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Elections anticipées ou non en Israël: Netanyahu doit choisir

| AFP | 343 | Aucun vote sur cette news
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une réunion hebdomadaire de son gouvernement, le 12 août 2018 à Jérusalem
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une réunion hebdomadaire de son gouvernement, le 12 août 2018 à Jérusalem ( JIM HOLLANDER / POOL/AFP/Archives )

Provoquer des élections anticipées ou payer le prix pour sauver sa coalition: le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait face à des choix difficiles après la démission de son ministre de la Défense qui a dénoncé le cessez-le-feu conclu à Gaza.

Le sort du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël semble dépendre largement de la décision de M. Netanyahu d'accéder ou non aux exigences de l'un de ses principaux rivaux, en attribuant à son ministre de l'Education, Naftali Bennett, le portefeuille de la Défense.

"J'ai demandé hier au Premier ministre de me confier la fonction de ministre de la Défense avec pour seul objectif qu'Israël recommence à gagner", a dit jeudi M. Bennett, chef du parti nationaliste religieux Foyer juif.

L'intervention de M. Bennett, retransmise en direct par la télévision tant le pays bascule à nouveau dans une ambiance préélectoral, était initialement programmée au titre de ses fonctions à l'Education. Mais M. Bennett en a consacré une grande partie à affirmer ses aptitudes à conduire les affaires militaires d'un pays entouré par les menaces.

Il s'est réclamé de son passé d'officier d'une unité d'élite et de ses succès d'ancien patron dans la haute technologie pour prétendre pouvoir inspirer à nouveau la peur aux ennemis d'Israël avec des tactiques plus offensives et innovantes.

Cependant, il s'est gardé de réitérer l'ultimatum formulé la veille par son parti, et de menacer de démissionner, soulevant la question de savoir s'il était prêt à aller jusqu'à retirer le soutien du Foyer juif au gouvernement.

- Sur le fil du rasoir -

Ce dernier a été plongé dans la crise mercredi quand Avigdor Lieberman a claqué la porte du ministère de la Défense, au lendemain du cessez-le-feu conclu indirectement par Israël avec le mouvement islamiste Hamas et ses alliés dans la bande de Gaza.

La trêve a mis fin à la pire confrontation armée depuis 2014, et éloigné, au moins provisoirement, le spectre d'un quatrième conflit en dix ans dans l'enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée.

Mais pour M. Lieberman, partisan de la manière forte contre le Hamas au pouvoir à Gaza, le cessez-le-feu est une "capitulation devant le terrorisme". Il a appelé à des législatives "le plus tôt possible".

L'échéance est normalement fixée à novembre 2019, mais depuis des mois flotte un parfum d'élections anticipées.

La Knesset, parlement israélien
La Knesset, parlement israélien ( L. Saubadu/K. Tian, dmk/vl/jmc/fh / AFP )

Avec le retrait du petit parti de M. Lieberman --Israel Beiteinou-- de la coalition, M. Netanyahu ne dispose plus que d'une majorité d'une voix sur 120 au parlement (Knesset), et doit trancher: prononcer la dissolution, auquel cas les électeurs doivent être appelés aux urnes sous 90 jours. Ou tenter de sauver la coalition, au moins pour le moment.

Son parti, le Likoud, a dit mercredi que M. Netanyahu prendrait le portefeuille de la Défense (en plus de ceux déjà détenus des Affaires étrangères et de la Santé) et que des élections n'étaient pas nécessaires.

Le Foyer juif a signalé qu'il ne lui laissait guère le choix: ce sera la Défense ou les bureaux de vote.

MM. Netanyahu et Bennett se parleront vendredi, selon les médias.

Les commentateurs ne donnent pas cher de la coalition. Ils voient mal M. Netanyahu gouverner avec une majorité minimale et difficilement contrôlable pendant un an. Surtout, ils l'imaginent mal concéder le portefeuille de la Défense à M. Bennett.

- Question de timing -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (D) et le ministre démissionnaire de la Défense (C), Avigdor Lieberman, lors d'une cérémonie officielle le 30 avril 2017 au Mont Herzl, à Jérusalem
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (D) et le ministre démissionnaire de la Défense (C), Avigdor Lieberman, lors d'une cérémonie officielle le 30 avril 2017 au Mont Herzl, à Jérusalem ( GALI TIBBON / AFP/Archives )

M. Netanyahu est resté discret jeudi, n'apparaissant guère que dans une vidéo avec le représentant spécial des Etats-Unis pour l'Iran, Brian Hook. M. Netanyahu a salué le rétablissement des sanctions américaines contre la République islamique.

M. Hook, dont l'administration n'a pas ménagé son soutien au gouvernement Netanyahu, a salué en ce dernier un "partenaire fantastique" dans l'effort pour contrer l'Iran, la bête noire d'Israël.

Pour M. Netanyahu, le timing peut être essentiel, et non pas seulement parce qu'il est en passe de battre le record de longévité d'un Premier ministre --il est en poste depuis 2009.

Des Israéliens tentent de se mettre à couvert alors que des roquettes sont tirées depuis la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 à Sdérot
Des Israéliens tentent de se mettre à couvert alors que des roquettes sont tirées depuis la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 à Sdérot ( Jack GUEZ / AFP )

Bien qu'il semble toujours sans rival, les évènements des derniers mois dans la bande de Gaza semblent avoir écorné sa réputation de meilleur garant de la sécurité du pays. Les Israéliens habitant dans la périphérie de l'enclave palestinienne sont descendus dans la rue pour dénoncer un cessez-le-feu qui les laisse, selon eux, à la merci des prochaines salves palestiniennes.

Un sondage publié jeudi indique que 74% des personnes interrogées ne sont pas satisfaites de la réponse de M. Netanyahu au dernier accès de fièvre.

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