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Kenya: réélection de Kenyatta validée, deux morts dans des manifestations

| AFP | 119 | Aucun vote sur cette news
Le président kenyan Uhuru Kenyatta lors d'une réuion publique à Nairobi le 30 octobre 2017
Le président kenyan Uhuru Kenyatta lors d'une réuion publique à Nairobi le 30 octobre 2017 ( TONY KARUMBA / AFP/Archives )

La Cour suprême du Kenya a validé lundi la réélection du président Uhuru Kenyatta lors de la présidentielle du 26 octobre, un jugement accueilli par de nouvelles manifestations de partisans de l'opposition dans lesquelles deux personnes ont été tuées par balles.

La plus haute juridiction kényane, qui avait pris la décision historique sur le continent d'invalider pour "irrégularités" l'élection du 8 août, déjà remportée par M. Kenyatta, a estimé "à l'unanimité" que les deux recours dont elle était saisie n'étaient "pas fondés".

"En conséquence, l'élection présidentielle du 26 octobre est validée" et "la réélection de M. Kenyatta est confirmée", a déclaré le président de la Cour suprême, David Maraga.

Cette décision, dont l'argumentaire détaillé sera publié ultérieurement, signifie que M. Kenyatta, 56 ans, au pouvoir depuis 2013, sera investi le 28 novembre pour un nouveau mandat de cinq ans.

Définitive au regard de la loi kényane, elle met également un terme à un processus électoral qui a profondément divisé le pays et durement affecté l'économie la plus dynamique de la région.

Uhuru Kenyatta
Uhuru Kenyatta ( Aude GENET / AFP )

Mais elle ne signifie pas pour autant que la crise est terminée comme en témoignent les manifestations, d'ampleur limitée, constatées lundi dans les bastions de l'opposition, dans la foulée du jugement.

A Kibera, bidonville de Nairobi, un jeune homme a été tué par balle lors de heurts entre jeunes manifestants lançant des pierres contre les forces de sécurité qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes et d'arme à feu.

A Migori, dans l'ouest du pays acquis à l'opposition, c'est un ambulancier venu prêter assistance à des blessés qui a été mortellement touché par balle.

La crise a été marquée par des violences qui ont fait au moins 54 morts depuis le 8 août selon un décompte de l'AFP, pour la plupart dans la répression brutale des manifestations de l'opposition par la police. Cette dernière est vivement critiquée par les organisations kényanes et internationales des droits de l'homme pour son usage excessif de la force.

Après deux semaines de calme, la tension était déjà remontée d'un cran vendredi, avec la mort de trois personnes tuées par balles lors d'une manifestation de l'opposition réprimée par la police à Nairobi.

Manifestation des opposants au président Uhuru Kenyatta, le 20 novembre 2017 à Kisumu, bastion de l'opposition dans l'est du Kenya
Manifestation des opposants au président Uhuru Kenyatta, le 20 novembre 2017 à Kisumu, bastion de l'opposition dans l'est du Kenya ( Brian Ongoro / AFP )

M. Kenyatta avait remporté l'élection d'octobre avec 98% des voix. Mais sa victoire a été ternie par une faible participation (39%), le scrutin ayant été boycotté par l'opposition qui estimait qu'il ne pouvait en aucun cas être libre et équitable.

Les partisans du chef de l'opposition Raila Odinga, 72 ans et trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), avaient même empêché la tenue du scrutin dans quatre comtés de l'ouest, sur les 47 que compte le pays.

- Gouvernement 'illégitime' -

Le jugement de la Cour suprême "n'est pas une surprise", a réagi M. Odinga dans un communiqué, jugeant une nouvelle fois "illégitime" le gouvernement en place.

"C'est une décision qui a été prise sous la contrainte. Nous ne condamnons pas la Cour, elle a notre sympathie", a-t-il ajouté.

Dès la proclamation de la victoire de M. Kenyatta, M. Odinga avait annoncé le lancement d'une "campagne de résistance nationale", faite "de boycottages économiques, de piquets de grève pacifiques et d'autres formes légitimes de protestation".

Vendredi, il a promis l'avènement prochain d'une "troisième République", en référence à l'indépendance acquise en 1963 et à la nouvelle Constitution adoptée en 2010.

La Cour suprême était saisie de deux recours arguant que la Commission électorale (IEBC) aurait dû procéder à une nouvelle sélection de candidats après l'annulation de la première élection, et mettant en cause le manque d'indépendance de cet organe, incapable à leurs yeux de garantir un scrutin libre et équitable.

Le leader de l'opposition Raila Odinga à un meeting de ses supporters à Nairobi le 17 novembre 2017
Le leader de l'opposition Raila Odinga à un meeting de ses supporters à Nairobi le 17 novembre 2017 ( SIMON MAINA / AFP )

Dans les fiefs de M. Kenyatta et de son vice-président William Ruto, à Nyeri, Nakuru ou encore Eldoret, des habitants en liesse sont descendus par milliers dans les rues pour fêter la victoire.

Une image contrastant avec les scènes de violences dans l'ouest et dans certains bidonvilles de Nairobi, saisissant résumé d'un pays profondément divisé que le président Kenyatta a désormais la lourde tâche de réconcilier.

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