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Deux ex-agents secrets français soupçonnés de trahison au profit de la Chine

| AFP | 279 | Aucun vote sur cette news
Deux ex-agents des services secrets français ont été mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère
Deux ex-agents des services secrets français ont été mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère ( MARTIN BUREAU / AFP/Archives )

Deux ex-agents secrets français ont été arrêtés et placés en détention, soupçonnés d'avoir été retournés par les services secrets chinois, une affaire d'une "extrême gravité" pour les autorités françaises qui restent évasives sur l'ampleur et la portée de l'éventuelle trahison.

Révélée par des informations de presse jeudi soir, l'information a été confirmée partiellement dans la nuit par le ministère des Armées et des sources judiciaires françaises.

"Deux agents français qui appartiennent au ministère (des Armées, ndlr) et probablement un des conjoints de ces agents ont été accusés de faits graves susceptibles d'être qualifiés de faits de trahison pour avoir été suspectés de livrer des informations à une puissance étrangère", a déclaré vendredi matin sur la télé CNews la ministre des Armées Florence Parly.

Ces deux agents, qui ont été mis à la retraite, travaillaient pour la Direction générale de la sécurité extérieure, la DGSE, le service d'espionnage français, qui dépend du ministère de la Défense.

Ils ont été mis en examen (inculpés) le 22 décembre 2017 et deux d'entre eux sont depuis en détention provisoire, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

L'émission Quotidien de la chaîne TMC et le quotidien Le Monde parlent de quatre personnes soupçonnées d'avoir été recrutées par les autorités chinoises afin d'espionner le renseignement extérieur français pour le compte de Pékin, mais aucune source n'a pour l'instant confirmé à l'AFP l'existence d'un quatrième mis en cause.

Aucune source officielle n'a confirmé à l'AFP qu'ils sont accusés d'avoir travailler pour Pékin, mais l'information a été confirmée à l'AFP par une source proche du dossier.

La ministre de la Défense Florence Parly à l'Elysée le 23 mai 2018
La ministre de la Défense Florence Parly à l'Elysée le 23 mai 2018 ( ludovic MARIN / AFP )

Interrogé par l'AFP sur une éventuelle réaction officielle de la France auprès des diplomates chinois en poste à Paris, le ministère français des Affaires étrangères n'a pas immédiatement réagi, illustrant la réticence du gouvernement français à s'exprimer sur l'affaire, ces dossiers étant généralement réglés dans la discrétion et Pékin étant un partenaire économique et diplomatique important pour Paris.

"C'est la justice qui jugera le moment venu ce qu'elle a à communiquer", a déclaré Mme Parly vendredi matin.

Interrogé à Pékin, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Lu Kang, a répondu : "nous ne sommes pas au courant".

Aucune information n'a non plus été donnée officiellement sur la durée ou sur la nature des informations que les suspects auraient pu transmettre, mais une source proche du dossier a déclaré qu'il y avait eu "compromission avérée" d'informations confidentielles.

Selon une source proche du dossier, la justice a demandé la déclassification de documents émanant de la DGSE du 6 juillet 2016 au 19 avril 2017, laissant entendre que les soupçons porteraient au moins sur cette période.

L'un des agents soupçonnés était en poste à Pékin, affirme Quotidien, sans donner d'éléments sur les fonctions des autres mis en cause. La ministre n'a pas confirmé cette information.

L'affaire a été jugée suffisament grave pour enclencher une procédure judiciaire.

Deux des trois suspects sont poursuivis pour "livraison à une puissance étrangère d'informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation" et "compromission du secret de la Défense nationale", a précisé la source judiciaire.

"L'un d'eux a également été mis en examen du chef de provocation directe au crime de trahison", a-t-elle ajouté.

La troisième personne - vraisemblablement l'épouse - a été mise en examen pour "recel des crimes et délits de trahison" et placée sous contrôle judiciaire, selon la même source.

Selon le ministère de la Défense, c'est la DGSE elle même qui a détecté la fuite, elle a "porté à sa propre initiative ces faits à la connaissance du procureur de Paris".

"Nous sommes d'un extrême vigilance", a déclaré la ministre. "Nous vivons dans un monde dangereux, et ces choses-là malheureusement peuvent arriver", a-t-elle déclaré.

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