En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 810.74 PTS
+0.51 %
4 806.00
+0.42 %
SBF 120 PTS
3 832.83
+0.61 %
DAX PTS
10 931.24
+0.36 %
Dowjones PTS
24 226.15
+0.67 %
6 678.56
+0.13 %
1.141
+0.03 %

L'Albanie perd son aigle

| AFP | 819 | Aucun vote sur cette news
Un Albanais vend une buse variable blessée aigle blessé au bord de la route nationale près de Tirana, en Albanie, le 8 novembre 2017
Un Albanais vend une buse variable blessée aigle blessé au bord de la route nationale près de Tirana, en Albanie, le 8 novembre 2017 ( Gent SHKULLAKU / AFP )

Symbole de l'Albanie, l'aigle pourrait bientôt n'y être aperçu que sur le drapeau national, menacé d'extinction par un braconnage des rapaces illégal mais répandu.

En bord de route nationale, à 30 kilomètres au nord de Tirana, Asllan propose aux automobilistes une buse variable, moyennant 7 à 10.000 leks (55 à 85 euros). L'espèce est protégée au même titre que l'aigle royal ou les vautours.

Asllan ne s'en préoccupe guère, exhibant l'animal, blessé par balle à une aile et les serres entravées: "Ce n'est pas moi qui l'ai blessé. On me l'a donné à vendre. Des acheteurs voudront le garder dans une cage, dans un bar ou un restaurant". Que ce soit pour les empailler ou les garder captifs, la vente de rapaces a pignon sur rue.

Des quatre espèces de vautours autrefois présentes en Albanie, "il n'en reste qu'une, le vautour percnoptère, avec une population aujourd'hui extrêmement réduite", dit Mirjan Topi, auteur du premier guide des oiseaux d'Albanie.

La menace pèse aussi sur l'aigle royal, dont un spécimen bicéphale frappe le drapeau de ce pays montagneux. Selon les spécialistes, il y en avait entre 100 et 200 couples il y a un quart de siècle dans le pays. Ce chiffre a depuis été divisé par deux, "un déclin dramatique", estime Mirjan Topi.

- Empaillés dans les bars -

"Il y a 50 ans ou même au début des années 1990, on pouvait le voir à chaque sommet", mais aujourd'hui, "il est en voie d'extinction" en Albanie, renchérit le biologiste Taulant Bino, président de la société albanaise d'ornithologie.

Mirjan Topi, auteur du premier guide des oiseaux d'Albanie, montre la tête d'une buse variable tuée près de Pogradec, en Albanie, le 11 octobre 2017
Mirjan Topi, auteur du premier guide des oiseaux d'Albanie, montre la tête d'une buse variable tuée près de Pogradec, en Albanie, le 11 octobre 2017 ( Gent SHKULLAKU / AFP )

A l'échelle du monde toutefois, l'aigle royal n'est pas considéré comme une espèce menacée de disparition, selon la classification de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Mais en Albanie, l'endroit le plus sûr pour trouver désormais des aigles royaux, ce sont... "les bars, les restaurants ou les hôtels, empaillés", résume Mirjan Topi. Le but est "de décorer les intérieurs pour attirer les clients, au prix d'un spectacle écœurant, offert en violation de la loi, en défi à l'État et aux institutions", s'indigne le spécialiste.

A Orikum (sud), Petrit, la cinquantaine, qui ne veut pas donner son nom, est fier de son aigle acheté 400 euros pour l'exposer dans son bar à côté du drapeau national et d'autres oiseaux empaillés: "C'est de plus en plus rare de trouver un aigle". Les services de l'État ont menacé de fermer son établissement s'il continuait d'exposer son trophée, mais il n'en a cure: "Je suis prêt à payer une amende mais je veux le garder".

Une buse variable vendue dans une cage au bord de route nationale à Thumanë, en Albanie, le 8 novembre 2017
Une buse variable vendue dans une cage au bord de route nationale à Thumanë, en Albanie, le 8 novembre 2017 ( Gent SHKULLAKU / AFP )

Quant à Edmond, 35 ans, il n'est guère gêné d'être surpris dans les montagnes de Prenisht, à la frontière avec la Macédoine, avec deux cadavres de buses qu'il vient d'abattre. Il refuse de donner son nom et demande à ne pas être dénoncé. Les oiseaux étaient destinées à "décorer (son) bar pour avoir plus de clients", explique-t-il.

- Vers une loi plus dure ? -

L'interdiction de la chasse depuis 2014 a dissuadé une grande partie des quelque 2 à 3.000 chasseurs italiens qui, selon les estimations, auraient tué plus de 150.000 oiseaux dont des centaines de prédateurs au cours de la dernière décennie.

Un homme porte deux buses variables tuées à Pogradec, en Albanie, le 11 octobre 2017
Un homme porte deux buses variables tuées à Pogradec, en Albanie, le 11 octobre 2017 ( Gent SHKULLAKU / AFP )

Mais les autorités, sollicitées par l'AFP, reconnaissent l'insuffisance de la répression, la législation ne prévoyant que des sanctions administratives. Selon Ermal Halimi, spécialiste de la question au ministère du Tourisme et de l'Environnement, un durcissement est prévu avec des "peines de prison pour tout délit qui mène à la disparition d'animaux protégés".

Une autre menace, plus insidieuse, pèse sur les rapaces: les carcasses empoisonnées que les bergers déposent pour protéger leurs troupeaux des loups.

"Une seule carcasse suffit à tuer plusieurs rapaces prédateurs s'ils la trouvent avant le loup", explique Nexhip Hysolokaj, spécialiste de l'environnement dans la région d'Orikum. En mars, les cadavres de six aigles et vautours empoisonnés ont été retrouvés dans ce secteur.

Des amendes ne sont jamais délivrées pour cette technique à laquelle les bergers ne semblent pas prêts à renoncer. "Ce sont les brebis qui nous nourrissent, elles font notre fierté mais le loup les massacre! On n'a pas le choix", dit Sado Xhelili, 83 ans, en surveillant son troupeau.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Turbos Call, du levier à la hausse pour votre portefeuille
Lundi 28 janvier de 12h30 à 13h30

Les SCPI, un produit incontournable dans la conjoncture actuelle ?
Vendredi 1er février de 12h15 à 13h00

Protéger son portefeuille avec les Turbos Put
Lundi 11 février de 12h30 à 13h00

Tradez sur le CAC 40 avec du levier
Lundi 18 février de 12h15 à 13h00

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/01/2019

    Communiqué de Presse   Information relative au nombre total de droits de vote et d'actions composant le capital social      Dijon, le 16 janvier 2019…

Publié le 16/01/2019

    Communiqué de Presse     Bilan semestriel du contrat de liquidité de Crossject au 31/12/2018      Dijon, le 16 janvier 2019     CROSSJECT (ISIN : FR0011716265 ;…

Publié le 16/01/2019

Au titre de son premier trimestre 2018/2019, Manutan a affiché un chiffre d'affaires de 192,6 millions d'euros, une croissance de 2,9% par rapport au même trimestre de l'exercice précédent. "La…

Publié le 16/01/2019

Elis annonce avoir finalisé l’acquisition de 100 % de Metropolitana en Colombie. Le groupe, qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires d’environ 4 millions d’euros, dispose de deux usines…

Publié le 16/01/2019

Ramsay Générale de Santé annonce le versement d’une prime exceptionnelle, dite "prime Macron", à l’ensemble de ses salariés français dont la rémunération est inférieure à 40 000 euros…