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Israël tue un commandant palestinien à Gaza, près de 200 roquettes en représailles

| AFP | 583 | 4 par 4 internautes
Funérailles à Gaza du commandant du Jihad islamique, Baha Abou Al-Ata, tué dans une frappe israélienne, le 12 novembre 2019
Funérailles à Gaza du commandant du Jihad islamique, Baha Abou Al-Ata, tué dans une frappe israélienne, le 12 novembre 2019 ( MAHMUD HAMS / AFP )

L'armée israélienne a tué mardi un commandant du groupe armé Jihad islamique et neuf autres Palestiniens dans une série de frappes sur Gaza, d'où près de 200 roquettes ont été tirées vers Israël, dans une nouvelle escalade de violence.

A l'aube, l'armée et les services de sécurité intérieure (Shin Beth) israéliens ont mené une frappe ciblée sur l'appartement de Baha Abou Al-Ata, le tuant sur le coup avec sa femme, Asma, dans l'enclave palestinienne contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, bête noire d'Israël.

En riposte, des salves de roquettes ont été tirées sans discontinuer depuis Gaza sur Israël. Les sirènes d'alarme ont retenti dans de nombreuses villes près de l'enclave palestinienne et jusqu'à la métropole économique Tel-Aviv, où les écoles et universités ont été fermées.

Après ce barrage de roquettes, l'armée israélienne a multiplié les frappes contre des "sites" du Jihad islamique, tuant huit Palestiniens et portant à dix morts et une quarantaine de blessés le bilan total des victimes dans la bande de Gaza, selon les autorités locales.

Si la majorité des plus de 190 roquettes tirées selon l'armée ont été interceptées par le bouclier antimissile "Dôme de fer", d'autres sont tombées en territoire israélien, endommageant une maison, une usine et une autoroute, où un tir a presque foudroyé des voitures en circulation. Les secouristes ont dit avoir "traité" 39 personnes.

Agé de 41 ans et père de cinq enfants, Baha Abou Al-Ata avait rejoint les rangs du groupe palestinien dans les années 1990 et était son commandant pour le Nord de Gaza, d'où il avait orchestré de nombreux tirs contre Israël.

"Il était responsable de plusieurs attaques terroristes, de tirs de roquettes sur l'Etat d'Israël ces derniers mois et avait l'intention de perpétrer des attaques imminentes", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Opération à Damas

Israël "ne souhaite pas une escalade, mais nous devons faire tout ce qui est nécessaire pour nous protéger. Je vous le dis d'avance, cela pourrait prendre du temps", a prévenu M. Netanyahu après une rencontre avec les chefs de l'armée et du Shin Beth.

Des pompiers israéliens tentent d'éteindre le feu qui a pris dans une usine à Sderot, dans le sud d'Israël, après des tirs en provenance de la bande de Gaza, le 12 novembre 2019
Des pompiers israéliens tentent d'éteindre le feu qui a pris dans une usine à Sderot, dans le sud d'Israël, après des tirs en provenance de la bande de Gaza, le 12 novembre 2019 ( Ahmad GHARABLI / AFP )

L'armée a dit se préparer "à plusieurs jours d'affrontements".

Les groupes armés de Gaza, enclave en état "d'alerte maximale" où vivent deux millions de Palestiniens sous blocus israélien, ont affirmé que l'Etat hébreu avait franchi "toutes les lignes rouges".

Mardi, dans la capitale syrienne Damas, des frappes ont ciblé à l'aube la maison d'un responsable politique du Jihad islamique, tuant deux personnes dont son fils, ont indiqué l'agence officielle syrienne Sana et le Jihad islamique, en imputant la responsabilité à Israël qui s'est refusé à tout commentaire.

L'opération de Gaza intervient alors que M. Netanyahu, en quête d'appuis pour tenter de se maintenir au pouvoir au moment où son rival Benny Gantz a été choisi pour essayer de former un gouvernement, vient de nommer un nouveau ministre de la Défense Naftali Bennett, issu d'un petit parti de droite.

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, est en route pour le Caire afin de participer à des discussions pour tenter d'éviter une escalade, a indiqué une source diplomatique à l'AFP.

L'Egypte et les Nations Unies ont fréquemment joué le rôle de médiateurs lors des précédents cycles de violences entre Israël et les groupes armés de Gaza.

"La situation reste très compliquée et le risque d'escalade est élevé. Il est trop tôt pour parler de médiation. Le but est de stopper l'escalade", a indiqué à l'AFP une source au fait des discussions.

"Créer le chaos"

Plusieurs figures anti-israéliennes, dont le cheikh Ahmed Yassine, fondateur du Hamas, ont été visées par le passé par des éliminations ciblées, à Gaza ou à l'étranger.

Le Hamas et Israël se sont livré trois guerres dans l'enclave depuis 2008. Mais ce groupe islamiste armé, contrairement au Jihad islamique, avait approuvé un accord de trêve négocié par l'entremise de l'ONU, de l'Egypte et du Qatar.

Cet accord prévoit l'entrée chaque mois de millions de dollars d'aide pour la population de Gaza, où le chômage avoisine les 50%.

Selon le chef de l'armée israélienne, Aviv Kochavi, Abou al-Ata "avait tenté par tous les moyens" de saboter la trêve avec le Hamas, notamment en orchestrant des tirs de roquettes vers Israël.

"En assassinant Abou al-Ata, les forces d'occupation tentent de créer le chaos et de compromettre nos efforts pour rétablir l'unité" entre les factions palestiniennes, a accusé le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, sans toutefois remettre en cause la trêve.

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