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Statut de Jérusalem: le Fatah appelle à la poursuite des manifestations

| AFP | 420 | 5 par 1 internautes
Affrontements entre la police israélienne et manifestants le 9 décembre 20017 à Bethléem
Affrontements entre la police israélienne et manifestants le 9 décembre 20017 à Bethléem ( Musa AL SHAER / AFP/Archives )

Le Fatah du président Mahmoud Abbas a appelé les Palestiniens à poursuivre leurs manifestations contre la décision des Etats-Unis de reconnaître Israël comme capitale d'Israël.

Dans une déclaration publiée samedi soir, après trois journées de violence lors desquelles quatre Palestiniens ont été tués et des dizaines blessés, le Fatah a appelé à "poursuivre la confrontation et à l'élargir à tous les points où l'armée israélienne est présente".

En signe de protestation contre la décision sur Jérusalem annoncée mercredi par le président Donald Trump, M. Abbas a décidé de ne pas recevoir le vice-président américain Mike Pence lors de sa visite prévue mi-décembre en Israël et en Cisjordanie, a indiqué à l'AFP son conseiller Majdi al-Khalidi.

Réunis au Caire, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Ligue arabe ont appelé Washington à revenir sur sa décision.

Un Palestinien lance des pierres vers les forces israéliennes à Naplouse pour protester contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël.
Un Palestinien lance des pierres vers les forces israéliennes à Naplouse pour protester contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. ( Jaafar ASHTIYEH / AFP )

Dans une résolution publiée dimanche matin et dont l'AFP s'est procurée une copie, les ministres arabes estiment que les Etats-Unis se sont "retirés comme parrains et intermédiaires du processus de paix" israélo-palestinien et demandent qu'ils "annulent leur décision sur Jérusalem".

Des Palestiniens sont de nouveau descendus dans les rues samedi à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée ainsi que dans la bande de Gaza. Ils ont lancé des pierres sur les soldats israéliens qui ont riposté en tirant des balles en caoutchouc ou des balles réelles et des gaz lacrymogènes, selon l'armée.

A Jérusalem-Est, annexée par Israël, la police a dispersé des manifestants avec des grenades assourdissantes.

Selon le Croissant-Rouge, 171 Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie et 60 dans la bande de Gaza pendant la journée de samedi par des tirs ou des coups des forces de sécurité ou intoxiqués par inhalation de gaz lacrymogène.

- Avertissement israélien -

Une Palestinienne examine les dégâts dans sa maison après une frappe aérienne israélienne à Beit Lahia dans la bande de Gaza le 9 décembre 2017
Une Palestinienne examine les dégâts dans sa maison après une frappe aérienne israélienne à Beit Lahia dans la bande de Gaza le 9 décembre 2017 ( MAHMUD HAMS / AFP )

Deux Palestiniens ont été tués dans des heurts vendredi et deux membres du mouvement islamiste palestinien Hamas ont péri samedi dans des raids menés par l'aviation israélienne en riposte à des tirs de roquettes venus de la bande de Gaza. Les tirs de roquettes n'ont pas fait de victimes.

L'armée a déclaré que les raids visaient des cibles militaires dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, qu'Israël considère comme une organisation terroriste.

Un haut responsable militaire israélien, le général Yoav Mordechaï, a averti samedi qu'une poursuite des tirs depuis l'enclave palestinienne provoquerait une réponse "douloureuse" de la part d'Israël.

L'actuelle flambée de violence est survenue après l'annonce faite mercredi par Donald Trump que les Etats-Unis reconnaissent désormais Jérusalem comme la capitale d'Israël et vont à terme y transférer leur ambassade, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et internationale.

Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, est un sujet passionnel. Depuis la création d'Israël en 1948, la communauté internationale n'a jamais reconnu cette ville comme capitale. Elle considère que son "statut final" doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens.

Affrontements entre la police israélienne et manifestants le 9 décembre 20017 à Bethléem
Affrontements entre la police israélienne et manifestants le 9 décembre 20017 à Bethléem ( Musa AL SHAER / AFP )

Après l'annexion de Jérusalem-Est, Israël a proclamé toute la ville comme sa capitale "éternelle et indivisible". L'ONU n'a jamais reconnu cette annexion. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Par solidarité avec les Palestiniens, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans divers pays depuis la déclaration de M. Trump. Des rassemblements ont eu lieu samedi notamment à Istanbul, au Koweït et à Paris.

Dans la capitale française, les manifestants, plusieurs centaines, protestaient à la fois contre la décision de Donald Trump et contre la venue du Premier ministre israélien Banjamin Netanyahu, attendu à Paris dimanche pour une rencontre avec le président Emmanuel Macron.

M. Macron a qualifié mercredi de "regrettable" l'annonce de M. Trump, alors que M. Netanyahu a déclaré que le président américain, avec cette décision, était "entré à jamais dans l'histoire (de Jérusalem)".

Pour les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni, d'Italie, de Suède et d'Allemagne à l'ONU, la décision de M. Trump "ne favorise pas la perspective de paix dans la région".

- Rencontres annulées -

Des manifestants brandissent le drapeau palestinien lors d'un rassemblement de protestation devant l'ambassade américaine à Rome le 9 décembre 2017
Des manifestants brandissent le drapeau palestinien lors d'un rassemblement de protestation devant l'ambassade américaine à Rome le 9 décembre 2017 ( FILIPPO MONTEFORTE / AFP )

Face au tollé, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a assuré que les Etats-Unis restaient engagés dans le processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis 2014.

Avant M. Abbas, le grand imam d'Al-Azhar, influente institution de l'islam siégeant au Caire, a annulé sa rencontre avec M. Pence prévue en Egypte le 20 décembre. Le pape des coptes d'Egypte Tawadros II a lui aussi indiqué samedi qu'il refusait de recevoir M. Pence.

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