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Gouverner avec l'ennemi: conflits et trahisons au pouvoir en Amérique latine

| AFP | 191 | 3 par 1 internautes
Le président équatorien Lenin Moreno (g) à Quito le 29 mai 2017 et le vice-président equatorien Jorge Glas à Bruxelles, le 11 novembre 2016
Le président équatorien Lenin Moreno (g) à Quito le 29 mai 2017 et le vice-président equatorien Jorge Glas à Bruxelles, le 11 novembre 2016 ( RODRIGO BUENDIA, JOHN THYS / AFP/Archives )

Bien avant d'être à la mode sur Netflix, les conflits et trahisons entre alliés politiques ont marqué la "realpolitik" de l'Amérique latine.

Le dernier épisode a ébranlé l'Equateur. La rupture de fait du président Lenin Moreno avec son vice-président, Jorge Glas, soupçonné de corruption, rappelle des feuilletons similaires au Brésil, en Colombie et au Paraguay, où la réalité a dépassé la fiction de "House of cards" ou "Games of thrones".

Pourquoi l'exercice du pouvoir finit-il par convertir des alliés en ennemis? Mises à part quelques différences d'un pays à l'autre, les analystes estiment que les alliances de circonstance, la corruption et la tradition des despotes ou "caudillos" expliquent ce phénomène, qui affecte indistinctement la droite et la gauche.

- Brésil: une alliance précaire -

L'ex-présidente de gauche, Dilma Rousseff, et l'actuel chef de l'Etat conservateur, Michel Temer, ont été au centre d'une saga qui a duré près de 15 mois.

Eclaboussée par le plus grand scandale de corruption de l'histoire du Brésil, Mme Rousseff, du Parti des travailleurs (PT), a été destituée par le Parlement pour malversation des comptes publics.

Elle a alors accusé de coup d'Etat son vice-président Michel Temer, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre-droit), qui terminera son mandat jusqu'en 2018.

L'ancienne présidente brésilienne Dilma Roussef et Michel Temer, lorsqu'il était vice-président, à Brasilia, le 3 avril 2012
L'ancienne présidente brésilienne Dilma Roussef et Michel Temer, lorsqu'il était vice-président, à Brasilia, le 3 avril 2012 ( PEDRO LADEIRA / AFP/Archives )

Selon Michael Shifter, président du cercle de réflexion Dialogue inter-américain, le binôme Rousseff-Temer est l'exemple d'"alliance opportuniste pour gagner les élections", entre deux leaders ayant peu d'affinités.

"Quand surgissent les crises, ces arrangements montrent leurs failles parce que chaque parti de la coalition va protéger son propre intérêt politique et les vice-présidents vont profiter de toutes les opportunités pour s'emparer du pouvoir", explique-t-il à l'AFP.

- Colombie: la déloyauté -

L'ex-président Alvaro Uribe et l'actuel chef de l'Etat Juan Manuel Santos sont en conflit ouvert depuis plusieurs années.

En 2010, à l'issue de son mandat, M. Uribe a salué l'arrivée de son ancien ministre de la Défense à la présidence, convaincu qu'il poursuivrait la lutte à mort contre les guérillas.

Montage réalisé le 8 août 2017 de photographies de l'ex-président colombien Alvaro Uribe et de l'actuel chef de l'Etat Juan Manuel Santos
Montage réalisé le 8 août 2017 de photographies de l'ex-président colombien Alvaro Uribe et de l'actuel chef de l'Etat Juan Manuel Santos ( ERIKA SANTELICES, HO / AFP/Archives )

Les différences n'ont pas tardé à se faire sentir. Quelques jours à peine après sa prise de fonction, M. Santos a annoncé qu'il allait renouer les relations avec le Venezuela de Hugo Chavez, grand ennemi d'Alvaro Uribe.

La rupture a été consommée lorsque le président a lancé les pourparlers de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

"Uribe et Santos incarnent le cas de leaders forts, de caudillos, qui posent des limites à leurs successeurs. Et quand ceux-ci n'en font pas cas et suivent leur propre voie, comme Santos, cela finit en rupture, en des termes de déloyauté et trahison", souligne Felipe Burbano, politologue de la Faculté latino-américaine de sciences sociales (Flacso), à Quito.

- Equateur: despotisme -

En Equateur, Lenin Moreno a retiré les responsabilités assignées à Jorge Glas, mais la Constitution ne lui permet pas de le destituer puisqu'il est élu. Cette querelle divise au sein du parti au pouvoir depuis 2007, entre partisans du président et ceux de son prédécesseur, Rafael Correa.

Ce conflit a pour toile de fond les soupçons de corruption qui pèsent sur le vice-président, bien qu'il n'ait été condamné dans aucune affaire.

Selon l'analyste de la Flacso, le système présidentiel prépondérant dans la région fait que les partis et les structures gouvernementales s'organisent à partir "de leaderships fondés sur une personnalité, despotiques".

"C'est ce que nous voyons en Equateur où, de surcroît en plein ouragan (du scandale de la multinationale brésilienne) Odebrecht, la lutte contre la corruption voulue par Moreno implique de se battre contre le gouvernement antérieur", observe-t-il.

- Paraguay: raccourci vers le pouvoir -

L'ex-évêque de gauche Fernando Lugo a été évincé du pouvoir en juin 2012 par le Congrès et remplacé par son vice-président Federico Franco, de centre-droit.

Voulant mettre un "frein au bolivarianisme" de M. Lugo, le parti de M. Franco a retiré son soutien parlementaire au président, déchu "pour avoir mal rempli ses fonctions" après des heurts violents entre policiers et paysans qui ont fait 17 morts. Une destitution condamnée par plusieurs pays latino-américains.

"C'est le cas de l'allié qui, s'estimant insuffisamment pris en compte, rompt l'alliance et se sert de la Constitution pour parvenir à la présidence par un raccourci", selon l'analyste argentin Gabriel Puricelli, du centre d'études Laboratoire des politiques publiques.

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