5 528.68 PTS
+0.34 %
5 529.5
+0.38 %
SBF 120 PTS
4 416.71
+0.40 %
DAX PTS
13 334.07
+1.01 %
Dowjones PTS
25 803.19
+0.89 %
6 758.54
+0.00 %
Nikkei PTS
23 951.81
+1.00 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Brahim Kermaoui, l'enfant de la DDASS devenu chauffeur-écrivain

| AFP | 218 | 5 par 1 internautes
Chauffeur VTC et écrivain, Brahim Kermaoui pose avec son livre
Chauffeur VTC et écrivain, Brahim Kermaoui pose avec son livre "l'Enfant égaré" à Asnières-sur-Seine, au nord-ouest de Paris, le 13 décembre 2017 ( CHRISTOPHE SIMON / AFP )

Volé à la naissance, élevé dans la plus grande misère, trimballé de foyers en familles d'accueil avant d'atterrir en prison, Brahim Kermaoui a vécu l'enfer avant de relever la tête; devenu chauffeur VTC, il a fait de son histoire un livre, qu'il vend à ses clients dans sa voiture.

"Souffrance, douleur et tristesse": ces mots sortent spontanément de la bouche de Brahim lorsqu'on lui demande d'évoquer son enfance, passée à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) dans les années 1980, aux côtés d'une mère souffrant de problèmes psychiatriques et d'un oncle alcoolique. Son père a disparu lorsqu'il avait 6 ans.

Il a longtemps gardé son histoire pour lui avant de se décider à l'écrire, puis à la diffuser pour "faire passer un message d'espoir, dire que dans les moments difficiles, il faut s'accrocher".

La révélation a lieu le jour où il découvre le destin de Gavin Escolar. Cet immigré philippin, chauffeur Uber à San Francisco, a fait fortune en vendant dans sa voiture des bijoux qu'il fabriquait lui-même. Brahim, qui travaille pour la même compagnie, voit enfin un moyen de diffuser son récit avec l'autorisation d'Uber.

Il imprime l'ouvrage, "L'enfant égaré", et l'édite à compte d'auteur, avant de le mettre à la vente sur la banquette arrière de son véhicule. "Quand je raconte ma vie aux clients, ils restent bouche-bée", s'amuse le chauffeur-écrivain.

Car l'histoire de Brahim, 39 ans, visage rieur aux yeux verts, est marquée par la violence et la maltraitance. Livré à lui-même dès son plus jeune âge, sous la coupe des grands du quartier qui le frappent et l'humilient, il se retrouve dès 11 ans à revendre de l'héroïne.

"Les toxicos qui venaient acheter ils hallucinaient quand ils me voyaient, j'étais tout petit", se rappelle-t-il.

En échec scolaire, vivant dans un appartement sans électricité et insalubre, Brahim est placé à la DDASS en sixième. Un soulagement et une déchirure à la fois: "Ma mère hurlait, elle s'accrochait à moi, c'était très dur. Même en parler aujourd'hui ça me fait pleurer", se remémore Brahim, bouleversé à l'évocation de ce souvenir.

- "Je ne veux plus de lui" -

Commence alors une longue errance de foyers en familles d'accueil, émaillée de petits larcins, de formations ratées avec, in fine, un retour au deal.

Malgré des visites hebdomadaires chez le psychologue, à qui il ne confie aucun de ses traumatismes par honte, Brahim "commence à sombrer" et se noie dans l'alcool.

La descente aux enfers se poursuit avec un cambriolage "complètement foireux, on était bourrés", qui le conduit en prison pour 6 mois. Il a alors tout juste 20 ans.

L'histoire serait presque tristement banale si un événement n'avait pas bouleversé l'existence de Brahim à son adolescence. A 14 ans, il est roué de coups par son oncle, avec une telle brutalité qu'il séjourne un mois à l'hôpital.

Convoquée par les services sociaux pour s'expliquer, sa mère, au bout du rouleau, balance que Brahim n'est pas son vrai fils. "De toute façon je ne veux plus de lui. Gardez-le. Il me coûte trop cher", assène-t-elle à l'éducateur de Brahim, sous les yeux de celui-ci sous le choc.

Les révélations ne font que commencer. Brahim apprend par un oncle que ses parents "adoptifs" avaient récupéré un premier bébé, à l'hôpital de Berkane, au Maroc, décédé au bout de 15 jours. Ils l'ont alors "échangé" contre un autre: Brahim. Aujourd'hui, convaincu d'avoir été volé, il cherche inlassablement sa famille biologique.

"Je ne suis pas le seul à qui c'est arrivé", affirme-t-il. "Quand je vois les histoires en Espagne, avec des enfants qui retrouvent leurs parents 50 ans après ça me donne espoir", veut-il croire, faisant référence aux affaires de "bébés volés", nés au Maroc dans les années 1970 et 1980 et vendus à de riches familles espagnoles.

Désormais marié et père de deux petites filles, Brahim raconte s'en être sorti notamment grâce à la religion. Ce récit, c'est aussi une forme de thérapie, une volonté de livrer ce qu'il a longtemps gardé en lui. Avec l'espoir un jour de retrouver sa vraie famille.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 5
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/01/2018

Incertains en début de séance, les marchés actions européens ont repris le chemin de la hausse, soutenus par le repli de l'euro. Les investisseurs réagissent également aux informations Reuters…

Publié le 16/01/2018

La semaine boursière démarre réellement aujourd'hui, puisque Wall Street était fermée hier

Publié le 16/01/2018

Le Tribunal de l'Union européenne a confirmé la décision de la Commission ordonnant à la France de récupérer 1,37 milliard d'euros dans le cadre d'une aide d'État accordée à EDF. Le 16…

Publié le 16/01/2018

Un bel exercice 2017...

Publié le 16/01/2018

 COMMUNIQUE DU 16.01.2018   Promotions au sein de l'équipe d'investissement   Wendel annonce aujourd'hui que trois de ses Directeurs seniors au sein de…

CONTENUS SPONSORISÉS