En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 068.85 PTS
-0.65 %
5 043.50
-1.14 %
SBF 120 PTS
4 054.92
-0.59 %
DAX PTS
11 412.53
-0.52 %
Dowjones PTS
24 944.39
-1.35 %
6 738.82
-1.35 %
1.132
+0.22 %

Kamikaze à Tunis: pour ses parents, la jeune fille a été "manipulée"

| AFP | 181 | Aucun vote sur cette news
En état de choc, la mère d'une jeune Tunisienne qui s'est fait exploser lundi à Tunis, n'arrive pas à comprendre comment sa fille a pu commettre un tel geste. Photo prise lors d'un entretien avec l'AFP dans le village de Zorda, le 30 octobre 2018
En état de choc, la mère d'une jeune Tunisienne qui s'est fait exploser lundi à Tunis, n'arrive pas à comprendre comment sa fille a pu commettre un tel geste. Photo prise lors d'un entretien avec l'AFP dans le village de Zorda, le 30 octobre 2018 ( ANIS MILI / AFP )

"Ma fille a été une proie du terrorisme!": pour la mère de Mna Guebla qui a blessé 20 personnes en se faisant exploser lundi à Tunis, la jeune diplômée au chômage a été embrigadée pour devenir la première femme kamikaze dans son pays.

En état de choc et entourée par des voisines, Dhahbia, la mère de Mna Guebla, peine à réaliser la mort de sa fille, âgée de 30 ans et qui vivait jusque là avec ses parents dans le village de Zorda, au coeur d'une zone rurale marginalisée dans la région de Mahdia (est).

"Pourquoi tu nous as fait cela? Qu'est-ce que nous t'avons fait pour nous faire subir cette catastrophe?!", lance la mère assise sur un tapis en plastique tressé, frappant avec amertume ses jambes.

En déclenchant ses explosifs sur la principale avenue de Tunis, dans la première attaque à secouer la capitale depuis 2015, sa fille aînée "a détruit toute sa famille, surtout sa soeur et ses deux frères", se lamente Dhahbia.

Ses parents, analphabètes, peinent à comprendre comment cette jeune femme qui passait beaucoup de temps sur son ordinateur et quittait peu leur maison modeste composée de quelques pièces autour d'une cour, a pu être embrigadée jusqu'à commettre cet acte qui les désole.

"Ils (les terroristes, NDLR) l'ont piégée parce qu'elle était naïve et fragile, pourtant nous avons tout fait pour qu'elle termine ses études. Elle était bien gâtée", déplore la mère.

- Master mais chômage -

"J'ai même vendu des oliviers pour lui acheter, à sa demande, un ordinateur portable, il y a quatre ans", raconte-elle.

Selon la mère, elle se consacrait à "préparer son doctorat, c'est pour cela qu'elle s'isolait souvent dans sa chambre pour se concentrer sur ses études ou bien envoyer des demandes d'emploi".

La modeste maison où vivait avec ses parents Mna Guebla, jeune Tunisienne diplômée qui s'est fait exploser lundi à Tunis, devenant la première femme kamikaze en Tunisie. Photo prise à Zorda, le 30 octobre 2018
La modeste maison où vivait avec ses parents Mna Guebla, jeune Tunisienne diplômée qui s'est fait exploser lundi à Tunis, devenant la première femme kamikaze en Tunisie. Photo prise à Zorda, le 30 octobre 2018 ( ANIS MILI / AFP )

Rien ne leur a indiqué qu'elle était peut-être en train de se radicaliser.

"Il n'y a avait aucun changement dans son caractère", "rien ne montrait qu'elle avait des idées extrémistes", affirment à l'AFP ses parents. "Même son voile, elle le portait depuis son bac, et elle faisait la prière comme tout le monde, sans être particulièrement pieuse", précise la maman.

Mna, 30 ans, célibataire, était titulaire d'un master en anglais des affaires depuis trois ans, mais elle n'avait pas trouvé d'emploi. Elle vivait chez ses parents, s'occupant parfois du cheptel familial.

Vendredi, elle a averti sa mère et sa tante qui vit chez eux qu'elle comptait partir le lendemain passer quelques jours à Sousse (est) afin de chercher du travail.

Lorsqu'elle a quitté la maison tôt le samedi matin, vers 07H00 locales, un oncle lui a proposé de l'emmener jusqu'au bus mais elle a refusé, affirmant qu'elle se rendait chez le médecin à Sidi Alouane, à sept kilomètres de Zorda, a indiqué cet oncle, Hbib Saafi.

Des proches de Mna Guebla, jeune femme qui s'est fait exploser lundi à Tunis, en état de choc dans leur village de Zorda le 30 octobre 2018
Des proches de Mna Guebla, jeune femme qui s'est fait exploser lundi à Tunis, en état de choc dans leur village de Zorda le 30 octobre 2018 ( ANIS MILI / AFP )

Elle est morte sur le coup lundi en milieu de journée quand la charge qu'elle transportait a explosé. Vingt personnes, dont quinze policiers et deux adolescents, ont été blessées. Aucune n'a été touchée grièvement, selon les autorités.

Le ministère de l'Intérieur a évoqué un "acte isolé" et "artisanal". La jeune kamikaze n'était "pas fichée et n'était connue ni pour ses antécédents ou ses appartenances religieuses".

- "Népotisme" et "marginalisation" -

La famille a appris le décès par la police qui a interpellé ses deux frères pour les interroger.

Pour son père Mohamed, malade depuis l'été après un AVC et alité depuis deux mois après une fracture à la jambe, "jamais" sa fille "n'aurait fait de mal à personne, elle a sûrement été manipulée".

Le père de la jeune Tunisienne qui s'est fait exploser lundi à Tunis blessant 20 personnes, alité en raison d'une fracture, ne comprend aps comment sa fille a pu commettre un tel geste. Photo prise à Zorda, le 30 octobre 2018
Le père de la jeune Tunisienne qui s'est fait exploser lundi à Tunis blessant 20 personnes, alité en raison d'une fracture, ne comprend aps comment sa fille a pu commettre un tel geste. Photo prise à Zorda, le 30 octobre 2018 ( ANIS MILI / AFP )

Mohamed accuse aussi les dirigeants du pays d'être responsables par leur "népotisme et leur marginalisation des jeunes" du "triste sort" de Mna, "fille modèle, la fleur de la famille et la plus aimable".

Le chômage touche quasiment un tiers des jeunes diplômés en Tunisie et l'accès au premier emploi reste très difficile pour les jeunes des zones défavorisées, huit ans après la révolution ayant mis fin à la dictature.

Pour le politologue Selim Kharrat, la jeune femme "a le profil type des jeunes radicalisés, souvent originaires de zones défavorisées, notamment rurales, désabusés, sans horizon en dépit de leurs études".

"Si elle a vécu pour avoir cette fin, j'aurais préféré qu'elle ne soit jamais née! Elle est partie mais maintenant c'est nous et seulement nous qui paierons le prix, qui allons continuer à vivre dans la douleur!", murmure sa tante Saïda, la voix étranglée.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Différents Types d'Ordres de Bourse
Mardi 20 novembre de 12h30 à 13h30

Tradez les indices mondiaux au travers des CFD
Mercredi 7 décembre de 12h30 à 13h30

CONTENUS SPONSORISÉS
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 14/11/2018

Le président Emmanuel Macron à bord du porte-avions Charles de Gaulle, au large de Toulon, le 14 novembre 2018. ( CHRISTOPHE SIMON / POOL/AFP )Emmanuel Macron a visité mercredi le porte-avions…

Publié le 14/11/2018

Theresa May quitte le 10 Downing Street à Londres, le 14 novembre 2018 ( Ben STANSALL / AFP )Theresa May s'exprimera bien mercredi devant la presse après un conseil des ministres marathon devant…

Publié le 14/11/2018

                                                      COMMUNIQUE - 14 novembre 2018   Information à propos d'IHS holding   Au 14 novembre…

Publié le 14/11/2018

Le DJIA s'affiche actuellement en retrait de 0,64% à 25.122 pts, le Nasdaq cède 0,70% à 7.151 pts, et le S&P500 perd 0,53% à 2.707 pts...

Publié le 14/11/2018

Laurent Wauquiez donne une conférence de presse au siège de LR à Paris, le 9 octobre 2018 ( Philippe LOPEZ / AFP/Archives )L'exécutif "n'a pas entendu les Français" et doit renoncer aux…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 14/11/2018

Le marché locatif est resté stable sur la période, avec des délais de transaction toujours élevés...

Publié le 14/11/2018

Chargeurs a fait état d'un chiffre d'affaires en hausse de 10,9% à 134,1 millions d'euros au troisième trimestre, dans un contexte intégrant un pic d'activité en juin 2018, l'accélération de la…

Publié le 14/11/2018

Le Groupe Bastide a réalisé un chiffre d’affaires de 79,4 millions d’euros au titre de son premier trimestre 2018-2019. Ce chiffre ressort en hausse de 28,6% en données publiées et de 6,4% en…

Publié le 14/11/2018

Voltalia a signé un contrat privé de vente d'électricité avec le brésilien BRF, l'un des leaders mondiaux de l'agroalimentaire avec 100 000 employés dans 140 pays. Ce nouveau contrat va…

Publié le 14/11/2018

Eiffage, au travers de sa filiale Eiffage Construction, annonce la signature avec la Socomix, d ‘un nouveau contrat pour la rénovation de l’hôtel du Palais à Biarritz, pour un montant de 33…