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Malte réclame justice après l'assassinat d'une militante anti-corruption

| AFP | 377 | Aucun vote sur cette news
Une femme tient une lanterne avec une photo de la journaliste assassinée Daphné Caruana Galizia devant le tribunal de La Valette, à Malte, le 17 octobre 2017 lors d'une manifestation demandant justice
Une femme tient une lanterne avec une photo de la journaliste assassinée Daphné Caruana Galizia devant le tribunal de La Valette, à Malte, le 17 octobre 2017 lors d'une manifestation demandant justice ( Matthew Mirabelli / AFP )

Malte réclamait justice mardi au lendemain de l'assassinat de la journaliste et blogueuse anti-corruption Daphne Caruana Galizia, tandis que son fils accusait le gouvernement de complicité dans cette attaque ciblée à la voiture piégée qui a provoqué la vive réaction de l'Union européenne.

La Commission européenne s'est dite "horrifiée" par l'assassinat "d'une journaliste bien connue et respectée" et a réclamé que "justice soit faite".

Devant le tribunal de La Valette, la capitale de ce petit archipel méditerranéen de 430.000 habitants qui a assuré de janvier à juin la présidence de l'UE, des dizaines de personnes se sont rassemblées pour réclamer "justice pour Daphne".

Lundi soir, ils étaient des milliers à participer, bougies à la main, à une veillée spontanée.

La journaliste et blogueuse Daphne Caruana Galizia, le 27 avril 2017 à Malte
La journaliste et blogueuse Daphne Caruana Galizia, le 27 avril 2017 à Malte ( Matthew Mirabelli / AFP/Archives )

Dans un texte virulent sur Facebook, Matthew Caruana Galizia, fils de la victime et membre du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), a accusé les autorités: "Vous êtes complices, vous êtes responsables de ça".

Il s'en est pris au Premier ministre travailliste Joseph Muscat et à son entourage, cibles fréquentes de sa mère, les accusant d'avoir rempli le gouvernement, la police et les tribunaux d'"escrocs".

Daphne Caruana Galizia, 53 ans, a été à l'origine d'accusations de corruption ayant poussé M. Muscat à convoquer des élections anticipées en juin, qu'il a largement remportées grâce au boom économique actuel du petit pays.

Elle a été tuée lundi par une explosion si puissante que sa voiture a été projetée dans un champ voisin.

- 'En guerre contre l'Etat' -

Des personnes se recueillent après l'assassinat de la blogueuse Daphne Caruana Galizia, le 16 octobre 2017 à Sliema, à Malte
Des personnes se recueillent après l'assassinat de la blogueuse Daphne Caruana Galizia, le 16 octobre 2017 à Sliema, à Malte ( Matthew Mirabelli / AFP )

"Je n'oublierai jamais comment j'ai couru autour du brasier dans le champ, en essayant d'ouvrir la porte alors que le klaxon sonnait encore (...). J'ai regardé par terre et j'ai vu le corps déchiqueté de ma mère", a raconté Matthew Caruana Galizia.

"Voilà à quoi ressemble une guerre, et il faut que cela se sache (...). Nous sommes un peuple en guerre contre l'Etat et le crime organisé, qui ne se distinguent plus l'un de l'autre", a-t-il ajouté.

Lors du rassemblement devant le tribunal, c'est un sentiment similaire qui s'est exprimé.

"C'est un meurtre politique parce qu'il y a clairement un contexte politique et que l'Etat n'a pas protégé une journaliste qui était en danger", a déclaré Michael Briguglio, ancien chef des Verts.

"Je suis en colère et je suis venue ici parce que quelqu'un est en train de voler mon pays", a ajouté le blogueur Manuel Delia.

Des policiers et experts de la police scientifique sur les lieux d'une explosion qui a détruit la voiture de la blogueuse Daphne Caruana Galizia, le 16 octobre 2017 à Bidnija, à Malte
Des policiers et experts de la police scientifique sur les lieux d'une explosion qui a détruit la voiture de la blogueuse Daphne Caruana Galizia, le 16 octobre 2017 à Bidnija, à Malte ( STR / AFP )

Seul orateur à prendre la parole, Andrew Borg Cardona, un avocat de renom et collègue du mari de Mme Caruana Galizia, a lancé: "L'Etat n'a rien fait pour défendre Daphne. Nous faisons partie de cet Etat et nous non plus n'avons rien fait".

Dans les rues et sur les réseaux sociaux, beaucoup reprenaient mardi les derniers mots de cette ancienne journaliste, publiés moins d'une heure avant sa mort sur son blog suivi par 400.000 lecteurs.

"Il y a des escrocs partout où l'on regarde maintenant, la situation est désespérée", concluait-elle après s'en être pris une nouvelle fois au chef de cabinet de M. Muscat, Keith Schembri.

- 'Rassissime dans l'UE' -

Lundi après-midi, M. Muscat avait dénoncé un acte "barbare" et promis qu'il n'aurait "de cesse que justice soit faite" après l'assassinat.

Il a ordonné aux forces de l'ordre de concentrer toutes leurs ressources pour retrouver les meurtriers, et demandé l'aide de la police fédérale américaine (FBI), dont des agents doivent arriver jeudi.

L'attaque à la voiture piégée n'est pas une nouveauté à Malte: celle de lundi est la 6e en 13 mois, et la 4e mortelle.

Un message où il est écrit
Un message où il est écrit "quand le peuple a peur de son gouvernement, il y a tyranie, quand le gouvernement a peur du peuple, il y a liberté", sur des lieux de recueillement après l'assassinat de Daphne Caruana Galizia, le 16 octobre 2017 à Sliema, à Malte ( Matthew Mirabelli / AFP )

Mais jusqu'à présent, les victimes étaient des membres de réseaux criminels ou des hommes d'affaires soupçonnés de liens avec ces réseaux. Les auteurs n'ont jamais été retrouvés.

Pour Reporters sans frontières (RSF), cet assassinat "fait plus penser à la Russie de (Vladimir) Poutine qu'à l'Union européenne", où les meurtres politiques ou mafieux de journalistes sont "rarissimes".

Ces dix dernières années, RSF n'a relevé que deux cas similaires, celui du Grec Socratis Guiolias abattu en 2010 et celui du Croate Ivo Pukanic, mort dans l'explosion de sa voiture en 2008.

Daphne Caruana Galizia avait beaucoup d'ennemis, elle qui traquait sans relâche les trafics illicites, prébendes et avantages fiscaux pour les sociétés étrangères dans une île abritant quelque 70.000 sociétés offshores et les sièges des plus grands groupes de jeux de hasard.

Selon le magazine américain Politico, elle était devenue "un WikiLeaks entier en une seule femme".

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