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Emoi en Italie après la violente évacuation de réfugiés à Rome

| AFP | 385 | Aucun vote sur cette news
"De mon Afrique, vous prenez tout", une affiche lors d'une manifestation à Rome pour dénoncer la violente expulsion de réfugiés squattant un immeuble à Rome, le 26 août 2017 ( Filippo MONTEFORTE / AFP )

La violente expulsion de dizaines de réfugiés squattant un immeuble du centre de Rome a illustré cette semaine la nouvelle fermeté de l'Italie et les tensions liées à sa difficulté à intégrer les récentes vagues d'immigration.

Plusieurs centaines de personnes, essentiellement des militants de gauche et de nombreux réfugiés, ont manifesté samedi après-midi dans la capitale italienne pour réclamer la fin de ces expulsions. "Notre seule faute est la pauvreté", proclamait une bannière.

Selon plusieurs médias, le ministère de l'Intérieur prépare d'ailleurs une directive exigeant qu'une solution de relogement soit mise en place pour les plus vulnérables avant toute évacuation de squat.

Ce n'était pas le cas le 19 août à l'aube, quand des policiers ont fait irruption dans un immeuble désaffecté illégalement occupé par quelque 800 personnes à deux pas de la principale gare de Rome, Termini.

La plupart sont arrivées d'Erythrée ou d'Ethiopie il y a cinq, 10 ou 15 ans, exhibent volontiers leur permis de séjour de réfugié et les enfants parlent italien avec l'accent romain.

Manifestation à Rome après la violente évacuation de réfugiés à Rome, le 26 août 2017
Manifestation à Rome après la violente évacuation de réfugiés à Rome, le 26 août 2017 ( FILIPPO MONTEFORTE / AFP )

Elles ont eu 15 minutes pour faire leurs valises.

"J'ai tout laissé derrière moi", se désole une réfugiée érythréenne de 30 ans, sous couvert d'anonymat.

Et jeudi, la police a dégagé à coups de canon à eau et de matraques les dizaines de réfugiés restés camper sur place, qui ont répliqué en jetant des bonbonnes de gaz et des pierres. Une violence "inacceptable des deux côtés", a dénoncé le N.2 du Vatican, Mgr Pietro Parolin.

Les images ont d'autant plus marqué en Italie qu'une vidéo a montré un responsable de la police lancer : "Ceux-là doivent disparaître, tant pis pour eux. S'ils jettent quelque chose, cassez-leur un bras".

L'opposition de droite a applaudi cette fermeté à son goût trop tardive dans un pays marqué par des arrivées massives ces quatre dernières années, tandis que de nombreux défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé une démarche dans la lignée de la récente campagne contre les ONG secourant les migrants au large de la Libye.

Le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a sommé les autorités italiennes, locales comme nationales, de "trouver une solution immédiate pour les gens qui dorment actuellement à la belle étoile et de s'assurer de mesures d'intégration adéquates pour tous ceux qui ont droit à la protection internationale".

Une "solution immédiate" qui s'avère en pratique délicate à mettre en oeuvre. Car si un relogement a bien été proposé aux familles à 75 km au nord de Rome, cela rend la rentrée scolaire improbable pour les enfants inscrits dans les écoles du quartier. De plus, le maire de gauche de la commune concernée s'est opposé à leur installation, expliquant qu'il y avait déjà 40 demandeurs d'asile pour 3.100 habitants.

- 'Comme des animaux' -

En effet, l'Italie a enregistré plus de 350.000 demandes d'asile depuis 2014. Et s'il reste encore des dizaines de milliers de dossiers en attente, la tendance est relativement stable : 40% des demandeurs obtiennent un permis de séjour.

Des réfugiés évacués d'un immeuble qu'ils squattaient à Rome, le 23 août 2017
Des réfugiés évacués d'un immeuble qu'ils squattaient à Rome, le 23 août 2017 ( Alberto PIZZOLI / AFP/Archives )

Pour eux, un parcours d'intégration de six mois est prévu avec cours d'italien, formations ou stages... Mais, par manque de place, beaucoup n'en bénéficient pas et se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Dans un pays où le taux de chômage des jeunes atteint 37%, ils peinent à gagner leur vie, tandis que ceux qui travaillent voient souvent les bailleurs refuser de leur louer un logement.

"En Italie, on vit comme des animaux", déplorait un réfugié érythréen de 28 ans mercredi devant l'immeuble évacué, fulminant contre les règles européennes qui l'empêchent d'aller rejoindre des proches en Suède ou en Belgique.

La maire de Rome, Virginia Raggi (Mouvement 5 étoiles, populiste), élue il y a un an, a dénoncé pour sa part une situation inextricable, fruit d'"années de négligence".

Rome compte encore une centaine de bâtiments publics ou privés illégalement occupés, souvent placés sous la coupe de réseaux criminels percevant des loyers au noir, et "l'absence d'une politique nationale sérieuse (...) crée seulement une guerre entre pauvres", a-t-elle insisté.

Les Erythréens de Termini ne sont en effet pas les seuls : plusieurs dizaines d'Italiens et de Latino-américains expulsés en juillet d'un immeuble près des studios de Cinecittà campent dans l'entrée d'une église en face de la préfecture de Rome.

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