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Brésil: les députés décident du sort de Temer, hospitalisé

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La chambre des députés brésiliens à Brasilia, avant une séance permettant d'autoriser ou non l'ouverture d'un procès contre le président brésilien Michel Temer, le 25 octobre 2017
La chambre des députés brésiliens à Brasilia, avant une séance permettant d'autoriser ou non l'ouverture d'un procès contre le président brésilien Michel Temer, le 25 octobre 2017 ( EVARISTO SA / AFP )

Les députés brésiliens débattaient mercredi sur l'opportunité d'un procès contre Michel Temer, accusé de corruption, au moment où le président se trouvait à l'hôpital pour une "gêne urologique" nécessitant des examens, a annoncé le palais présidentiel.

Âgé de 77 ans, "le président Temer a éprouvé une gêne en fin de matinée" et "les médecins ont constaté une obstruction urologique et recommandé qu'il soit examiné à l'Hôpital des forces armées, où il se trouve pour des examens et un traitement", a annoncé le palais dans un communiqué.

Au même moment, le sort du chef de l'Etat était entre les mains des députés, pour la deuxième fois depuis le mois d'août, mais les observateurs estimaient qu'il devrait à nouveau sauver son mandat.

M. Temer a été mis en accusation par le parquet pour "obstruction à la justice et participation à une organisation criminelle" et les députés doivent se prononcer par un vote pour ou contre son procès devant la Cour suprême.

L'issue du vote faisait peu de doutes. Et si une petite quinzaine de députés de gauche a manifesté à l'ouverture de la séance en brandissant des pancartes "Fora Temer" (Temer dehors), c'était plutôt pour la forme.

C'est le nombre de voix favorables à un maintien au pouvoir de Michel Temer qui sera scruté, car il donnera une indication sur le soutien dont le président disposera lors de sa dernière année de mandat pour mener à bien des réformes de fond -- une douloureuse refonte du système des retraites en tête.

Le vote ne devait pas intervenir avant la soirée après des heures de débats. En début d'après-midi le quorum de députés n'était toujours pas atteint dans un hémicycle à moitié plein.

Ces derniers jours, le chef de l'État n'a pas ménagé ses forces, menant d'intenses tractations et recevant des dizaines de députés pour s'assurer que l'opposition ne parviendrait pas à rassembler les 342 voix (les deux tiers de la Chambre) nécessaires pour que la Cour suprême se saisisse de son dossier.

Il a fait des concessions de poids aux puissants lobbys en retirant l'aéroport de Congonhas de Sao Paulo de la liste des futures privatisations ou en abaissant les amendes prévues en cas d'atteintes à l'environnement, un geste fort à l'attention des 200 députés ruralistes.

En août, il s'était déjà débarrassé d'une première mise en accusation, pour "corruption passive", en obtenant 263 voix à la Chambre en sa faveur, contre seulement 227 pour l'ouverture d'un procès.

- 'Conspiration' -

La nouvelle mise en accusation contre le président "sera mise en échec avec plus ou moins le même nombre de voix que la première", a prédit auprès de l'AFP le député Pauderney Avelino, du parti de droite DEM.

Ensuite, "nous allons stabiliser la politique, parce que nous ne pouvons pas changer de président comme on change de vêtements", a-t-il ajouté.

Le président brésilien Michel Temer, le 23 octobre 2017 à Brasilia
Le président brésilien Michel Temer, le 23 octobre 2017 à Brasilia ( EVARISTO SA / AFP )

Président le plus impopulaire depuis la dictature militaire (1965-1984), avec un taux d'approbation qui s'est effondré à 3%, M. Temer continue de s'accrocher au pouvoir contre vents et marées.

Même si l'éventualité apparaissait mercredi improbable, en cas de jugement par la Cour suprême le président serait écarté du pouvoir pour six mois, le temps du procès.

"Ce gouvernement ne présente plus les conditions morales, institutionnelles et politiques nécessaires pour continuer à gouverner le Brésil", s'est insurgé mardi le député José Guimaraes, du Parti des Travailleurs (PT, gauche).

Michel Temer est arrivé au pouvoir l'an dernier, après la destitution controversée de Dilma Rousseff, du PT, dont il était le vice-président.

Malgré des scandales de corruption à répétition qui ont conduit à la démission de plusieurs de ses ministres, il est parvenu à se maintenir au pouvoir, promettant de "remettre le Brésil sur les rails".

Accusé d'avoir orchestré un vaste réseau de corruption avec des caciques de son parti en échange de faveurs octroyées à des chefs d'entreprise, il se dit victime d'une "conspiration".

Si le président parvient une nouvelle fois à se tirer d'affaire mercredi, le gouvernement espère avoir les mains libres pour passer l'épineuse et impopulaire réforme des retraites en cours d'examen au Parlement.

Pour que cette réforme soit approuvée, 308 voix sont nécessaires.

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