En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
6 013.27 PTS
-1.07 %
6 010.50
-1.05 %
SBF 120 PTS
4 741.36
-0.95 %
DAX PTS
13 492.32
-0.42 %
Dow Jones PTS
29 348.10
+0.17 %
9 173.73
+0. %
1.110
+0.06 %

Au moins 126 féminicides en 2019, année du "réveil des consciences", selon un décompte AFP

| AFP | 211 | 3 par 2 internautes
Manifestation à Paris le 23 novembre 2019 pour dire
Manifestation à Paris le 23 novembre 2019 pour dire "stop" aux violences sexistes et sexuelles et aux féminicides ( DOMINIQUE FAGET / AFP/Archives )

Au moins 126 femmes ont été tuées par leurs conjoints ou ex conjoints en France en 2019, selon un décompte de l'AFP, soit plus d'une femme tous les trois jours, malgré des mobilisations et un "réveil des consciences" inédits.

Face à la persistance de ces féminicides, en hausse par rapport au chiffre officiel de 2018, le gouvernement et les députés ont adopté en fin d'année des mesures pour protéger ces femmes, et d'autres sont prévues ces prochains mois.

Ces meurtres se sont additionnés entre le 6 janvier 2019, date des trois premiers recensés à Toulouse, dans les Yvelines et en Seine-et-Marne, et le dernier en Corrèze.

La mort d'Audrey, 28 ans, dont le corps roué de coups a été retrouvé le 31 décembre à Ussel (Corrèze), est le 126e et dernier féminicide recensé à ce jour en 2019. Un nombre qui pourrait augmenter de quelques unités ces prochains mois, au gré de l'évolution des enquêtes en cours dans une dizaine de cas encore en suspens.

Au cours des huit derniers mois, l'AFP a mobilisé ses journalistes à travers la France pour étudier en détail auprès des autorités (police, gendarmerie, parquets…) les cas de féminicides soupçonnés à partir d'un décompte associatif.

Une femme tient un panneau qui énumère les noms des victimes de féminicides en France pour les onze premiers mois de 2019, lors d'une manifestation à Marseille, le 23 novembre 2019
Une femme tient un panneau qui énumère les noms des victimes de féminicides en France pour les onze premiers mois de 2019, lors d'une manifestation à Marseille, le 23 novembre 2019 ( CLEMENT MAHOUDEAU / AFP/Archives )

Certains ont été emblématiques comme celui de Julie Douib, tuée le 3 mars en Corse de deux balles par son ex compagnon qui ne supportait pas la séparation.

Ou Dalila, 50 ans, abattue le 6 avril dans le Var par son mari, alors que les gendarmes étaient intervenus quelques heures plus tôt parce qu'il la menaçait.

Ou encore Johanna, 27 ans, poignardée le 18 septembre au Havre par son conjoint devant leurs trois enfants de 2, 4 et 6 ans qu'elle était venue récupérer.

Ces meurtres sont le stade ultime des violences conjugales, dont sont chaque année victimes plus de 210.000 femmes majeures en France, selon le gouvernement.

En 2018, 118 femmes avaient été tuées par leurs compagnons ou ex compagnons (et trois autres par leurs compagnes, soit un total de 121 femmes tuées par des violences conjugales).

Ce chiffre a baissé depuis que le gouvernement a commencé à les recenser il y a un peu plus de 10 ans - 180 cas environ en 2007, puis 160 en 2010. Mais il se maintient depuis 2013 aux alentours des 120-130. "C'est glaçant", reconnaît auprès de l'AFP la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

"La vérité en face"

Les féminicides par conjoint ou ex-conjoint en France en 2019
Les féminicides par conjoint ou ex-conjoint en France en 2019 ( Sabrina BLANCHARD / AFP )

Selon les dizaines de témoins, autorités et médecins interrogés par l'AFP, les scénarios se répètent souvent. Ils mettent en scène, dans tous les milieux sociaux et classes d'âges, des hommes impulsifs, dépressifs ou manipulateurs, des femmes violentées, sous emprise ou qui veulent rester avec leurs enfants... Loin du cliché de "crime passionnel" qui a longtemps prévalu dans ce domaine.

La séparation reste le premier motif invoqué (près de 22% des cas), devant les disputes (16%), la jalousie (13%). Vient ensuite la maladie/vieillesse (10%), signe d'un phénomène qui touche également les seniors (une victime sur cinq a plus de 70 ans), notamment des couples isolés.

Près des deux tiers des féminicides sont commis par armes à feu (31%) ou armes blanches (31%), loin devant les coups (17%) et la strangulation (14%).

Poussé par les associations, le gouvernement a annoncé fin novembre une série de mesures, après deux mois d'un "Grenelle des violences conjugales" qui a permis selon Mme Schiappa "de regarder la vérité en face".

Des consignes ont notamment été données aux policiers et gendarmes de prendre systématiquement les plaintes des femmes se disant victimes.

Plusieurs mesures ont été adoptées depuis, comme la mise en œuvre du bracelet antirapprochement destiné à éloigner les conjoints et ex conjoints violents, ou le renforcement des ordonnances de protection pour les femmes menacées. D'autres sont attendues prochainement, notamment contre le harcèlement et l'emprise psychologique au sein du couple.

"2019, c'est l'année du réveil des consciences", note Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.

"Ca a eu le mérite de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Mais on est un peu déçu, on attendait des mesures plus dures, plus immédiates", souligne Hélène de Ponsay, vice-présidente de l'Union nationale des familles de féminicide.

Associations comme gouvernement s'accordent sur un point: enrayer cette spirale passera également par un changement des comportements dans la société. "Il faut que tous les témoins de violences conjugales les dénoncent", souligne Mme de Ponsay. Et apprendre à détecter le harcèlement, par exemple "ne pas laisser croire à une jeune fille que c'est normal d'avoir un copain qui fouille dans son portable".

emd-mdh-jlo-pta-burs/epe/sp

 ■

Copyright © 2020 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
2 avis
Note moyenne : 3
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 21/01/2020

Airbus a annoncé mardi la création d'une nouvelle chaîne d'assemblage de l'A321 sur son site de Toulouse afin de satisfaire la demande. Ainsi, le site d'assemblage actuel de l'A380, l'usine «…

Publié le 21/01/2020

Afin de faire face à une demande toujours soutenue, Airbus a décidé de créer de nouvelles capacités de production A321 sur son site de Toulouse...

Publié le 21/01/2020

Ryanair n’est pas le seul à réaliser un solide début d’année. C’est également le cas de son concurrent easyJet (+5,16% à 1 524,75 pence), qui a revu à la hausse sa prévision de…

Publié le 21/01/2020

Plus forte hausse du SBF 120 Ipsos progresse de 2,58% à 31,80 euros. Dans une interview accordée à David Jacquot dans l'émission Ecorama du lundi 20 janvier, Didier Truchot, Président Directeur…

Publié le 21/01/2020

Les détails financiers n'ont pas été dévoilés...