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Covid: à Lariboisière, les soignants s'attendent à une "course de fond" en réa

| AFP | 257 | 5 par 3 internautes
Des soignants transportent un patient à l'unité de soins intensifs de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris
Des soignants transportent un patient à l'unité de soins intensifs de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris ( LUCAS BARIOULET / AFP )

Après le "sprint" du printemps, les soignants des services de réanimation de l'hôpital Lariboisière à Paris se préparent pour "une course de fond" avec une "obsession": prendre en charge tous les patients, ceux atteints du Covid comme les autres.

"Notre obsession aujourd'hui, c'est de pouvoir laisser la porte de l'hôpital ouverte à tout le monde", explique à l'AFP Etienne Gayat, directeur médical de crise de cet établissement de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). "Aux patients atteints du Covid mais aussi aux autres car l'impact de l'absence de leur prise en charge lors de la première vague s'avère très fort".

"Un vrai challenge", admet Alexandre Mebazaa, chef du département d'anesthésie-réanimation, s'inquiétant de "cancers non diagnostiqués" au mois de mars qui sont maintenant "à des stades très évolués".

Aujourd'hui, comme un peu partout en Ile-de-France, 40% des lits des services de réanimation de l'hôpital sont occupés par des patients atteints de formes sévères de Covid-19.

Après avoir ficelé une sur-blouse jetable sur son "pyjama vert", enfilé une charlotte blanche, une paire de gants et des lunettes aux airs de masque de plongée, un soignant pousse un doppler dans la chambre d'un patient. Il faut surveiller les thromboses.

"Un patient grave", précise Bruno Megarbane, chef de la réanimation médicale, dont le service est à 60% occupé par des patients Covid. Le malade, intubé/ventilé pour détresse respiratoire aiguë (SDRA), est maintenu en coma médicamenteux. Sans traitement efficace connu, il faut attendre "que sa pneumonie guérisse" (3 semaines environ sauf s'il décède) avec, en béquilles, antibiotiques et cortisone.

Des soignants s'occupent un patient après une intervention chirurgicale, à l'unité de soins intensifs de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris
Des soignants s'occupent un patient après une intervention chirurgicale, à l'unité de soins intensifs de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris ( LUCAS BARIOULET / AFP )

Dans sa petite chambre bleue et jaune, baignée par la lumière du jour, ni le "bip" des seringues électriques ni les courbes de ses constantes qu'affiche le "scope" ne troublent son sommeil artificiel.

"Flux tendu"

"On manque de lits, nous travaillons à flux tendu tout au long de l'année. A peine un patient sort, il est remplacé par un autre. Et s'ajoute à cela un manque de personnel. Entre 5% et 10% des lits de réanimation sont fermés, en France, par manque de soignants", pointe Bruno Megarbane, estimant toutefois que le service n'est pas "encore saturé".

Une soignante fait une pause dans un couloir de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris
Une soignante fait une pause dans un couloir de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris ( LUCAS BARIOULET / AFP )

Mais pour combien de temps? "On a appris en terme d'organisation, de prise en charge, de traitements. On a l'espoir, avec ces avancées, de diminuer le nombre de patients qui iront en soins critiques", explique Etienne Gayat, citant également le rôle de l'hospitalisation à domicile, de la chirurgie ambulatoire, de la télémédecine.

Mais pour vraiment briser la progression des admissions, les médecins ne voient qu'une solution: casser la chaîne de transmission en diminuant les interactions sociales.

"Car sinon ce qui va nous manquer, c'est les moyens humains", poursuit M. Gayat qui rappelle que la non prise en charge de certains patients au printemps se traduit aujourd'hui par une hausse des infarctus du myocarde graves et des accidents vasculaires cérébraux graves.

Des équipes médicales au service des urgences de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris
Des équipes médicales au service des urgences de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris ( LUCAS BARIOULET / AFP )

"La première fois c'était un sprint, là ça va être une course de fond", juge Marie Gaidachoff, infirmière, au milieu d'un service de réanimation chirurgical "faussement calme".

Dans les couloirs, les chariots de matériel, sortis des chambres pour éviter la contamination, présentent toute la panoplie Covid: masques FFP2, sacs poubelles, gel hydroalcoolique .... "Bonjour, vous m'entendez ?", questionne un soignant en entrant dans une des chambres. "La journée va passer vite !", bougonne une infirmière, venue travailler sur son jour de repos.

Intégralement recouverte d'une couverture chauffante, une femme "qui jusqu'à aujourd'hui vivait sa vie normalement" est intubée-ventilée sur le ventre. Comme 30% des malades Covid, elle a développé une insuffisance rénale aiguë et se trouve également sous dialyse.

Un patient attend au service des urgences de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris
Un patient attend au service des urgences de l'hôpital Lariboisière, le 14 octobre 2020 à Paris ( LUCAS BARIOULET / AFP )

Un peu plus loin, un autre malade, plus grave, a dû bénéficier d'une trachéotomie: "ses poumons sont presque totalement détruits, nous oxygénons son sang à l'extérieur de son corps", détaille Bruno Megarbane. A ce niveau de traitement, 30% des malades décèdent", ajoute-t-il. "Mais tout peut aussi s'inverser !"

"On ne va pas se mentir, cet été, on avait tous l'espoir que ça ne reviendrait pas !", admet Marie Gaidachoff. "On se reposera quand on aura le temps. J'espère qu'un jour on en viendra à bout."

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