5 349.30 PTS
-0.15 %
5 360.5
+0.21 %
SBF 120 PTS
4 267.01
-0.16 %
DAX PTS
13 103.56
+0.27 %
Dowjones PTS
24 674.21
+0.68 %
6 462.62
+1.14 %
Nikkei PTS
22 553.22
-0.62 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Il y a 20 ans s'ouvrait le procès de Maurice Papon

| AFP | 125 | Aucun vote sur cette news
Montage de deux photos de Maurice Papon, l'une en 1998, l'autre datant de l'époque où il occupait les fonctions de secrétaire général de la préfecture de la Gironde
Montage de deux photos de Maurice Papon, l'une en 1998, l'autre datant de l'époque où il occupait les fonctions de secrétaire général de la préfecture de la Gironde ( DERRICK CEYRAC / AFP/Archives )

Il y a 20 ans, le 8 octobre 1997, le procès de Maurice Papon pour crime contre l'humanité s'ouvrait à Bordeaux devant les assises de la Gironde.

"L'affaire Papon" avait éclaté le 6 mai 1981, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Le Canard enchaîné publiait ce jour-là un article intitulé "Quand un ministre de Giscard faisait déporter des Juifs".

La révélation, qui vise le ministre du Budget de Valéry Giscard d'Estaing, est un coup de tonnerre. Préfet, maire, député, ministre, Maurice Papon, grand serviteur de l’État, a connu durant des décennies les honneurs de la République.

Maurice Papon à son bureau de préfet de la Corse, en janvier 1947
Maurice Papon à son bureau de préfet de la Corse, en janvier 1947 ( STF / INTERCONTINENTALE/AFP/Archives )

Il est demeuré près de neuf ans (1958-1967) à la tête de la préfecture de police de Paris, en particulier durant la guerre d'Algérie. C'est lui le "patron" lors de la répression des manifestations d'Algériens les 17-20 octobre 1961 (des dizaines de morts) et de celle au métro Charonne, le 8 février 1962 (9 morts).

L'hebdomadaire satirique récidive les 13 et 20 mai 1981, reproduisant des documents signés Papon, qui tendent à prouver sa responsabilité dans la déportation de 1.690 Juifs de Bordeaux à Drancy (Seine-Saint-Denis), et de là vers Auschwitz, entre 1942 et 1944.

- Jury d'honneur -

Une première plainte est déposée le 8 décembre 1981 pour "crimes contre l'humanité" au nom de la famille Matisson-Fogiel, concernant huit personnes, arrêtées et internées à Bordeaux, exterminées à Auschwitz.

Maurice Papon le 11 octobre 1997, à Margaux, près de Bordeaux, en marge de son procès
Maurice Papon le 11 octobre 1997, à Margaux, près de Bordeaux, en marge de son procès ( DERRICK CEYRAC / AFP/Archives )

Un Jury d'honneur composé d'anciens résistants rend cependant le 15 décembre une sentence plutôt favorable à Maurice Papon. Il lui reproche d'avoir contribué à des arrestations et déportations, et de ne pas avoir démissionné en juillet 1942, mais conclut qu'il a participé à la Résistance par une attitude "courageuse".

Après de nouvelles plaintes et l'ouverture d'une information judiciaire en juillet, Maurice Papon est inculpé en janvier 1983 de "crimes contre l'humanité".

Deux ans plus tard, une expertise confiée aux historiens Jacques Delarue et André Gouron, ainsi qu'à l'ancien préfet Roger Bellion, penche aussi en faveur de Maurice Papon: il a évité des déportations en opérant "130 radiations" dans le fichier des Juifs.

Une erreur de procédure du juge d'instruction provoque l'annulation, en février 1987, de toute l'instruction. La chambre d'accusation de la cour d'appel de Bordeaux est désignée pour reprendre l'affaire.

En 1988, nouvelle inculpation. Recevant à l’Élysée l'association Résistance-Vérité-Justice qui soutient Maurice Papon, le président François Mitterrand qualifie l'affaire de "règlement de comptes politique" et la longueur de l'instruction d'"attentatoire à la démocratie".

- Six mois de procès -

Les journalistes affluent dans la salle des pas perdus du Palais de justice de Bordeaux à l'annonce de la condamnation de Maurice Papon, le 2 avril 1998
Les journalistes affluent dans la salle des pas perdus du Palais de justice de Bordeaux à l'annonce de la condamnation de Maurice Papon, le 2 avril 1998 ( DERRICK CEYRAC / AFP/Archives )

En 1996, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Bordeaux renvoie Maurice Papon devant la cour d'assises pour complicité de crimes contre l'humanité, contre l'avis initial du procureur général.

Le 8 octobre 1997, s'ouvre à Bordeaux le plus long procès criminel de l'après-guerre. Historiens et résistants s'opposent sur le rôle de l'accusé et de Vichy, avant les témoignages, souvent poignants, des familles des victimes.

"Nous sommes des survivants, nous espérons de ce procès d'être des vivants", lance Maurice Matisson, dont huit proches ont été déportés dans un convoi organisé par Maurice Papon.

L'ex-préfet, notamment défendu par un ténor du barreau, Jean-Marc Varaut, "reste droit dans ses bottes, obstiné", se rappelle un avocat des parties civiles, Gérard Boulanger. "Je veux bien me repentir, mais de quoi? De quelle faute?" lance-t-il.

Me Arno Klarsfeld arrive au Palais de justice de Bordeaux pour participer à la 58ème audience de Maurice Papon, le 29 janvier 1998
Me Arno Klarsfeld arrive au Palais de justice de Bordeaux pour participer à la 58ème audience de Maurice Papon, le 29 janvier 1998 ( FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives )

Après six mois d'intenses débats, le 2 avril 1998, Maurice Papon est condamné à 10 ans de réclusion criminelle et au versement de l'équivalent de 700.000 euros aux parties civiles.

Le 21 octobre 1999, la Cour de cassation refuse d'examiner son pourvoi parce qu'il s'est enfui en Suisse au lieu de se constituer prisonnier la veille de l'audience. La condamnation devient dès lors définitive.

Le chasseur de nazis Serge Klarsfeld, le 2 avril 1998, près du palais de justice de Bordeaux, à l'issue du  dernier jour du procès de Maurice Papon
Le chasseur de nazis Serge Klarsfeld, le 2 avril 1998, près du palais de justice de Bordeaux, à l'issue du dernier jour du procès de Maurice Papon ( DERRICK CEYRAC / AFP )

Maurice Papon est arrêté, extradé de Suisse le jour même et interné à la prison de Fresnes. La justice le remettra en liberté le 18 septembre 2002 en raison de son état de santé. Il meurt le 17 janvier 2007.

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 15/12/2017

Le conseil d'administration de SoLocal Group a pris acte de la démission de Monica Menghini et a décidé, sur proposition du comité des nominations, de coopter Marie-Christine Levet en qualité…

Publié le 15/12/2017

En prévision de son départ de Wendel le 31 décembre prochain, Frédéric Lemoine a présenté sa démission du conseil d'administration de Bureau Veritas à compter du 31 décembre 2017. En…

Publié le 15/12/2017

André François-Poncet remplace Frédéric Lemoine au Conseil d'administration de Bureau Veritas à compter du 1er janvier 2018   Neuilly-sur-Seine, le 15 décembre…

Publié le 15/12/2017

L'objectif d'Immobilière Dassault est de lancer un projet de restructuration de ce bâtiment

Publié le 15/12/2017

Immobilière Dassault a finalisé l'achat d'un immeuble situé au 16 rue de la Paix, Paris 2ème, dont elle avait annoncé avoir signé une promesse le 23 octobre dernier. Il est rappelé que cet…

CONTENUS SPONSORISÉS