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Drogue aux Philippines: Amnesty réclame à l'ONU une enquête sur les meurtres "systématiques"

| AFP | 289 | 4 par 1 internautes
Lilia Jacobe pleure son petit-fils Bryan Conje, disparu le 2 juillet et retrouvé mort le 5 sous le pont où il vivait, le 7 juillet 2019 à Manille
Lilia Jacobe pleure son petit-fils Bryan Conje, disparu le 2 juillet et retrouvé mort le 5 sous le pont où il vivait, le 7 juillet 2019 à Manille ( Noel CELIS / AFP )

Amnesty International a réclamé lundi à l'ONU une enquête indépendante sur les milliers de Philippins tués au nom de la guerre déclarée à la drogue par le président Rodrigo Duterte, dénonçant des abus devenus "systématiques", perpétrés dans "l'impunité".

La répression, qui remporte un franc succès auprès de nombreux Philippins, constitue la politique phare du chef de l'Etat, mais les meurtres nocturnes commis par les policiers philippins et des tireurs masqués sont condamnés à l'international.

Rodrigo Duterte est arrivé au pouvoir en 2016 sur la promesse d'éradiquer le trafic de drogue en faisant abattre des dizaines de milliers de trafiquants et toxicomanes présumés. Il avait dit que les poissons de la baie de Manille s'engraisseraient sur leurs cadavres.

Dans son deuxième rapport sur le sujet, Amnesty accuse les policiers d'être bien rodés en matière d'opérations meurtrières, de fausses preuves et d'enlèvements, un système qui passe par des listes dites de "surveillance".

Les noms qui y figurent sont fournis par des autorités locales soumises à des "pressions immenses" de la part des policiers pour leur livrer un flux constant de suspects.

"Pire, ceux qui figurent sur les listes de surveillance semblent y être indéfiniment, sans aucun moyen d'en être retirés, même s'ils ont suivi des traitements et ont arrêté de consommer de la drogue", dit l'ONG.

Jugeant impossible de déterminer le nombre exact de tués, Amnesty accuse Manille de mener une politique de "désinformation délibérée".

Des proches et des voisins de Bryan Conje, disparu le 2 juillet et retrouvé mort le 5, jouent aux cartes pour lever des fonds destinés à ses obsèques, le 7 juillet 2019 à Manille
Des proches et des voisins de Bryan Conje, disparu le 2 juillet et retrouvé mort le 5, jouent aux cartes pour lever des fonds destinés à ses obsèques, le 7 juillet 2019 à Manille ( Noel CELIS / AFP )

Selon le gouvernement, 5.300 personnes ont été tuées par les policiers mais les défenseurs des droits estiment qu'il faut multiplier ce chiffre par quatre.

L'ONG dont le siège est à Londres dénonce en outre le "caractère systématique des violations", selon les termes de Nicholas Bequelin, directeur pour l'Asie de l'Est.

"Echec de la communauté internationale"

La presse se désintéresse du massacre, les autorités n'enquêtent pas, il n'y a pas non plus de programmes de soins adéquats pour les toxicomanes.

"Cela a pour effet de créer un climat d'impunité totale dans le pays, dans lequel les policiers et d'autres sont libres de tuer sans aucune conséquence", assène le rapport.

Comme elle l'avait fait dans son premier rapport, Amnesty estime que "les crimes commis sont peut-être des crimes contre l'Humanité".

Le groupe a enquêté pendant l'année écoulée sur la mort de 27 personnes à Bulacan, province proche de Manille devenue "l'un des champs de la mort les plus sanglants du pays".

Amnesty accuse les policiers de défoncer les portes avant d'abattre les suspects qui se trouvent derrière, et d'en enlever d'autres pour les tuer ailleurs. La police maquille les scènes de crime, invente ses rapports, et vole les victimes, dit-elle encore.

"L'échec de la communauté internationale à apporter une véritable réponse à ces graves violations des droits de l'Homme (...) a encouragé le gouvernement à élargir la répression aux médias indépendants, aux défenseurs des droits de l'Homme et aux militants politiques", poursuit le rapport.

Des Philippins sous le portrait à la mémoire de Bryan Conje, retrouvé mort le 5 juillet sous le pont où il vivait, le 7 juillet 2019 à Manille
Des Philippins sous le portrait à la mémoire de Bryan Conje, retrouvé mort le 5 juillet sous le pont où il vivait, le 7 juillet 2019 à Manille ( Noel CELIS / AFP )

L'ONG appelle le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à ouvrir une enquête indépendante "afin de mettre fin à ces crimes, de fournir justice et réparations aux familles et victimes innombrables".

Cet appel fait écho à un projet de résolution proposé par l'Islande au Conseil, soutenu principalement par des pays occidentaux.

Alors que le Conseil devrait voter sur le texte avant le 12 juillet, Manille a qualifié l'ONG "d'incorrigible", affirmant que la police ne faisait qu'agir en état de légitime défense.

"Le problème c'est que Amnesty International politise les soi-disant meurtres extra-judiciaires dans ce pays. Il y a des préjugés", a déclaré le porte-parole du président, Salvador Panelo.

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