En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 853.95 PTS
-1.53 %
4 853.00
-1.46 %
SBF 120 PTS
3 852.26
-1.55 %
DAX PTS
12 557.64
-1.41 %
Dow Jones PTS
28 330.11
+0.08 %
11 738.47
+0.52 %
1.186
+0.37 %

L'attente insoutenable de la famille du prisonnier "pour toujours" de Guantanamo

| AFP | 296 | 1 par 1 internautes
Sehar Bibi, qui attend depuis 13 ans la libération de son fils, l'un des deux seuls afghans encore détenus à Guantanamo, le 25 septembre 2020 dans un camp de réfugiés à Shamshatu, près de Peshawar, au Pakistan
Sehar Bibi, qui attend depuis 13 ans la libération de son fils, l'un des deux seuls afghans encore détenus à Guantanamo, le 25 septembre 2020 dans un camp de réfugiés à Shamshatu, près de Peshawar, au Pakistan ( Abdul MAJEED / AFP )

Depuis 13 ans, Sehar Bibi attend la libération de son fils de Guantanamo, où la vie pour ce captif, l'un des deux seuls Afghans encore dans la prison, n'est qu'isolation, grèves de la faim et alimentation forcée.

Alors que des centaines de prisonniers, dont des chefs talibans haut placés, ont été relâchés du célèbre centre de détention de l'armée américaine, Asadullah Haroon, qui n'a été reconnu coupable d'aucun crime, est toujours là.

"Personne n'est dérangé par le fait que mon fils soit toujours à la base de Guantanamo. Tous les autres prisonniers ont été libérés, mais il est toujours en train de dépérir là-bas", a expliqué Mme Bibi à l'AFP dans la ville de Peshawar au Pakistan, où la famille est réfugiée.

La mère et le frère d'Asadullah Haroon, un des deux seuls afghans encore détenu dans la prison américaine de Guantanamo, avec des photos de celui-ci, le 25 septembre 2020, dans un camp de réfugiés proche de Peshawar, au Pakistan
La mère et le frère d'Asadullah Haroon, un des deux seuls afghans encore détenu dans la prison américaine de Guantanamo, avec des photos de celui-ci, le 25 septembre 2020, dans un camp de réfugiés proche de Peshawar, au Pakistan ( Abdul MAJEED / AFP )

"J'ai perdu patience. J'en ai perdu la tête".

Récemment diplômé universitaire, M. Haroon travaillait dans la vente de miel, voyageant de Peshawar à Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, quand il a été arrêté en 2006.

Selon sa famille il s'agissait cependant probablement d'un piège pour récupérer une prime promise en échange d'insurgés.

La femme de M. Haroon venait juste d'accoucher de leur premier enfant, aujourd'hui une adolescente qui a grandi sans lui.

Son emprisonnement est devenu encore plus difficile à tolérer pour ses proches et soutiens alors que les Etats-Unis tentent de se désengager du conflit afghan.

C'est dans ce but que Washington a poussé les autorités afghanes à libérer des milliers de prisonniers talibans, dont certains coupables d'attaques ayant tué des étrangers

Le gouvernement américain "a insisté pour que les Afghans relâchent 5.000 talibans ... et n'a pourtant toujours pas libéré l'Afghan sans valeur de Guantanamo", a déclaré Clive Stafford Smith, l'avocat de M. Haroon et fondateur de Reprieve, une ONG d'aide juridique.

"La chose la plus mentalement difficile pour lui est qu'il n'est personne et est toujours là par hasard."

'Pas assez important' -

L'Afghan Roman Khan montre une photo de son frère, Asadullah Haroon, l'un des deux derniers détenus afghans dans la prison américaine de Guantanamo, le 25 septembre 2020 dans un camp de réfugiés près de Peshawar, au Pakistan
L'Afghan Roman Khan montre une photo de son frère, Asadullah Haroon, l'un des deux derniers détenus afghans dans la prison américaine de Guantanamo, le 25 septembre 2020 dans un camp de réfugiés près de Peshawar, au Pakistan ( Abdul MAJEED / AFP )

La prison est devenu tristement célèbre pour ses détenus les plus importants gardés dans des cages et ses méthodes d'interrogation brutales, qualifiées par beaucoup de torture.

Le président américain Donald Trump a promis de garder la prison -située sur l'île de Cuba mais sous juridiction américaine- remplie de "méchants".

M. Haroon, un des derniers à y entrer en 2007, est un des "prisonniers pour toujours", comme environ la moitié des 40 captifs encore à Guantanamo, coincé dans un flou juridique.

Un casier judiciaire publié par WikiLeaks liste plusieurs allégations contre M. Haroon : il aurait eu des liens avec Al-Qaïda, et servi de commandant pour le groupe militant Hezb-i-Islami.

Mais, selon Kate Clark, co-directrice de l'Afghan Analysts Network, ces accusations sont "criblées de ouï-dire".

"Qu'importe ce que l'on pense de Guantanamo, il n'était pas assez important pour y être... s'il était vraiment quelque chose, ce n'était qu'un pion", a-t-elle ajouté.

Le département de la Défense a quant à lui déclaré qu'il gardait les militants présumés loin du champ de bataille "jusqu'à la fin des hostilités", pas pour qu'ils puissent être jugés devant un tribunal.

Il n'a pas souhaité se prononcer sur la possibilité d'un changement de politique avec le retrait des troupes américaines d'Afghanistan, qui doit être achevé d'ici mi-2021, mais pourrait être terminé d'ici Noël.

"Je fais beaucoup de choses pour coopérer avec les Américains, mais ils ne sont quand même pas contents", a déploré M. Haroon, qui aurait entre 35 et 40 ans, dans un communiqué transmis par son avocat.

"J'ai l'impression que je risque de mourir ici".

- Grève de la faim

La famille de M. Haroon admet qu'il était un membre d'Hezb-i-Islami, mais ne peut prendre au sérieux l'idée qu'il puisse avoir été lié à Al-Qaïda.

"Al-Qaïda est une étiquette utilisée quand quelqu'un veut son ennemi en prison", a déclaré Roman Khan, le frère de Haroon.

Muhammed Rahim, le seul autre afghan encore dans la prison, est arrivé plusieurs mois après M. Haroon, accusé par la CIA d'être un associé proche du chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden.

Lors de conversations vidéo facilitées par la Croix Rouge, la famille de Haroon a remarqué des changements dans son apparence et sa manière de parler, et il a récemment entamé une grève de la faim, la dernière d'une longue série.

"Je pesais 175 livres (80 kilos) et maintenant je suis descendu à 110 livres (50 kilos)", a-t-il expliqué à son avocat.

"Au moins, 65 livres de moi-même se seront échappées de Guantanamo".

 ■

Copyright © 2020 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

Suivez la tendance avec
Nicolas PAGNIEZ,

du lundi au vendredi à 9h55, 12h30, 14h55 et 18h30 sur

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 21/10/2020

Grâce à sa solidité financière, Lisi maintient également intactes ses ambitions stratégiques de croissance à moyen et long terme...

Publié le 21/10/2020

La croissance organique n'apparaissant plus comme un indicateur pertinent pour l'exercice 2020, aucun nouvel objectif n'a été fixé par Mercialys...

Publié le 21/10/2020

Ce franchissement de seuil résulte d'une diminution du nombre d'actions Safran détenues à titre de collatéral...

Publié le 21/10/2020

Le groupe Actiplay communiquera très prochainement sur les prochaines étapes de la procédure et ses projets opérationnels.

Publié le 21/10/2020

Meilleure visibilité... Gecina anticipe maintenant que son RRN par action en 2020 devrait se situer à 5,70 euros;

Votre compte bourse direct

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes. Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

  • Pas de dépôt minimum
  • 0€ de droits de garde
  • 0€ d'abonnement
  • 0€ de frais de tenue de compte,

Demande de documentation

Ouvrir mon compte Bourse Direct en ligne