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A son procès, l'ex-prêtre Bernard Preynat révèle son passé de victime et pointe sa hiérarchie

| AFP | 375 | 3 par 3 internautes
L'ex-prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour de multiples agressions sexuelles. Photo prise le 13 janvier 2020
L'ex-prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour de multiples agressions sexuelles. Photo prise le 13 janvier 2020 ( PHILIPPE DESMAZES / AFP )

L'ex-prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 30 ans, a révélé mercredi avoir lui-même été abusé dans sa jeunesse, pointant la responsabilité de l'Eglise qui n'a pas su réagir face à ses pulsions.

Depuis le début de son procès, Bernard Preynat, acculé par les témoignages de ses victimes, s'était contenté de reconnaître partiellement les faits en demandant pardon, mais sa défense a pris un nouveau tour mercredi.

L'ancien prêtre a d'abord surpris jusqu'à son avocat en évoquant pour la première fois des abus qu'il aurait lui-même subis dans sa jeunesse, en se référant à une lettre écrite l'été dernier à l'administrateur apostolique de Lyon Michel Dubost.

Dans ce courrier, Preynat raconte notamment avoir été successivement agressé sexuellement par un sacristain de sa paroisse, un séminariste et un prêtre au petit séminaire entre sa sixième et sa quatrième. Des faits qu’il n’avait jamais évoqués avant d'être interrogé par une inspectrice de police début 2016.

Ces révélations ont pris de court son conseil Frédéric Doyez. "Je ne dirais pas que je suis étonné. C'est ce qui se passe lors d’une audience. Mais s’il n’en avait pas parlé, c’est peut-être par crainte que l’on pense que c’est en quelque sorte pour se dédouaner", a-t-il déclaré à l'AFP en marge de l'audience.

"Sans accuser" l'Eglise, l'ex-prêtre a aussi évoqué la responsabilité de sa hiérarchie qui, plusieurs fois alertée de ses pulsions, n'a pas exigé qu'il se fasse soigner. "On aurait dû m’aider... On m’a laissé devenir prêtre", explique-t-il, mentionnant une thérapie infructueuse suivie en 1967 et 1968.

De même, il raconte avoir présenté "comme un péché" certains de ses actes et pulsions à son confesseur. Mais "le prêtre me donnait des encouragements pour que je ne recommence pas, et l’absolution".

- L'emprise de "père Bernard" -

Devant le tribunal correctionnel, les témoignages accablants des 10 victimes parties civiles continuent de s'égrener.

Le cardinal Philippe Barbarin, le 28 novembre 2019, lors de son procès en appel à Lyon pour non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs
Le cardinal Philippe Barbarin, le 28 novembre 2019, lors de son procès en appel à Lyon pour non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs ( JEFF PACHOUD / AFP/Archives )

Plusieurs ont protesté contre les tentatives de minimisation des faits de Preynat, qui refuse notamment de reconnaître des masturbations forcées.

"Ma femme me caresse. Lui, c’était de la masturbation; il me touchait comme un sauvage", s’indigne à la barre Stéphane Hoarau, 8 ans à l’époque des faits.

"Il me baissait mon short, me touchait le sexe, me masturbait, m’obligeait à me masturber et m’a demandé parfois de le masturber, de caresser son sexe... Il me retournait pour se frotter contre moi", explique-t-il, ajoutant que ces abus s’étaient déroulés plusieurs fois dans la chambre de l’ancien homme d’église.

Selon lui, les jeunes proies de Preynat se succédaient parfois dans un même local. Appelé par le prêtre sous le prétexte de l’aider à quelque chose (un mode opératoire fréquent chez lui), Stéphane Hoarau se rappelle avoir croisé en arrivant un petit garçon, regard fuyant, tête basse, qui sortait d’une pièce où se trouvait Preynat.

"J’ai vraiment eu l’impression qu’il lui avait fait subir la même chose", dit-il.

Depuis, "je me suis marié". "J’ai des enfants mais j’ai beaucoup de mal à les toucher", reconnaît-il, attribuant ces difficultés au traumatisme vécu dans son enfance, sous l'emprise du "père Bernard".

Une autre victime témoigne d'horribles "flashes" quand elle change les couches de ses jumeaux, des petits garçons de deux ans. "Des visions me reviennent. Des craintes me reviennent", raconte, la voix étranglée, Stéphane Sylvestre qui a déposé plainte en 2015.

Il se souvient des attouchements de l'ex-prêtre sur son sexe, notamment dans les bureaux du premier étage de l'église Saint Luc de Sainte-Foy-lès-Lyon. Quand Preynat l'agressait, "il pouvait parler de scoutisme, complètement en décalage avec ce qu'il me faisait", relève M. Sylvestre.

"J'ai voulu quitter les scouts et quand j'ai pu enfin en partir, je me suis adossé et écroulé le long du mur". Ses parents s'en étonnent et Stéphane parle enfin: "Un homme m'a caressé; il a mis sa main dans mon short". Heureusement, "mes parents m'ont cru aussitôt et ça m'a beaucoup aidé". "A l'époque, j'avais l'impression d'être la seule victime".

Quand on est abusé, "on est un pantin dans un corps qui ne nous appartient plus", dit-il, la gorge serrée.

"J’étais très loin de tous les agresser, Dieu merci!", s’est maladroitement défendu Preynat un peu plus tôt au milieu de murmures, en réponse à la présidente du tribunal qui soulignait de sa part "une multiplicité d’actes sur une multiplicité d’enfants pendant une vingtaine d’années".

Le tribunal a débuté mercredi soir l'audition d'un expert psychologue chargé de songer la personnalité de l'ancien curé de 74 ans, qui encourt jusqu'à 10 ans de prison.

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