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Présidentielle au Honduras: l'opposant de gauche Nasralla en tête

| AFP | 168 | Aucun vote sur cette news
Le candidat de l'opposition de gauche Salvador Nasralla, au centre de la photo, arrive en tête de l'élection présidentielle au Honduras de dimanche selon les premiers résultats partiels officiels
Le candidat de l'opposition de gauche Salvador Nasralla, au centre de la photo, arrive en tête de l'élection présidentielle au Honduras de dimanche selon les premiers résultats partiels officiels ( Orlando SIERRA / AFP )

Le candidat de l'opposition de gauche Salvador Nasralla arrivait en tête de l'élection présidentielle au Honduras avec 45,17% des voix, selon les premiers résultats partiels annoncés dans la nuit de dimanche à lundi, au terme d'une soirée pleine de rebondissements.

Il devance le président sortant Juan Orlando Hernandez, crédité de 40,21% des voix, selon le dépouillement de 57% des votes, a annoncé le Tribunal suprême électoral (TSE), après une longue attente, source de confusion. Un peu plus tôt dans la soirée, les deux adversaires avaient revendiqué la victoire.

L'élection présidentielle au Honduras, déjà marquée par des craintes de fraude, avait alors pris un tour polémique.

"Vu que la tendance ne change pas, je peux vous dire que je suis le nouveau président du Honduras", avait lancé M. Nasralla euphorique à ses partisans, assurant être en tête et ne pas pouvoir être rattrapé, alors que les résultats officiels n'avaient pas été proclamés.

"Le décompte est plus que clair et indiscutable, nous avons gagné cette élection", avait déclaré quelques heures auparavant M. Hernandez, 49 ans, devant les militants du Partido Nacional (PN, droite).

Salvador Nasralla, 64 ans et candidat de l'Alliance de l'opposition contre la Dictature, une coalition de partis de gauche, est un journaliste de télévision novice en politique.

La décision de la Cour constitutionnelle d'autoriser la candidature de l'actuel président, M. Hernandez, alors que la Constitution interdit toute réélection, est dénoncée par l'opposition.

M. Hernandez était arrivé au pouvoir en 2013 après une élection contestée par la gauche.

Outre M. Nasralla, Luis Zelaya, 50 ans, du Partido Liberal (PL), l'autre formation de droite du pays, figure aussi dans le trio de tête pour cette élection à un tour. Il a obtenu 13,77% des voix, selon le TSE.

MM. Nasralla et Zelaya avaient averti qu'ils ne reconnaîtraient pas une réélection du président Hernandez.

"Nous avons constaté un processus (électoral) tranquille, l'évaluation que nous faisons jusqu'à présent est positive", a estimé dans la journée l'eurodéputée portugaise Marisa Matias, responsable de la mission des observateurs de l'Union européenne (UE).

Le Tribunal suprême électoral (TSE), critiqué sur les réseaux sociaux pour son retard dans l'annonce des résultats officiels, assure que ces élections sont "les plus scrutées de l'histoire", avec la présence de 16.000 observateurs, dont 600 venus de l'UE et d'autres venus notamment de l'Organisation des Etats américains (OEA).

Pour l'heure, aucun incident n'a été relevé. Le gouvernement avait déployé plus de 35.000 policiers et soldats dans tout le pays afin de garantir la sécurité du vote, a indiqué le ministre de la Sécurité, Julian Pacheco.

- 'Réélection illégale' -

Dans ce petit pays situé au cœur du "triangle de la mort" de l'Amérique centrale, miné par les gangs et la pauvreté et affichant un des plus forts taux d'homicides au monde, ces tensions risquent de rouvrir les blessures laissées par le coup d'Etat de 2009. Le président Manuel Zelaya avait alors été chassé du pouvoir par l'armée, soutenue par la droite et par le monde des affaires.

Le président sortant du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a annoncé sa victoire à l'élection présidentielle de dimanche, avant que les premiers résultats officiels partiels ne donnent son adversaire de gauche Salvador Nasralla en tête
Le président sortant du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a annoncé sa victoire à l'élection présidentielle de dimanche, avant que les premiers résultats officiels partiels ne donnent son adversaire de gauche Salvador Nasralla en tête ( RODRIGO ARANGUA / AFP )

A la première heure dimanche matin, le chef de l'Etat a voté dans sa ville natale de Gracias (ouest).

"Quatre années de plus !", reprenaient en choeur ses partisans.

M. Nasralla a visité plusieurs bureaux de vote de la capitale, et a appelé à rester vigilant sur de possibles irrégularités et à les dénoncer aux observateurs internationaux.

"Je suis conscient de tout ce qu'a fait le gouvernement. La délinquance est un grand danger ici, tu sors de chez toi et tu ne sais pas si tu vas revenir. Mais avant c'était encore plus dangereux", a déclaré à l'AFP un sympathisant de M. Hernandez, José Cerrato, un maçon de 69 ans, avant de voter.

Dans le même bureau de vote de Tegucigalpa, l'activiste et opposante de gauche Yamileth Gonzalez, candidate suppléante, dénonçait le parti au pouvoir, qui a offert selon elle de la nourriture et de l'argent pour acheter des votes.

L'analyste politique Victor Meza, du Centre de documentation du Honduras, juge qu'"il y a un climat de crispation". "Pour la première fois, ce n'est pas une lutte entre conservateurs et libéraux, mais entre une dictature et la démocratie".

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