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Catalogne: le blocage persiste, Puigdemont appelle son camp à l'unité

| AFP | 533 | Aucun vote sur cette news
Le discours de Carles Puigdemont lors de la réception du nouvel an du parti nationaliste flamand belge Nouvelle Alliance flamande, le 30 janvier 2018 à Louvain
Le discours de Carles Puigdemont lors de la réception du nouvel an du parti nationaliste flamand belge Nouvelle Alliance flamande, le 30 janvier 2018 à Louvain ( EMMANUEL DUNAND / AFP )

Carles Puigdemont a maintenu mardi sa candidature à diriger la Catalogne et appelé à l'unité les indépendantistes, dont les divisions sont apparues au grand jour après le report de sa séance d'investiture, bloquée par la justice.

"Il n'y a aucun autre candidat possible" pour diriger la région de 7,5 millions d'habitants, a affirmé dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux Carles Puigdemont, qui s'est enfui en Belgique fin octobre pour échapper aux poursuites lancées contre lui en Espagne pour rébellion et sédition.

Le président destitué a exhorté les indépendantistes à rester "ensemble, forts, dignes, démocratiques et pacifiques", tentant d'apaiser la situation entre les trois partis séparatistes qui ont ensemble la majorité au parlement catalan.

Le président du parlement catalan Roger Torrent (C) participe à une réunion avec le gouvernement provincial au parlement à Barcelone, le 30 janvier 2018
Le président du parlement catalan Roger Torrent (C) participe à une réunion avec le gouvernement provincial au parlement à Barcelone, le 30 janvier 2018 ( Josep LAGO / AFP )

La décision du président du parlement catalan Roger Torrent, issu de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), d'ajourner le débat d'investiture, avait suscité les critiques des deux autres listes indépendantistes.

"La décision du président Torrent n'a pas fait l'objet de consultations du groupe Ensemble pour la Catalogne", avait assuré la formation de Carles Puigdemont dans un communiqué.

Le porte-parole de la Candidature d'union populaire (CUP, extrême gauche indépendantiste) Carles Riera, l'a qualifiée de "grave erreur politique". "Un nouveau cycle de mobilisations et de désobéissance civile doit commencer", a-t-il menacé.

Roger Torrent assurait que l'ajournement avait pour but de défendre la tenue d'un débat d'investiture avec "toutes les garanties" pour Carles Puigdemont, autrement dit sans risque d'arrestation. Il a annoncé avoir demandé aux juristes du parlement de présenter leurs arguments en ce sens à la Cour constitutionnelle.

Le gouvernement espagnol s'est lui félicité du report, estimant qu'il avait permis "d'éviter que la démocratie ne soit tournée en dérision".

- Manifestations tendues -

Carles Puigdemont a entretenu mardi le flou sur le lieu où il se trouvait. Il ne s'est finalement pas rendu à une rencontre organisée par des nationalistes flamands à Louvain, non loin de Bruxelles, où il était attendu.

Des manifestants portent des masques à l'effigie de l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont à Barcelone, le 30 janvier 2018
Des manifestants portent des masques à l'effigie de l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont à Barcelone, le 30 janvier 2018 ( LLUIS GENE / AFP )

Aux abords du parlement catalan, un important dispositif policier avait été déployé. Quelques milliers de séparatistes, affublés pour certains de masques de Puigdemont, ont manifesté dans la journée.

Plusieurs centaines d'entre eux ont réussi à faire irruption dans le parc entourant le bâtiment, fermé au public pour des raisons de sécurité, et s'étaient massés derrière des barrières, dans un face-à-face tendu avec la police qui bloquait l'accès.

Des élus d'opposition ont dû sortir du parlement sous escorte policière. Trois manifestants ont reçu une aide médicale suite à ces heurts, selon les services d'urgence régionaux.

- Blocage -

Roger Torrent n'a livré aucun autre détail sur la suite des événements.

La crise politique en Catalogne
La crise politique en Catalogne ( Sonia GONZALEZ / AFP )

La Cour, saisie par le gouvernement central, avait annoncé qu'en cas d'investiture à distance, le vote ne serait pas valable.

Elle avait considéré que M. Puigdemont devait auparavant demander en personne au juge de la Cour suprême en charge de l'enquête le visant l'autorisation de comparaître devant la chambre, autorisation qu'il a déjà refusée à trois autres leaders incarcérés.

La Cour a cependant laissé dix jours aux parties pour présenter leurs arguments.

Le nouveau conflit judiciaire intervient trois mois après la déclaration d'indépendance unilatérale votée au parlement le 27 octobre 2017.

La crise politique avait atteint son paroxysme avec l'organisation d'un référendum d'autodétermination interdit, le 1er octobre, marqué par des violences policières.

Après la tentative de sécession, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a suspendu l'autonomie de la région, dissous le parlement catalan et convoqué de nouvelles élections, avec l'espoir d'un apaisement de la situation en Catalogne, divisée à parts presque égales sur l'indépendance.

Les indépendantistes n'ont cependant pas perdu de terrain : ils représentent 47,5% de l'électorat et disposent de la majorité absolue au parlement, grâce à une pondération des voix qui profite aux provinces rurales, les plus séparatistes.

La région s'est apaisée après un mois d'octobre secoué par les manifestations et le déménagement des sièges sociaux de milliers d'entreprises hors de Catalogne.

Mais l'atmosphère reste extrêmement tendue entre le gouvernement central et les indépendantistes.

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