En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 783.40 PTS
+0.62 %
4 781.5
+0.59 %
SBF 120 PTS
3 796.40
+0.53 %
DAX PTS
10 809.90
+0.64 %
Dowjones PTS
23 675.64
+0.35 %
6 491.52
+0.00 %
1.140
+0.28 %

Des chrétiens de Jordanie rêvent de placer leur vin sur la carte mondiale

| AFP | 213 | Aucun vote sur cette news
Omar Zumot, viticulteur jordanien, goûte un vin dans son chai Saint George à Zahab, le 5 novembre 2018 en Jordanie
Omar Zumot, viticulteur jordanien, goûte un vin dans son chai Saint George à Zahab, le 5 novembre 2018 en Jordanie ( Laure van RUYMBEKE / AFP )

Conquérir le marché international avec leur vin: c'est l'ambition de deux familles chrétiennes de Jordanie qui s'efforcent de relancer l'industrie viticole vieille de plusieurs siècles, voire millénaire, dans ce pays. Mais le chemin est encore long.

Dans le royaume, les amateurs de vin se plaisent à raconter que Jésus-Christ avait servi à ses disciples lors du dernier souper un vin provenant du village d'Umm Qais dans le nord, pour signifier que le vin jordanien remonte à des milliers d'années.

La viniculture ici est "vieille de plus de 2.000 ans mais elle avait disparu pendant des siècles", affirme à l'AFP le directeur de l'entreprise vinicole Saint George, Omar Zumot, qui a suivi en France des études sur l'élaboration du vin.

Sa famille et celle, concurrente, des Haddad sont toutes deux membres de la minorité chrétienne, dans un pays à majorité musulmane, et elles détiennent le monopole des boissons alcoolisées en Jordanie, où la vente de l'alcool est légale.

Alaa Mansur, directeur de production à l'Eagle Distilleries Company de la famille Haddad, le 31 octobre 2018 à Zarqa, en Jordanie
Alaa Mansur, directeur de production à l'Eagle Distilleries Company de la famille Haddad, le 31 octobre 2018 à Zarqa, en Jordanie ( KHALIL MAZRAAWI / AFP )

Faisant le tour des 700 tonneaux en chêne d'origine française installés dans son entreprise, dans la banlieue est d'Amman, M. Zumot explique: "Nous produisons 400.000 litres par an à partir de 30 différents cépages, des raisins auxquels ni pesticides ni produits chimiques n'ont été ajoutés".

"Nous n'en sommes qu'au début du chemin. Mon rêve est de voir le vin jordanien sur la carte mondiale", confie-t-il.

Romains et Byzantins

Firas Haddad, directeur marketing de l'Eagle Distilleries Company, qui produit le vin "Jordan River", primé 96 fois lors de concours viticoles, partage le même rêve.

Un employé vérifie les bouteilles sur une chaîne de production au chai Saint Georges, le 5 novembre 2018 à Zahab, en Jordanie
Un employé vérifie les bouteilles sur une chaîne de production au chai Saint Georges, le 5 novembre 2018 à Zahab, en Jordanie ( Laure van RUYMBEKE / AFP )

"Nous avons créé la première entreprise (de la famille Haddad) en 1975", à Zarka près d'Amman. "Nous produisions du blanc et du rouge à partir de cépages cultivés à Soueïda en Syrie", explique Firas Haddad.

"Aujourd'hui, nous vinifions 45 variétés, la plupart importées de France, d'Italie et d'Espagne", explique-t-il.

Selon l'archéologue suisse Ueli Bellwald, la viniculture est née en Jordanie il y a plusieurs milliers d'années et a connu son apogée à l'époque romaine puis byzantine. À Petra, où il a travaillé pendant 27 ans, on a découvert des ruines de "82 sites de production de vin", dont certains sont gigantesques, dit-il.

Les familles Haddad et Zumot exploitent toutes deux des vignes dans la région de Mafraq (nord-est), près de la Syrie et de l'Irak, qui recèle des terres parmi les plus fertiles du royaume.

Formées de projections basaltiques volcaniques, à 840 mètres d'altitude, elles disposent d'une nappe phréatique et jouissent de soleil 330 jours l'année, se félicite M. Haddad. Autant de conditions favorables à la création d'un vin "exceptionnel", selon lui.

Un marché à 90% local

Une bouteille de vin
Une bouteille de vin "Jordan River" primé 96 fois lors de concours viticoles, le 31 octobre 2018 à Zarqa, en Jordnaie ( KHALIL MAZRAAWI / AFP )

Jordan River produit annuellement quelque 500.000 bouteilles de vin rouge et blanc, dont 90% écoulées sur le marché local. Une quantité très limitée part à l'export. "Il y a quelques mois, nous avons exporté une cargaison en Australie, une autre est en route pour la Californie aux États-Unis et une troisième sera envoyée bientôt à Paris", indique M. Haddad.

Les Zumot, qui cultivent à Mafraq 250 hectares de vignes d'origines française, italienne et portugaise, produisent eux entre 200.000 et 300.000 bouteilles par an, elles aussi vendues à 90% sur le marché local. Quelques caisses sont exportées vers l'Europe et vers des pays arabes dont le Qatar, les Émirats arabes unis et l'Irak.

Les deux familles organisent des visites ouvertes aux touristes.

"Nous sommes étonnés, nous ne savions pas que la Jordanie produisait du vin", déclare à l'AFP Peggy, une touriste australienne venue avec son mari déguster du vin à l'atelier d'oenologie de la famille Haddad, à Amman, où les murs sont décorés de certains des prix remportés lors de concours viticoles.

Un verre de vin rouge à la main, Frédéric, un touriste français, se dit lui aussi "surpris d'apprendre que la Jordanie, un pays à majorité musulmane, est producteur de vin".

15 à 20 euros la bouteille

Les deux touristes jugent les prix relativement chers.

De fait, toutes les boissons alcoolisées, qu'elles soient produites sur place ou importées, sont soumises à des taxes exorbitantes (plus de 300% du prix).

Et le vin jordanien reste relativement rare: "la production est faible en raison du climat aride", souligne M. Zumot.

Ainsi en Jordanie "le vin est un produit coûteux: la bouteille la moins chère se vend entre 15 et 20 euros", explique-t-il.

Mais les amateurs s'y retrouveront, veulent croire les deux familles productrices.

Au milieu des quelque 500 tonneaux de l'entreprise des Haddad, Ala Mansour, le responsable de la production lance: "Le vin n'est pas qu'une simple industrie. C'est une passion, une vie, un art..."

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 19/12/2018

Plus forte baisse du SBF 120, Natixis perd 6,87% à 4,147 euros au lendemain d’un profit warning, dont l’impact a été amorti par la confirmation du versement d’un dividende exceptionnel de 1,5…

Publié le 19/12/2018

Alors que le constructeur français a dernièrement demandé à son partenaire la tenue d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires afin de discuter de la gouvernance et d'autres…

Publié le 19/12/2018

Ceconomy lance son troisième avertissement sur résultat de l’année, et inquiète un peu plus les investisseurs. Ainsi le titre du groupe allemand décroche de 10,71% à 3,25 euros en bourse,…

Publié le 19/12/2018

D'un point de vue graphique, le titre est orienté à la hausse, soutenu par une oblique haussière depuis la mi-octobre. Du côté des indicateurs techniques, les moyennes mobiles à 20 et 50…

Publié le 19/12/2018

Evolution possible du capital...