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Donald Trump déplore la "mise en pièces" de l'histoire américaine

| AFP | 262 | Aucun vote sur cette news
Retraits de statues de généraux des Etats sudistes confédérés, le 16 août 2017 à Baltimore aux Etats-Unis
Retraits de statues de généraux des Etats sudistes confédérés, le 16 août 2017 à Baltimore aux Etats-Unis ( Alec MacGILLIS / ProPublica/AFP )

En grande difficulté après ses propos sur Charlottesville, Donald Trump tente de déplacer le débat en affirmant que l'histoire américaine est "mise en pièces" par le retrait de statues de personnages des Etats sudistes confédérés, favorables à l'esclavage.

En trois tweets, le président américain a pris position de manière tranchée jeudi dans ce débat sensible qui a refait surface après les violences de Virginie, où des suprémacistes blancs s'étaient initialement rassemblés pour protester contre la suppression annoncée d'une statue du général sudiste Robert E. Lee.

Certains Américains voient dans ces monuments, en hommage à la confédération d'Etats du sud qui a déclenché la guerre civile notamment pour défendre l'esclavage, la célébration d'un passé raciste. D'autres estiment que les enlever revient à effacer un pan entier de l'histoire américaine. Les suprémacistes blancs, eux, en ont fait leur cheval de bataille.

"Triste de voir l'histoire et la culture de notre grand pays mises en pièces par le retrait de nos magnifiques statues et monuments", a tweeté Donald Trump, jugeant que c'était "stupide".

Selon un sondage NPR/PBS et NewsHour/Marist publié jeudi, près de deux Américains sur trois (62%) sont favorables à ce que les statues célébrant des personnages des Etats confédérés restent en place.

Au-delà du débat de fond, les termes utilisés par le président américain et le moment choisi ont contribué à alimenter les nombreuses critiques de ceux qui, au sein-même de son propre camp, s'indignent de son manque de clarté dans la dénonciation des groupuscules d'extrême droite.

Le président américain Donald Trump, le 15 août 2017 à New York
Le président américain Donald Trump, le 15 août 2017 à New York ( JIM WATSON / AFP )

Cinq jours jours après la mort d'une jeune femme renversée par un sympathisant néo-nazi qui a intentionnellement percuté des contre-manifestants avec son véhicule, les membres du "Grand Old Party" continuent à exprimer leur malaise face à la réaction du locataire de la Maison Blanche.

- Départ pour Camp David -

Donald Trump aura l'opportunité vendredi de changer de séquence politique en se rendant à Camp David, résidence présidentielle chargée d'histoire située à une centaine de kilomètres au nord de Washington. Soulignant sa stature de commandant en chef, il y sera entouré du vice-président Mike Pence, du chef du Pentagone Jim Mattis et de toute son équipe de sécurité nationale pour débattre de la stratégie américaine en Afghanistan.

Pour l'instant en tout cas, après l'affaire Charlottesville, le président septuagénaire n'a "pas encore démontré qu'il avait la solidité et certaines des compétences nécessaires" pour habiter sa fonction, selon le sénateur républicain Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères.

Tim Scott, seul sénateur noir républicain, n'a pas non plus mâché ses mots: "Cela ne fait aucun doute, les deux journées écoulées ont affaibli l'autorité morale de cette administration".

De son côté, la chef des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a appelé jeudi au retrait des statues confédérées présentes au Capitole.

"On ne peut pas célébrer l'intolérance violente des hommes de la Confédération dans les couloirs vénérables du Capitole", a-t-elle asséné. Un élu républicain, Tom Rooney, a lancé le même appel. "Nous ne devrions pas honorer la cause que ces hommes défendaient", a-t-il dit au site The Hill.

- "Lien avec les Américains" -

Selon un récent rapport du Southern Poverty Law Center (SPLC), spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de 1.500 symboles confédérés demeurent encore dans l'espace public aux Etats-Unis, la plupart dans le sud.

Mardi, lors d'une conférence de presse houleuse depuis la Trump Tower à New York, où il avait renvoyé dos à dos militants d'extrême droite et contre-manifestants, M. Trump avait déjà semblé donner raison aux défenseurs de ces monuments.

"George Washington possédait des esclaves (...). Est-ce qu'on va enlever ses statues ? Et Thomas Jefferson ? Est-ce qu'on va enlever ses statues ?", avait-il déclaré, en référence aux premier et troisième présidents des Etats-Unis, tous deux morts bien avant la guerre de Sécession (1861-1865).

Cette controverse rappelle celle sur les drapeaux confédérés, ravivée en juin 2015 après l'assassinat de neuf Noirs dans une église de Caroline du Sud par un suprémaciste blanc qui aimait poser avec cet étendard.

Dans un climat particulièrement tendu au sein de l'équipe présidentielle, Steve Bannon, le très controversé conseiller stratégique de Donald Trump, a défendu dans le New York Times l'ancien magnat de l'immobilier.

Avec ses tweets matinaux, "le président créé un lien avec les Américains, leur culture, leur histoire, leur tradition", a-t-il déclaré, ironisant sur "la gauche qui veut dire que tout est du racisme".

Donald Trump décollera vendredi de son golf de Bedminster, dans le New Jersey (est), direction Camp David. Il se penchera sur l'éventuel envoi de troupes supplémentaires afin d'aider Kaboul à résister aux coups de boutoir des talibans, comme le demandent ses généraux sur le terrain.

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