5 264.56 PTS
-0.48 %
5 269.5
-0.34 %
SBF 120 PTS
4 226.24
-0.31 %
DAX PTS
12 421.86
-0.53 %
Dowjones PTS
24 964.75
-1.01 %
6 779.69
+0.00 %
Nikkei PTS
21 970.81
+0.21 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Colombie: la guérilla des Farc va lancer son parti politique

| AFP | 212 | Aucun vote sur cette news
Le commandant des FARC-EP Timoléon Jiménez (D) et  Nicolas Rodriguez, membre de l'Armée nationale de Libération (ELN), assistent à une conférence de presse à La Havane, le 11 mai 2017
Le commandant des FARC-EP Timoléon Jiménez (D) et Nicolas Rodriguez, membre de l'Armée nationale de Libération (ELN), assistent à une conférence de presse à La Havane, le 11 mai 2017 ( ADALBERTO ROQUE / AFP/Archives )

De la jungle colombiennes aux bancs du Parlement: la guérilla des Farc va se convertir en parti politique le 1er septembre, comme prévu par l'historique accord de paix visant à mettre fin à plus d'un demi-siècle de conflit armé.

"L'ouverture démocratique dont a besoin la Colombie est proche. Le lancement de notre parti politique sera le 1er septembre", a tweeté lundi le chef des Farc, Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre "Timoleon Jimenez" ou "Timochenko".

Cette transformation de la plus ancienne rébellion des Amériques est une étape décisive du retour à la vie civile des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Elle interviendra à quelques jours de la visite du pape François, prévue du 6 au 10 septembre.

Guérilla marxiste issue en mai 1964 d'une insurrection paysanne, les Farc comptent dans leurs rangs des combattants pour la plupart d'origine rurale et la réforme agraire est leur principale revendication.

"Nous avons fait la paix pour participer à la politique", a pour sa part déclaré Ivan Marquez, chef négociateur des Farc, lors d'une conférence de presse à Bogota.

A l'issue de pourparlers de paix menés pendant quatre ans à Cuba, les Farc ont signé en novembre avec le gouvernement du président Juan Manuel Santos un accord de paix historique et leurs quelque 7.000 guérilleros ont fini de déposer leurs armes le 27 juin, sous le contrôle des Nations unies.

- Mauvaise image -

Les dirigeants des FARC Ivan Marquez (D) et Timoleon Jimenez aka
Les dirigeants des FARC Ivan Marquez (D) et Timoleon Jimenez aka "Timochenko" lors de l'annonce de l'approbation de l'accord de paix avec le gouvernement à Llanos del Yari en Colombie, le 23 septembre 2016 ( LUIS ACOSTA / AFP/Archives )

Le commandant Carlos Antonio Lozada, de son vrai nom Julian Gallo, a précisé à l'AFP que le parti serait lancé le 1er septembre lors d'un "grand évènement politico-culturel" à Bogota.

Le nom, la ligne politique et les représentants du futur mouvement devraient être décidés lors d'un congrès des Farc annoncé pour fin août.

"Nous avons été ouverts au dialogue avec l'ensemble des forces et mouvements politiques du pays", a expliqué l'ex-guérillera Erika Montero. La nouvelle formation sera "antipatriarcale" et "anti-impérialiste" et tournée vers les questions de genre, les jeunes, les sujets agricoles, urbains et économiques, a-t-elle ajouté.

Il est question de garder le même sigle "Farc" mais avec une signification différente. Chaque ancien combattant devra par ailleurs décider s'il participe au parti politique sous son nom de guerre ou sa véritable identité.

Les Farc pâtissent d'une mauvaise image en raison de nombreux enlèvements commis, comme celui de l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt en 2002 durant six ans, de massacres tel celui de Bojaya (Choco, nord-ouest) qui a fait 79 morts la même année, et d'attentats tel celui du club El Nogal qui a fait 36 morts en 2003 à Bogota.

En mai dernier, 82% des Colombiens avaient une opinion négative des Farc, selon l'institut de sondage Gallup.

- "Ouverture" -

"Le parti politique des Farc peut être un pas vers l'ouverture du système politique en Colombie", a expliqué à l'AFP Marc Chernick, professeur des universités de Georgetown (Washington) et Los Andes (Bogota).

Pour ce politologue, la guérilla va lancer un parti de gauche "mais pas nécessairement marxiste". "Le défi pour eux c'est qu'ils ne sont pas les seuls acteurs de la gauche, qui est très fragmentée en Colombie. Ils vont chercher des alliances", a-t-il estimé.

Dans un premier temps, le gouvernement doit octroyer au mouvement un minimum cinq députés et cinq sénateurs, pour deux mandats de quatre ans. Les ex-guérilleros peuvent en remporter davantage, dès les prochaines élections en 2018.

Les candidats devront bénéficier de garanties de sécurité pour éviter la répétition des épisodes sanglants de la fin des années 1980 lorsqu'ont été assassinés quelque 3.000 militants de l'Union patriotique (UP), vitrine politique issue d'une précédente tentative de paix.

Le gouvernement de M. Santos mène par ailleurs depuis février à Quito, en Equateur, des pourparlers de paix avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), dernier groupe rebelle encore actif en Colombie.

Depuis le début des années 60, le complexe conflit armé colombien a impliqué une trentaine de guérillas, des milices d'extrême droite, officiellement démobilisées depuis 2006, et les forces de l'ordre, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 21/02/2018

GTT chute de 8,88% à 54,40 euros après la cession par Sommerville Investments de 10,4% du capital du spécialiste des systèmes de transport de gaz pour un montant de 213,8 millions d'euros. Selon…

Publié le 21/02/2018

L'érosion de la marge opérationnelle et le flou sur les perspectives pèsent sur le titre

Publié le 21/02/2018

Le plus grand hôpital du sud de la Thuringe, le SRH Zentralklinikum de Suhl, a décidé de poursuivre sa collaboration fructueuse avec Spie Deutschland & Zentraleuropa, qui sera ainsi en charge des…

Publié le 21/02/2018

Le titre poursuit son mouvement de repli suite à la cassure d'une ligne de tendance haussière qui a soutenu les cours de février 2017 à janvier 2018. Du côté des indicateurs techniques, les…

CONTENUS SPONSORISÉS