peugeot et Renault ont signé de nouveaux contrats avec l'Iran, Téhéran a conclu un important contrat pour acheter une centaine d'Airbus et la société pétrolière française Total a signé en juin un accord de 5 milliards de dollars pour l'exploitation d'un gisement de gaz, en association avec le groupe chinois CNPC.

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