5 256.18 PTS
-0.48 %
5 252.0
-0.49 %
SBF 120 PTS
4 213.66
-0.43 %
DAX PTS
12 385.60
-0.53 %
Dowjones PTS
25 219.38
+0.08 %
6 770.66
+0.00 %
Nikkei PTS
22 149.21
+1.97 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

D'Alicante à Marseille via Alger : l'histoire d'un des derniers pastis "made in Marseille"

| AFP | 221 | Aucun vote sur cette news
Des bouteilles de pastis Limiñana dans la boutique du producteur à Marseille, le 6 septembre 2017
Des bouteilles de pastis Limiñana dans la boutique du producteur à Marseille, le 6 septembre 2017 ( BORIS HORVAT / AFP )

"Pastaga", "fly", "petit jaune" : quel que soit le surnom qu'on lui donne, le pastis colle à l’image de Marseille. Et si la plupart des fabricants ont délaissé la cité phocéenne, une petite entreprise familiale perpétue la tradition, avec un des rares pastis authentiquement "made in Marseille".

Et pourtant, "mon grand-père n'aurait jamais pensé que nous produirions du pastis un jour", raconte Noëlle Limiñana, la petite-fille du fondateur de la PME de douze salariés qui porte son nom et qu'elle dirige avec son mari.

Tout commence en 1876, à Monforte del Cid, un petit bourg situé près d'Alicante, dans le sud de l'Espagne. Deux frères, Manuel et Pascual, poussés à l'exil par la misère, prennent la direction de l'Algérie française, où leur oncle, qui tient un bar à Alger propose de leur fournir le gîte et le couvert en échange de leur travail dans l'établissement.

"Le bar était principalement fréquenté par des Espagnols nostalgiques de la Paloma, une boisson anisée typique du sud de l'Espagne. C'est alors que mon grand-père et son frère eurent l'idée de créer leur propre breuvage à base d'anis", explique Noëlle Limiñana, évoquant l'anisette de la maison. Transparente comme du cristal, elle devient, au contact de l'eau, blanche comme une colombe (paloma en espagnol). Le succès est immédiat et l'entreprise voit officiellement le jour en 1884.

L'usine de production du pastis Liminana à Marseille, le 6 septembre 2017
L'usine de production du pastis Liminana à Marseille, le 6 septembre 2017 ( BORIS HORVAT / AFP )

Rapidement, le succès touche l'Algérie entière. La jeune entreprise a fait le pari d'inclure toutes les communautés dans l'aventure et l'étiquette des bouteilles fait se côtoyer un drapeau tricolore, un croissant et un drapeau espagnol. "Personne n'est oublié !", commente Edouard Vasserot, époux de Noëlle, en désignant une des affiches publicitaires d'époque.

- La "renaissance" grâce au pastis -

Achat de terres, mécanisation... L'entreprise familiale, dont la production tourne encore exclusivement autour de l'anisette, va, durant près de 70 ans, se développer en Algérie et connaître la prospérité. Au moment de l'indépendance du pays, proclamée le 5 juillet 1962, "comme des milliers d'autres pieds-noirs, ma famille décide de quitter le pays et nous arrivons par bateau à Marseille, où nous nous installons", se rappelle Noëlle Limiñana.

L'usine familiale est nationalisée par l'Etat algérien mais une succursale est ouverte dans la foulée dans le 4e arrondissement de Marseille : "Nous sommes repartis de zéro", dit-elle. Peu de temps après, dans les années 1970, l'entreprise se lance dans la production de pastis : "Il y avait une vraie demande et nous avions le savoir-faire", précise-t-elle.

Des bouteilles de pastis dans l'usine familiale Liminana à Marseille, le 6 septembre 2017
Des bouteilles de pastis dans l'usine familiale Liminana à Marseille, le 6 septembre 2017 ( BORIS HORVAT / AFP )

Le succès est au rendez vous : "Nous sommes loin des chiffres réalisées par les mastodontes du secteur mais nous avons réussi à nous inscrire durablement sur le marché du pastis", estime Maristella Vasserot, la fille de Noëlle Limiñana, en charge du marketing.

"Quand on s’est rendu compte que tout le monde revendiquait le +made in France+, voire le +made in Marseille+, pour des raisons souvent purement marketing (...), on s’est dit que nous, on avait toujours fait du +made in France+ et du local, qu'on ne l'avait jamais revendiqué et que c’était le moment justement de l’annoncer clairement sur l’étiquette", poursuit-elle.

"Pastis de Marseille, c’est une recette (à base d’anis étoilé distillé, de réglisse macérée et de caramel, ndlr), ce n'est pas une appellation d’origine contrôlée. Donc on peut faire du pastis de Marseille à Paris, à Lille, n’importe où, et le consommateur ne le sait pas forcément", regrette encore Maristella Vasserot.

Pour autant précise Noëlle Limiñana, l'entreprise n'abandonne pas la production d'anisette, "l'âme de l'entreprise", mais reconnaît du bout des lèvres que "le pastis a permis la renaissance de l'entreprise".

La société revendique un chiffre d'affaires d'environ 2 millions d'euros par an, pour 2 millions de bouteilles produites - dont 80% d'apéritifs anisés.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 18/02/2018

Florian Thauvin (N.26) inscrit de la tête, pour l'OM, l'unique but du match contre Bordeaux au stade Vélodrome, le 18 février 2018 ( ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP )Marseille peut remercier les…

Publié le 17/02/2018

Des plongeurs déposent des récifs artificiels "hôtel à poissons" d'une dizaine de tonnes à 30 mètre de profondeur les eaux usées au large des calanques de Marseille, le 30 janvier 2018 (…

Publié le 15/02/2018

Le capitaine de l'OL Nabil Fekir lors du match perdu contre Rennes, le 11 février 2018 à Lyon ( PHILIPPE DESMAZES / AFP )Lyon, qui vient de perdre à domicile contre Rennes, espère profiter du…

Publié le 13/02/2018

Réseau renforcé en PACA...

Publié le 09/02/2018

L'attaquant marseillais Clinton Njie taclé par le stéphanois Mathieu Debuchy, le 9 février 2018 au stade Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne ( PHILIPPE DESMAZES / AFP )Marseille a dilapidé deux…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 19/02/2018

  Démission de Madame Nicole LOWE de son mandat d'administrateur   Suresnes - 19 février 2018 Madame Nicole Tinkham LOWE, qui travaillait à la direction…

Publié le 19/02/2018

Biocorp reprend la main sur ses systèmes Newseal et Carpseal

Publié le 19/02/2018

Le nouveau design de référence IoT basse consommation s'inscrit dans la stratégie de Kerlink d'accompagner les fabricants d'équipements, les fabricants d'objets électroniques et...

Publié le 19/02/2018

Gaussin Manugistique a signé deux contrats avec le Groupe Bolloré...

Publié le 19/02/2018

BURELLE SA Siège social : 19 boulevard Jules Carteret 69007 LYON Société anonyme au capital social de 27 799 725…

CONTENUS SPONSORISÉS