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L'atypique Première dame du Japon dans la tourmente d'un scandale politique

| AFP | 318 | 3 par 1 internautes
Akie Abe, la femme du Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 28 février 2017 à Tokyo
Akie Abe, la femme du Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 28 février 2017 à Tokyo ( KAZUHIRO NOGI / AFP )

Akie Abe, la Première dame du Japon connue pour son indépendance d'esprit et son assiduité sur les réseaux sociaux, se retrouve mêlée à un scandale qui pourrait menacer l'avenir politique de son époux, le Premier ministre Shinzo Abe.

Fille d'un magnat de la confiserie, Mme Abe, 55 ans, est sous les projecteurs depuis qu'a éclaté l'an dernier une affaire de favoritisme pour la vente d'un terrain, qui a rebondi ces derniers jours et fait chuter la popularité du gouvernement.

Les partis d'opposition ont même demandé qu'elle soit auditionnée au Parlement afin qu'elle s'explique sur ses liens avec le responsable d'un jardin d'enfants nationaliste, à qui a été cédé le lot en question à un prix bien inférieur à sa valeur.

Une école primaire devait y être construite, dont Akie Abe devait devenir la directrice honoraire. Le Premier ministre a ultérieurement déclaré que sa femme avait accepté le poste "à contrecoeur" et avait depuis "démissionné".

Le scandale a pris de l'ampleur début mars quand des médias ont révélé que les documents officiels relatifs à cette transaction avaient été modifiés, notamment pour faire disparaître le nom de la Première dame et de son époux.

Ce n'est pas la première fois que Mme Abe occupe le devant de la scène, détonnant par rapport à ses prédécesseures qui évitaient soigneusement la lumière.

Ancienne élève d'une école catholique, elle a travaillé au sein du géant japonais de la publicité Dentsu avant de devenir femme au foyer en épousant en 1987 Shinzo Abe, de huit ans son aîné.

- Du Yasukuni à Pearl Harbor -

Multipliant les prises de parole et apparitions publiques, elle est aussi très présente sur les réseaux sociaux où elle n'a pas ralenti le rythme de ses publications malgré le scandale, sur lequel elle ne s'est jamais exprimée.

Par le passé, elle s'est volontiers affichée avec l'ancienne Première dame américaine Michelle Obama, avec qui elle défend des causes communes, pour l'enseignement des filles ou une meilleure alimentation.

Mme Abe a également participé en 2014 à la Gay pride de Tokyo, plaidant pour une société "sans discrimination".

Mais plusieurs de ses apparitions officielles à la portée plus politique ont été controversées, par exemple lorsqu'elle s'est rendue au sanctuaire patriotique Yasukuni, perçu par Pékin et Séoul comme le symbole du passé militariste du Japon.

Son mari, lui, s'est abstenu d'y retourner depuis sa visite de fin décembre 2013, à l'occasion du premier anniversaire de son retour au pouvoir.

Autre geste notable, Akie Abe a visité en 2016 Pearl Harbor, base américaine bombardée par l'aviation japonaise durant la Seconde guerre mondiale, plusieurs mois avant que son époux ne s'y rende avec le président Barack Obama.

Elle s'est également fait remarquer la même année en rencontrant des opposants à la présence militaire américaine sur l'archipel d'Okinawa.

- 'Abenorisk' -

Alors que Shinzo Abe fait face à une opposition politique relativement faible, sa femme, qui a ouvert en 2012 un bar traditionnel japonais (izakaya), s'est décrite comme "le camp de l'opposition dans la famille".

Elle s'est ainsi publiquement déclarée contre la volonté du gouvernement de redémarrer des réacteurs nucléaires du pays après la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe et sa femme Akie Abe à Tokyo, le 28 février 2017
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe et sa femme Akie Abe à Tokyo, le 28 février 2017 ( KAZUHIRO NOGI / AFP )

Cette passionnée de culture sud-coréenne et danseuse de flamenco, qui avait avoué en 2006 que son couple ne pouvait pas avoir d'enfants, confession extrêmement rare au Japon, a longtemps été perçue comme un atout, adoucissant l'image de "faucon" nationaliste du Premier ministre, descendant d'une longue dynastie conservatrice.

Mais certains commentateurs estiment qu'elle pourrait désormais causer du tort au Premier ministre et la surnomment "Abenorisk", reprenant le terme +abenomics+ qui désigne la politique économique de Shinzo Abe, dont la réélection à la tête du Parti Libéral Démocrate (PLD) en septembre est mise en danger par le scandale.

"Au début, on estimait que son image plus ouverte pouvait rééquilibrer le conservatisme de Shinzo Abe, mais elle a pris trop de liberté", juge Tomoaki Iwai, professeur de sciences politiques à l'université Nihon à Tokyo.

"Elle a peu conscience de la portée politique de sa position", dit-il à l'AFP.

"Parfois je regrette mon passé, mais je veux me concentrer sur le temps présent sans m'inquiéter ou craindre ce qui pourrait advenir", confiait la semaine dernière Akie Abe, selon des propos rapportés par des médias.

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