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Elections en RDC: le nom du successeur de Kabila attendra encore

| AFP | 334 | Aucun vote sur cette news
Des partisans de l'opposition assistent par une fenêtre au dépouillement des bulletins de vote de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le 30 décembre 2018 à Kinshasa.
Des partisans de l'opposition assistent par une fenêtre au dépouillement des bulletins de vote de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le 30 décembre 2018 à Kinshasa. ( MARCO LONGARI / AFP/Archives )

Il faut encore attendre pour connaître le nom du successeur de Joseph Kabila: prévue dimanche "au plus tard", l'annonce de la proclamation des résultats provisoires des élections générales en République démocratique du Congo a été reportée à "la semaine prochaine" sans autre précision.

C'est ce qu'a annoncé samedi à l'AFP le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) Corneille Nangaa à la veille de cette date-clé qui suscite des inquiétudes de réactions violentes.

"Il n'est pas possible de publier les résultats dimanche. On avance bien mais on n'a pas encore tout", a déclaré Corneille Nangaa, à la tête du seul organe en charge de la centralisation et l'annonce des résultats.

"On est encore autour de 45 à 48%" dans la remontée des bulletins de vote, a-t-il assuré. "La semaine prochaine nous donnerons".

Les tensions vont durer encore plusieurs jours pour la succession de M. Kabila que se disputent le candidat du pouvoir, l'ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, et deux opposants, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi.

Également en jeu, des risques de contestations violentes à l'annonce des résultats, qui inquiètent jusqu'à Washington. Le président Trump a annoncé l'envoi de 80 militaires américains au Gabon "en réponse à la possibilité que des manifestations violentes puissent survenir en RDC".

La Céni et M. Nangaa sont eux-mêmes sous forte pression de la Conférence épiscopale, de l'Union africaine (UA), de l'Union européenne (UE) et des Etats-Unis pour publier des résultats qui respectent "la vérité des urnes".

La Conférence épiscopale a même affirmé connaître déjà le nom du vainqueur grâce au travail de ses observateurs.

"Consolidation" des résultats

La centralisation des résultats au niveau local était très loin d'être achevée samedi, avait constaté l'AFP dans un centre local de la Céni.

A Kinshasa, seuls 187 bureaux de vote sur 687 ont été traités et comptabilisés au niveau du "Centre local de compilation des résultats" (CLCR) de Kalamu, dans la commune populaire de Matonge, a indiqué son président à l'AFP.

Opérations de dépouillement de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le 30 décembre 2018 à Kinshasa.
Opérations de dépouillement de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le 30 décembre 2018 à Kinshasa. ( Luis TATO / AFP/Archives )

A travers le pays, les 179 CLCR vérifient et "compilent" (additionnent) les résultats de tous les bureaux de vote de leur zone.

Les CLCR envoient ensuite leur propre résultat pour une "consolidation" définitive au niveau de la Céni.

L'opposition redoute des fraudes et des tricheries à ce stade crucial des opérations de vote.

Dans le CLCR de Kalamu-Matonge à Kinshasa, deux à trois agents électoraux autour d'une table - six tables au total - ouvrent le pli en plastique de chaque bureau de vote qui contient le procès-verbal manuscrit des résultats et le récépissé électronique de la "machine à voter", pour comparaison et vérification.

Les bulletins de vote cartonnés sont recomptés s'il y a une différence entre le procès-verbal et le récépissé.

Les opérations ont lieu en présence des "témoins" des partis politiques, des observateurs et des journalistes. Ils sont assis en rang le long d'un mur et ne peuvent pas circuler autour des tables, ni prendre des photos.

A la fin des opérations pour chaque bureau de vote, ils peuvent consulter la fiche de "reconstitution" du CLCR, le PV et le récépissé. Des témoins et observateurs recopient les résultats sur un cahier.

Un candidat largement en tête

L'un de ces documents consultés par l'AFP indique que dans un bureau de vote, la participation a été inférieure à 50% (278 électeurs sur 658 inscrits). Un candidat est très largement en tête.

Des électeurs font la queue avant de voter pour la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le 30 décembre 2018 à Kinshasa.
Des électeurs font la queue avant de voter pour la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le 30 décembre 2018 à Kinshasa. ( Luis TATO / AFP/Archives )

Les trois principaux candidats à la succession du président Joseph Kabila ont tous indiqué qu'ils centralisaient leurs propres résultats.

Chez Martin Fayulu, quatre à cinq personnes appellent dans toutes les provinces des "points focaux" des partis de la coalition.

Les opérations se font toutes par téléphone depuis les coupures internet et SMS ordonnées par les autorités dès lundi dernier, au lendemain du scrutin.

Un tableau traîne sur la table. La "compilation" de près d'un million de voix. Un candidat se détache très largement en tête, suivi de ses deux rivaux. Le même que dans le CLCR de Kalamu-Matonge visité juste avant.

La participation est de 35 à 40% un peu partout, relève-t-on.

La coalition autour de l'autre opposant Félix Tshisekedi affirme disposer de son propre centre de "compilation". La coalition au pouvoir autour d'Emmanuel Ramazani Shadary affirme avoir arrêté les opérations dès la coupure internet.

A Goma (Est), des agents de la Céni espéraient recevoir ce samedi soir les plis en provenance des territoires du Rutshuru et du Walikale.

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