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Climat: départ de la plus grande expédition scientifique dans l'Arctique

| AFP | 229 | Aucun vote sur cette news
Le brise-glace
Le brise-glace "Polarstern", de l'institut Alfred-Wegener de Bremerhaven (nord-ouest de l'Allemagne), quittera le port norvégien de Tromsø le 20 septembre 2019 pour mener une mission géante baptisée "Mosaic" qui étudiera les conséquences du changement climatique ( Rune Stoltz Bertinussen / NTB Scanpix/AFP )

La plus grande expédition scientifique jamais réalisée dans l'Arctique entame vendredi une mission internationale d'un an pour étudier les conséquences du changement climatique particulièrement tangible au pôle Nord, a annoncé l'institut allemand qui dirige cette initiative.

Le brise-glace "Polarstern" de l'institut Alfred-Wegener de Bremerhaven (nord-ouest de l'Allemagne) doit quitter le port norvégien de Tromsø vers 20H30 (18H30 GMT) dans le cadre de cette mission géante baptisée "Mosaic".

Il s'agit "d'un événement majeur", "un rêve qui devient réalité", a jugé le chef de cette mission exceptionnelle, Markus Rex, lors d'une conférence de presse à Tromsø, quelques heures avant le départ du "Polarstern".

"Nous sommes impatients de pouvoir faire des recherches dont nous avons urgemment besoin pour mieux comprendre le climat arctique", a-t-il ajouté.

Au total, quelque 600 experts et scientifiques prévoient de se relayer pendant quelque 390 jours, le brise-glace devant parcourir au total 2.500 km. Les équipes affronteront notamment 150 jours de nuit polaire et des températures pouvant tomber à -45°C.

Au moins six personnes seront en outre employées uniquement à repérer et éloigner les ours polaires et ainsi assurer la sécurité des scientifiques dans leurs travaux.

Markus Rex, chef de la mission Mosaic menée par l'institut Alfred-Wegner,  Pauline Snoeijs-Leijonmalm, de l'université de Stockholm, et le capitaine Stefan Schwarze, lors d'une conférence de presse à Tromsø (Norvège) le 20 septembre 2019
Markus Rex, chef de la mission Mosaic menée par l'institut Alfred-Wegner, Pauline Snoeijs-Leijonmalm, de l'université de Stockholm, et le capitaine Stefan Schwarze, lors d'une conférence de presse à Tromsø (Norvège) le 20 septembre 2019 ( Rune Stoltz Bertinussen / NTB Scanpix/AFP )

"Bientôt nous allons dire au revoir au soleil (...). Nous allons travailler dans l'obscurité la plus totale, nous serons isolés, à un millier de kilomètres des autres êtres humains", a détaillé le scientifique, précisant: "Nous allons devoir gérer toutes sortes de problèmes, notamment médicaux".

Les experts étudieront à la fois l'atmosphère, l'océan, la mer de glaces et l'écosystème pour recueillir des données qui permettront de voir comment le changement climatique affecte la région et le monde entier.

"Aucune autre partie de la Terre ne s'est réchauffée aussi vite ces dernières décennies que l'Arctique", a également expliqué Markus Rex sur le site internet de "Mosaic". "C'est ici que se situe quasiment l'épicentre du réchauffement global, et en même temps jusqu'ici nous comprenons très peu cette région".

"Nous ne pourrons pas établir de prévisions correctes concernant notre climat si nous n'avons pas de pronostics filables pour l'Arctique", poursuit-il.

La situation dans l'Arctique est préoccupante. "En début d'année, nous avons eu un cas extrême: dans le centre de l'Arctique, il a fait plus chaud qu'en Allemagne", souligne-t-il.

Le "Polarstern" sera accompagné de quatre brises-glace de Russie, de Chine et de Suède, ainsi que d'avions et d'hélicoptères afin de le ravitailler et de permettre aux équipes une rotation.

Autour du bateau, plusieurs stations d'observation seront installées, la plus éloignée se trouvant à quelque 50 km.

"Pour nous, les scientifiques, il est important de protéger cet environnement et de faire en sorte que les prochaines générations voient toujours la mer de glace sur laquelle nous allons mener ces recherches", a expliqué Markus Rex, le chef de l'expédition ( MARTIN BUREAU / AFP/Archives )

Pour mener sa mission à bien, le bateau va se laisser prendre dans les glaces puis dériver avec elles selon la dérive polaire, ce courant océanique qui s'écoule d'est en ouest dans l'océan Arctique.

La glace dérive en moyenne de 7 km par jour et devrait entraîner le Polarstern jusqu'à un millier de kilomètres de la terre ferme.

"Pour nous, les scientifiques, il est important de protéger cet environnement et de faire en sorte que les prochaines générations voient toujours la mer de glace sur laquelle nous allons mener ces recherches", a encore souligné M. Rex.

Soixante instituts et 19 pays coopèrent pour ce projet, qui dispose d'un budget de 140 millions d'euros et doit permettre de récolter pour la première fois des données exhaustives sur le climat au pôle Nord.

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