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Covid-19: après Nice, le tour de France des restrictions passe par Dunkerque

| AFP | 357 | 5 par 2 internautes
Accès interdit à la plage de Bray, dans le Nord, lors du premier confionement en mai 2020
Accès interdit à la plage de Bray, dans le Nord, lors du premier confionement en mai 2020 ( DENIS CHARLET / AFP/Archives )

Après le littoral des Alpes-Maritimes, soumis à un nouveau confinement pendant deux week-ends, Dunkerque s'attend à son tour à de nouvelles restrictions pour faire face à une flambée des cas de Covid-19 due au variant anglais du coronavirus.

Décidé à territorialiser sa réponse à la crise sanitaire, le gouvernement envisage des "mesures supplémentaires de freinage" après une concertation avec les élus dans la ville du nord, a annoncé Matignon mardi à l'AFP. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, est attendu sur place mercredi.

Lundi soir, le maire (DVG) de Dunkerque et président de sa communauté urbaine, Patrice Vergriete, avait demandé un entretien avec le Premier ministre pour "examiner en urgence" la situation, regrettant que les précédentes alertes des élus n'aient pas été entendues.

Située au bord du littoral du nord, en face de l'Angleterre et non loin de la frontière belge, Dunkerque affronte depuis plus de dix jours une flambée épidémique qui culminait lundi à 900 cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, plus encore que pour la métropole Nice Côte d'Azur (771) et plus de quatre fois supérieur à la moyenne nationale (201).

Patrice Vergriete en mars 2014 à Dunkerque
Patrice Vergriete en mars 2014 à Dunkerque ( PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives )

Avec les autres édiles de la communauté urbaine (environ 200.000 habitants) le maire y avait demandé le 15 février, en vain, une fermeture des écoles une semaine avant les vacances, pour freiner cette hausse due à une très forte proportion du variant britannique, plus contagieux, dans les cas détectés.

Attestation de retour

Covid-19 : l'incidence en France
Covid-19 : l'incidence en France ( / AFP )

A Nice, cinquième ville de France, et sur tout le littoral des Alpes-Maritimes, les habitants vont devoir vivre les deux prochains week-ends (27-28 février, 6-7 mars), derniers des vacances scolaires, sous la contrainte d'un confinement qui s'ajoutera au couvre-feu de 18h déjà en place la semaine.

Seules les sorties d'une heure seront autorisées dans un rayon de 5 km, avec une attestation pour se rendre chez le médecin, faire du sport ou se promener. Les autorités des Alpes-Maritimes ont aussi annoncé pour 15 jours, à compter de mardi, la fermeture des commerces de plus de 5.000 m2, hors pharmacies et commerces alimentaires, alors que les bars, restaurants et lieux culturels sont déjà fermés depuis bientôt trois mois.

Sur fond de progression inégale des variants anglais, sud-africain ou brésilien qui inquiètent davantage les autorités sanitaires, la situation est également surveillée de près en Ile-de-France, où le taux d'incidence a augmenté de 242 cas pour 100.000 habitants à 269, selon les chiffres de l'Agence régionale de santé (ARS) arrêtés à vendredi.

A Paris, comme dans d'autres métropoles, les images de foules se promenant dans les parcs, ou de bandes d'amis prenant un verre, gobelet en plastique à la main, ont refait surface à la faveur du beau temps et la préfecture de police a interdit la consommation d'alcool de 11h à 18h dans deux zones très fréquentées du Ve et VIe arrondissement, notamment la place de la Contrescarpe.

"Rester sur ce plateau"

"On a une forte hétérogénéité d'un point de vue épidémiologique" et "la circulation du variant a poussé ces niveaux de différence entre les régions encore plus fortement", a constaté sur France Inter l'épidémiologiste et directrice de recherche à l'Inserm Vittoria Colizza.

Une femme fait un test salivaire de détection du Covid-19, le 23 février 2021 à Saint-Etienne
Une femme fait un test salivaire de détection du Covid-19, le 23 février 2021 à Saint-Etienne ( JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP )

"Aujourd'hui on a cet équilibre entre la souche historique en baisse (…) et le variant britannique qui pousse vers une augmentation (...) l'objectif est de rester sur ce plateau le plus longtemps possible et éviter la remontée des cas ou la repousser le plus possible dans le temps", a-t-elle ajouté.

Si certains territoires inquiètent, la France ne subit pas à ce stade l'explosion redoutée depuis plusieurs semaines à cause des variants du virus, même si le ministre de la Santé s'est inquiété lundi d'une "nouvelle augmentation de la circulation du virus" depuis "quatre ou cinq jours consécutifs".

Sur les sept derniers jours, Santé publique France a enregistré environ 140.000 nouveaux cas, contre un peu moins de 130.000 les sept jours précédents. Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés reste stable à un niveau élevé, à près de 26.000 patients, et le nombre des patients en réanimation est repassé au-dessus des 3.400, ce qui reste toutefois loin des pics de la première et de la deuxième vagues (7.000 et 4.900).

Le rythme des décès à l'hôpital semble ralentir, à 334 lundi, contre 413 et 460 les deux lundi précédents. Au total, 84.639 personnes touchées par le Covid-19 sont mortes depuis le début de l'épidémie, il y a un an.

La campagne vaccinale se poursuit, elle, sur fond d'approvisionnements toujours limités. Plus de 2,5 millions de personnes ont reçu au moins une dose, et plus de 1,1 million de personnes deux doses.

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