En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 855.16 PTS
-0.26 %
4 838.00
-0.54 %
SBF 120 PTS
3 882.89
-
DAX PTS
11 136.20
-
Dowjones PTS
24 706.35
+1.38 %
6 784.61
+0.00 %
1.135
-0.16 %

En Syrie, des élèves des zones kurdes affluent vers les écoles du régime

| AFP | 380 | Aucun vote sur cette news
Des élèves syriens se rendent dans leur école gouvernementale, dans la ville de Qamichli dans le nord-est de la Syrie, dominé par les Kurdes, le 1er octobre 2018
Des élèves syriens se rendent dans leur école gouvernementale, dans la ville de Qamichli dans le nord-est de la Syrie, dominé par les Kurdes, le 1er octobre 2018 ( DELIL SOULEIMAN / AFP )

Cartable rose au dos, Racha se précipite vers le petit bus qui la conduit chaque jour des quartiers kurdes de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, à son école primaire située dans une enclave tenue par le régime dans cette ville.

Comme la fillette de sept ans, de nombreux écoliers des territoires semi-autonomes kurdes sont inscrits dans des établissements des secteurs gouvernementaux, et traversent quotidiennement les barrages de sécurité pour passer d'une zone à l'autre.

Pour les parents, il s'agit de s'assurer que leurs enfants obtiennent un diplôme reconnu par les universités syriennes et étrangères, plutôt que de leur faire suivre le cursus scolaire alternatif introduit en 2016 par les autorités kurdes.

Car ce nouveau programme scolaire est uniquement reconnu par les institutions de la minorité kurde, longtemps marginalisée par le pouvoir central de Damas, et qui a profité du conflit déclenché en 2011 pour grignoter une autonomie de facto.

"C'est une grande responsabilité et une dépense supplémentaire", affirme le père de Racha, évoquant le trajet quotidien vers la nouvelle école.

Pour faire face à l'afflux des enfants qui parcourent parfois des dizaines de kilomètres depuis les villes et localités environnantes, les établissements gouvernementaux ont dû adopter deux plages horaires quotidiennes différentes.

Des Syriens se rendent en taxi à leur école, dans un secteur gouvernemental de la ville multi-ethnique de Hassakeh, dans le nord-est de la Syrie majoritairement contrôlé par les autorités kurdes, le 10 octobre 2018
Des Syriens se rendent en taxi à leur école, dans un secteur gouvernemental de la ville multi-ethnique de Hassakeh, dans le nord-est de la Syrie majoritairement contrôlé par les autorités kurdes, le 10 octobre 2018 ( Ayham al-Mohammad / AFP )

"De nombreuses activités comme la musique, le dessin mais aussi les récréations ont été annulées en raison du grand nombre d'élèves", raconte le père de Racha.

"Les deux camps (les Kurdes et le régime, ndlr) doivent trouver une solution pour ne pas laisser nos enfants face à un avenir incertain", clame-t-il.

- "Où aller?" -

Les Kurdes dominent le nord-est syrien, un territoire représentant près de 30% de la superficie du pays. Au fil des ans, ils ont mis en place une administration dotée de ses propres propres services publics et forces de sécurité.

Leur nouveau programme scolaire vise à ressusciter les langues, l'histoire et l'identité des minorités kurde, mais aussi syriaque. Une douzaine d'écoles qui ont refusé l'initiative ont été contraintes à la fermeture cette année.

Le cursus alternatif a été adopté dans plus de 2.200 établissements, accueillant au total 210.000 élèves, selon une responsable de l'éducation au sein de l'administration semi-autonome, Samira Haj Ali.

Les diplômes décernés par ces écoles ne sont toutefois reconnus que par l'Université de Kobané et l'Université du Rojava, ouvertes toutes les deux en 2016.

Pour les parents et les élèves, c'est là que le bât blesse.

"Nous ne sommes pas contre l'enseignement en kurde, nous le voulons pour nos enfants", assure Ezzedine Amine, un chauffeur de taxi de Qamichli. Ses enfants fréquentent pourtant une école du gouvernement syrien.

Un homme amène des enfants à l'école sur sa motocyclette, dans la ville de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 1er octobre 2018
Un homme amène des enfants à l'école sur sa motocyclette, dans la ville de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 1er octobre 2018 ( DELIL SOULEIMAN / AFP )

"Les diplômes délivrés par l'administration autonome ne sont reconnus nulle part ailleurs", justifie ce père de 39 ans. "Où pourraient aller mes enfants avec ce diplôme?", s'interroge-t-il, en attendant la sortie des classes.

Des fillettes vêtues de rose et des garçons en bleu rentrent chez eux. Les plus jeunes se tiennent par la main, parfois portant un sac à dos surdimensionné.

- Ecoles surchargées -

Dans les enclaves gouvernementales du nord-est, 400 établissements scolaires gérés par Damas accueillent environ 101.000 écoliers, selon des statistiques officielles du régime datant de 2017.

Des élèves syriennes sur le chemin de l'école, près d'un barrage de sécurité des forces gouvernementales, dans la ville de Qamichli dans le nord-est syrien dominé par les Kurdes, le 1er octobre 2018
Des élèves syriennes sur le chemin de l'école, près d'un barrage de sécurité des forces gouvernementales, dans la ville de Qamichli dans le nord-est syrien dominé par les Kurdes, le 1er octobre 2018 ( DELIL SOULEIMAN / AFP )

Et les enseignants se plaignent de salles surchargées.

"Il n'y a plus de pupitres pour asseoir les écoliers", déplore Fatima Khalil Assaad.

Le cursus du régime est principalement enseigné à Qamichli et Hassaké, précise l'institutrice de 45 ans.

Mais "les élèves viennent d'autres villes, comme Amouda, Derbassiyé et Ras al-Aïn", distantes de 30 à 115 kilomètres des deux grands centres urbains, précise-t-elle.

A Hassaké, camionnettes et minibus brinquebalants chargés d'élèves traversent quotidiennement les barrières de ciment peintes aux couleurs du drapeau syrien qui séparent la zone gouvernementale des quartiers kurdes.

"Les écoles ne peuvent pas accueillir plus de 200 élèves, mais à l'heure actuelle, ils sont plus de 1.000 inscrits" dans certains établissements, explique la directrice d'une école publique. Selon elle, plus de 85 élèves s'entassent parfois dans des salles prévues pour en accueillir moins de la moitié.

Pour tenter d'endiguer la tendance, les autorités kurdes ont récemment interdit aux chauffeurs de taxi et de bus d'utiliser leurs véhicules pour le transport scolaire. Mais certains contournent cette décision, non sans créativité.

"Parfois, je dépose les élèves avant un barrage de contrôle, les laisse marcher, puis les récupère après la traversée", raconte Abou Abdallah.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Turbos Call, du levier à la hausse pour votre portefeuille
Lundi 28 janvier de 12h30 à 13h30

Les SCPI, un produit incontournable dans la conjoncture actuelle ?
Vendredi 1er février de 12h15 à 13h00

Protéger son portefeuille avec les Turbos Put
Lundi 11 février de 12h30 à 13h00

Tradez sur le CAC 40 avec du levier
Lundi 18 février de 12h15 à 13h00

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 22/01/2019

  Paris, le 22 janvier 2019   Free : 1 million d'abonnés Fibre !   Free franchit le cap du million d'abonnés Fibre et renforce sa place de 1er opérateur…

Publié le 22/01/2019

Sanofi a obtenu l'autorisation de commercialiser au Royaume-Uni son vaccin antgrippal trivalent (Split Virion, Inactivated) à haute dose, destiné aux personnes âgées de 65 ans et plus.source : AOF

Publié le 22/01/2019

En parallèle de sa publication trimestrielle, Soitec a annoncé le renforcement de sa collaboration avec Samsung Foundry afin de garantir l'approvisionnement en plaques de silicium sur isolant…

Publié le 22/01/2019

Bonduelle a engagé des discussions avec la société américaine Seneca Foods Corporation visant l'acquisition de son usine de Lebanon (Pennsylvanie, USA). « Cette usine, destinée au…

Publié le 22/01/2019

Getlink (ex-Eurotunnel) a publié un chiffre d’affaires consolidé de 1,079 milliard d’euros au titre de son exercice 2018, soit une hausse de 5% à taux de change constant. « Getlink poursuit…