En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 155.65 PTS
+0.21 %
5 163.00
+0.37 %
SBF 120 PTS
4 141.28
+0.43 %
DAX PTS
11 718.97
+0.03 %
Dowjones PTS
25 706.68
-0.36 %
7 278.63
+0.00 %
1.151
+0.12 %

Il y a quarante ans, le début de la Révolution iranienne

| AFP | 509 | 5 par 1 internautes
Des touristes et des religieux près du sanctuaire de Fatima Massoumeh, dans la ville sainte de Qom en Iran, le 14 décembre 2017
Des touristes et des religieux près du sanctuaire de Fatima Massoumeh, dans la ville sainte de Qom en Iran, le 14 décembre 2017 ( ATTA KENARE / AFP )

Dans les yeux d'enfant de Mohammad Hassan Sharifizadeh, la révolution qui allait emporter le dernier chah d'Iran a commencé il y a quarante ans par une scène particulièrement inhabituelle dans une mosquée de Qom.

Le 18 dey 1357 du calendrier iranien (8 janvier 1978), "j'avais huit ans" et "nous avions une cérémonie religieuse", se souvient ce vendeur de confiseries sur l'esplanade du sanctuaire de Fatima Massoumeh, lieu de pèlerinage qui vaut à Qom d'être l'une des villes saintes les plus importantes d'Iran: le mollah "a enlevé son turban et l'a jeté par terre en affirmant qu'on avait insulté notre source d'inspiration", l'ayatollah Ruhollah Khomeiny.

Symboliquement, ce geste qui revient à se déposséder d'un signe sacré est extrêmement fort et ne peut être justifié que par une offense des plus violentes. Et ce jour-là, l'affront est de taille.

La veille, le journal gouvernemental Ettelaat a publié un pamphlet intitulé "L'Iran et le colonialisme rouge et noir" et particulièrement insultant pour l'ayatollah Khomeiny, opposant au chah Mohammad Reza Pahlavi et en exil depuis 1964.

L'article accuse celui qui allait devenir le père de la République islamique d'Iran d'être un agent britannique, insinue qu'il n'est pas vraiment Iranien, qu'il complote avec les communistes et tente de discréditer son autorité religieuse.

Publié le matin à Téhéran, le quotidien n'arrive alors que dans l'après-midi à Qom, à 120 km plus au sud. Enseignant dans l'une des "hawzat" (séminaires théologiques) de la ville, l'ayatollah Seyyed Hossein Moussavi Tabrizi, 70 ans, se souvient de la façon dont il a pris connaissance du pamphlet.

- 'Provocation' -

L'ayatollah Seyyed Hossein Moussavi Tabrizi, ancien procureur général de la République islamique d'Iran et ex-député, lors d'un entretien à l'AFP dans la ville de Qom, le 14 décembre 2017
L'ayatollah Seyyed Hossein Moussavi Tabrizi, ancien procureur général de la République islamique d'Iran et ex-député, lors d'un entretien à l'AFP dans la ville de Qom, le 14 décembre 2017 ( ATTA KENARE / AFP )

"Il était environ 19H00, deux ou trois de mes étudiants très en colère m'ont apporté le journal et dit de lire l'article", raconte à l'AFP cet ancien procureur général et élu par deux fois député avant de revenir enseigner à Qom.

"C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase", dit-il. "Insulter (Khomeiny) comme ça, en disant qu'il était le valet des Anglais, c'était insulter l'ensemble du clergé, une provocation".

Rapidement, la riposte s'organise. Le soir même, l'ayatollah Tabrizi réunit une dizaine de dignitaires religieux. Il y est "décidé d'arrêter les cours le lendemain en signe de protestation", une mesure rarissime, "et de dénoncer l'article le surlendemain lors des cours et de prendre position en faveur de l'imam" Khomeiny.

Le 8 janvier, la grève des étudiants s'accompagne de manifestations et de heurts sans gravité avec la police. Le 9, se souvient l'ayatollah Tabrizi, la contestation grossit avec le soutien des marchands du bazar, qui se mettent eux aussi en grève.

Des milliers de personnes scandent dans la rue des slogans hostiles au gouvernement et au monarque, dont l'autorité est minée par une politique de réformes et de modernisation hautement impopulaire, tout comme son alliance avec les Etats-Unis, dans un environnement d'aggravation des inégalités sociales sur fond de corruption généralisée et de dérive autocratique.

- 'Ils ont tiré' -

Religieux au front ceint d'un turban blanc, Abolfazl Soleimani, avait 24 ans à l'époque. "J'étais présent dans les manifestations, la police a commencé a tirer, d'abord en l'air, je crois, et ensuite sur les gens, des religieux, des non religieux, des bazaris. Il y a eu des morts et des blessés".

"Les premières informations font état de 20 ou 30 morts, mais en réalité, il n'y en eut peut être pas plus que cinq", note l'écrivain et historien britannique Michael Axworthy dans son livre "Revolutionary Iran" -non traduit en français.

Quoi qu'il en soit, la nouvelle de la répression à Qom se répand et provoque des manifestations ailleurs dans le pays. Le 18 février, conformément à la tradition chiite, des commémorations sont organisées dans douze villes au 40e jour du deuil en l'honneur des morts de Qom.

A Tabriz (nord-ouest), la situation dégénère. La police tire sur la foule, tuant vraisemblablement 13 personnes, écrit M. Axworthy: un cycle de manifestations/répression meurtrière de "quatre fois quarante jours" est lancé, qui s'arrêtera en juin, sans doute par peur de violences à grande échelle de la part du pouvoir.

L'ayatollah Ruhollah Khomeiny à son arrivée à l'aéroport de Téhéran en provenance de France, où il était en exil, le 1er février 1979
L'ayatollah Ruhollah Khomeiny à son arrivée à l'aéroport de Téhéran en provenance de France, où il était en exil, le 1er février 1979 ( GABRIEL DUVAL / AFP/Archives )

Mais l'Histoire est en marche. La deuxième moitié de l'année 1978 voit la contestation s'amplifier. "Tout régime répressif creuse sa propre tombe", estime l'ayatollah Tabrizi.

Le 16 janvier 1979, le chah quitte l'Iran. Il n'y reviendra plus. L'ayatollah Khomeiny quitte la France pour rentrer à Téhéran le 1er février où il est accueilli par une foule immense. Le dernier gouvernement de l'Iran impérial tombera 10 jours plus tard.

Les autorités prévoient de grandes cérémonies pour célébrer le 40e anniversaire de la "victoire de la révolution" dans un an, signe de la longévité du régime islamique malgré les prédictions des opposants et les rares mouvements de protestation.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 5
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Produits de rendement : découvrir un nouveau support d'investissement
Lundi 5 novembre de 18h00 à 18h30

Trader sur le CAC40 avec du levier
Mardi 6 novembre de 12h15 à 13h15

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/10/2018

Suite à la signature en juin 2018 de l’accord de licence exclusif avec le studio Wargaming, Innelec Multimedia annonce le lancement de sa gamme de périphériques gaming World of Tanks sous la…

Publié le 18/10/2018

L'IMMOBILIERE HOTELIERE Société Anonyme au capital 13.007.451 EUR Siège social : 66, rue de Miromesnil -75008 Paris R.C.S. Paris 784 335 333   La société L'IMMOBILIERE…

Publié le 18/10/2018

Résultats trimestriels...

Publié le 18/10/2018

Publicis bondit en Bourse de 5,86 % à 55,3 euros. Le groupe a publié des résultats en hausse pour le troisième trimestre, grâce à des gains de budget qui compensent la faiblesse de l’activité…