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Confusion autour du sort du gouvernement israélien de Netanyahu

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Le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett parle à la presse à Ramat Gan, le 15 novembre 2018
Le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett parle à la presse à Ramat Gan, le 15 novembre 2018 ( Menahem KAHANA / AFP )

Survivra, survivra pas: la confusion règne sur le sort du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, une source proche de la coalition annonçant des élections anticipées, rapidement démenties par le parti du Premier ministre.

Mettre fin au gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël serait une "erreur historique" aux yeux du Premier ministre, a dit vendredi le porte-parole du parti Likoud.

Le gouvernement est plongé dans la crise depuis qu'Avigdor Lieberman a claqué la porte du ministère de la Défense mercredi, au lendemain d'un cessez-le-feu conclu indirectement par Israël avec le mouvement islamiste palestinien Hamas et ses alliés à Gaza.

M. Netanyahu s'est entretenu vendredi avec l'un des piliers de sa coalition, Naftali Bennett, ministre de l'Education et chef du parti nationaliste religieux Foyer juif. L'entretien avait été précédé d'un ultimatum du Foyer juif: soit M. Bennett obtenait le portefeuille convoité de la Défense, soit c'en était fini de la coalition.

La rencontre avec M. Netanyahu s'est "conclue par un accord sur le fait que continuer avec le gouvernement actuel n'avait plus de sens", a dit une source proche de M. Bennett. Elle a ouvertement invoqué l'opposition d'un autre partenaire de coalition, le ministre des Finances Moshe Kahlon, à la nomination de M. Bennett à la Défense.

Ces "rumeurs" ne sont "pas exactes", a rétorqué le porte-parole du Likoud.

- "Ne pas commettre d'erreur" -

M. Netanyahu entend "déployer tous les efforts" pour préserver gouvernement, et "ne pas commettre la même erreur qu'en 1992, quand on a fait tomber le gouvernement de droite, ce qui a amené la gauche au pouvoir et a conduit à Oslo, une catastrophe pour l'Etat d'Israël", a-t-il dit, en allusion aux accord d'Oslo sur l'autonomie palestinienne.

"Dans l'immédiat", M. Netanyahu va assumer les fonctions de ministre de la Défense, en plus des Affaires étrangères et de la Santé, selon lui.

L'issue de cet embrouillamini, qui pourrait résulter du refus des uns ou des autres d'assumer publiquement la responsabilité de la chute du gouvernement, paraît remise à dimanche, après le shabat. De nouvelles consultations entre responsables de la coalition sont prévues à ce moment-là.

M. Netanyahu ne dispose plus que d'une voix de majorité parlementaire depuis la démission de son ministre de la Défense, l'une des raisons pour lesquelles les commentateurs ne donnent pas cher de la coalition.

Pour le Premier ministre, tout semble tenir au calendrier, dont il entend rester maître.

Des Israéliens manifestent contre un récent cessez-le-feu avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza, à Tel-Aviv, le 15 novembre 2018
Des Israéliens manifestent contre un récent cessez-le-feu avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza, à Tel-Aviv, le 15 novembre 2018 ( MENAHEM KAHANA / AFP )

L'échéance des législatives est normalement fixée à novembre 2019, mais depuis des mois flotte dans l'air un parfum d'élections anticipées, savamment entretenu jusqu'à récemment par M. Netanyahu lui-même avant qu'il ne semble se raviser.

M. Netanyahu a l'autorité de dissoudre le Parlement, auquel cas les Israéliens doivent être appelés aux urnes sous 90 jours.

La perspective de conduire les affaires avec une majorité minimale et difficilement contrôlable n'a rien d'attrayant pour lui, pas plus que celle d'offrir le marchepied de la Défense à M. Bennett, qui ne cache pas ses ambitions et auquel il voue une aversion notoire. Mais M. Netanyahu doit soupeser ce risque avec celui d'un contexte électoral défavorable.

M. Netanyahu voudrait mettre le plus de distance possible entre les "évènements embarrassants" de la semaine écoulée à Gaza et des élections, conjecture le quotidien Israel Hayom.

- Manifestations à Gaza -

Le cessez-le-feu annoncé mardi à Gaza semble avoir écorné son image de meilleur garant de la sécurité d'Israël, en particulier auprès des habitants de la périphérie de Gaza, chez lesquels se comptent de nombreux électeurs du Likoud, et qui en veulent au gouvernement de les laisser à la merci des prochaines salves palestiniennes.

Plusieurs centaines d'entre eux ont manifesté jeudi soir à Tel-Aviv. Un sondage publié dans le quotidien Maariv indique que 70% des personnes interrogées sont mécontentes de la réponse de M. Netanyahu aux centaines de roquettes et obus tirés de Gaza lundi et mardi.

Des Palestiniens transportent un homme blessé lors d'une manifestation à l'est de Gaza à la frontière avec Israël le 16 novembre 2018
Des Palestiniens transportent un homme blessé lors d'une manifestation à l'est de Gaza à la frontière avec Israël le 16 novembre 2018 ( MAHMUD HAMS / AFP )

Par ailleurs, des milliers de Gazaouis ont à nouveau manifesté le long de la frontière, comme tous les vendredis depuis le 30 mars.

Ces manifestations ont presque toujours donné lieu à des violences plus ou moins contrôlées. La majorité des plus de 230 Palestiniens tués par des tirs israéliens depuis mars sont tombés sous des balles à la frontière. Deux soldats israéliens ont été tués.

Le Hamas a fait la démonstration ces derniers mois qu'il contrôlait grandement l'intensité de la protestation, et cette journée mettait à l'épreuve la trêve fragile instaurée mardi.

Quatorze Palestiniens ont été blessés par des tirs, selon le ministère de la Santé. Mais les violences sont restées contenues, et les manifestants se sont tenus dans une très grande majorité à distance des soldats israéliens postés sur la frontière, ont rapporté les journalistes de l'AFP.

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