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Sanctions votées aux Etats-Unis: la Russie menace de riposter

| AFP | 613 | Aucun vote sur cette news
La chambre basse du Congrès des Etats-Unis a adopté mardi à une quasi-unanimité de nouvelles sanctions contre la Russie
La chambre basse du Congrès des Etats-Unis a adopté mardi à une quasi-unanimité de nouvelles sanctions contre la Russie ( Brendan Smialowski / AFP/Archives )

La Russie a promis mercredi de riposter à l'adoption par le Congrès des Etats-Unis de nouvelles sanctions la visant, avertissant que ce projet menaçait "très sérieusement" les espoirs de normalisation suscités par l'élection de Donald Trump.

Votée mardi à une quasi-unanimité par la chambre basse du Congrès, la proposition de loi inquiète aussi en Europe, car elle permettrait de sanctionner des entreprises européennes. Les Etats membres de l'Union européenne évoqueront d'ailleurs une éventuelle réponse lors d'une réunion mercredi à Bruxelles.

Le projet, qui doit encore être adopté par le Sénat, inclut aussi des sanctions contre l'Iran, notamment contre les Gardiens de la révolution accusés de soutenir le terrorisme, et contre la Corée du Nord, pour ses tirs de missiles.

L'Iran a réagi mercredi à cette "mesure hostile", qui pourrait influencer négativement l'application de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015, selon le ministre adjoint aux Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi cité par l'agence de presse iranienne ISNA.

A Moscou, la réaction est plus vive.

"Les auteurs et soutiens de ce projet de loi font un pas très sérieux en direction d'une destruction des perspectives de normalisation des relations avec la Russie", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, cité par l'agence publique TASS.

Les présidents russe (g) Valdimir Poutine et américain Donald Trump, lors d'une rencontre en marge du G20, le 7 juillet 2017 à Hambourg
Les présidents russe (g) Valdimir Poutine et américain Donald Trump, lors d'une rencontre en marge du G20, le 7 juillet 2017 à Hambourg ( SAUL LOEB / AFP/Archives )

"Ces actes ne resteront pas sans réponse", a-t-il averti, tout en assurant que Moscou ne comptait pas "céder à l'émotion" et travaillerait à la recherche de "compromis" sur des questions comme la lutte contre le terrorisme.

Les parlementaires américains, forçant la main du président Donald Trump au moment où il veut la tendre à son homologue russe Vladimir Poutine, veulent en premier lieu infliger des représailles à la Russie après une campagne de désinformation et de piratage attribuée à Moscou durant l'élection présidentielle américaine de l'an dernier.

L'annexion de la Crimée et des ingérences en Ukraine sont les autres motifs de punition avancés.

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est félicité d'une "décision importante": "Le prix à payer pour l'agression doit augmenter!" a-t-il écrit sur Twitter.

Le consensus est presque total au Capitole. Le vote a été de 419 voix contre 3. Le mois dernier, le Sénat avait voté sur un projet similaire par 98 voix contre 2.

"Comme l'ont conclu les services de renseignement américains, cet ancien agent du KGB a tenté de s'ingérer dans nos élections", a affirmé l'élu républicain Ed Royce, dans une allusion aux nombreuses années passées par le président Vladimir Poutine dans les services secrets soviétiques puis russes.

Le texte prévoit aussi un mécanisme inédit qui déplaît à la Maison Blanche: les parlementaires vont s'arroger le droit de s'interposer si jamais Donald Trump décidait de suspendre des sanctions existantes contre la Russie.

Si le texte passait le Sénat, Donald Trump pourrait mettre son veto. Mais il suffirait au Congrès de revoter à une majorité des deux tiers pour le surmonter, et il est d'usage que les présidents s'épargnent cette humiliation en apportant un soutien tardif à la législation.

"Bien que le président soutienne des sanctions sévères contre la Corée du Nord, l'Iran et la Russie, la Maison Blanche étudie ce projet de loi et attend une version finale sur le bureau du président", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders.

- 'Unité' -

De Paris à Berlin en passant par Bruxelles, l'initiative du Congrès américain passe très mal, car elle est unilatérale.

Jusqu'à présent, le régime de sanctions contre la Russie en raison de la Crimée a été coordonné des deux côtés de l'Atlantique, de façon à faire bloc.

"L'unité du G7 à l'égard des sanctions est d'importance primordiale, car il en va du respect de l'application des accords de Minsk", a prévenu lundi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

Plusieurs pays européens, notamment l'Allemagne, sont furieux, car la loi donnerait au président américain la possibilité de sanctionner les entreprises qui travaillent sur des pipelines venant de Russie, en limitant par exemple leur accès aux banques américaines ou en les excluant des marchés publics aux Etats-Unis.

Cette disposition pourrait en théorie ouvrir la voie à des sanctions contre les groupes européens partenaires du projet de gazoduc Nord Stream 2 qui doit accélérer l'acheminement de gaz russe vers l'Allemagne à partir de 2019.

Sont notamment concernés le français Engie, les allemands Uniper (ex-EON) et Wintershall (BASF), l'autrichien OMV et l'anglo-néerlandais Shell.

Jusqu'à présent, la ligne rouge fixée par Washington et Bruxelles avait été que les sanctions n'affectent pas l'approvisionnement en gaz de l'Europe.

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