En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 084.66 PTS
-0.63 %
5 084.50
-
SBF 120 PTS
4 076.70
-0.66 %
DAX PTS
11 553.83
-0.31 %
Dowjones PTS
25 444.34
+0.26 %
7 107.23
-0.12 %
1.151
+0.00 %

Au Liban, antiquités et art contemporain se côtoient dans un nouveau musée privé

| AFP | 140 | Aucun vote sur cette news
Le nouveau musée Nabu au Liban, au bord de la Méditerranée à El-Heri, le 27 septembre 2018
Le nouveau musée Nabu au Liban, au bord de la Méditerranée à El-Heri, le 27 septembre 2018 ( JOSEPH EID / AFP )

Des oeuvres contemporaines aux côtés de bronzes d'Aphrodite et de statues phéniciennes: dans le nord du Liban, le musée Nabu vient d'ouvrir ses portes, à l'initiative de collectionneurs et d'artistes soucieux de mettre en valeur et transmettre le riche patrimoine culturel d'un Moyen-Orient déchiré par les conflits.

Ce musée, qui porte le nom du dieu mésopotamien de la sagesse et de l'écriture, s'élève sur les bords de la Méditerranée, dans le village d'El-Heri. Le bâtiment en forme de cube futuriste surprend par ses parois en acier patiné, couleur rouille.

L'établissement a ouvert fin septembre avec une collection réunissant une soixantaine d'oeuvres d'artistes du monde arabe mais aussi près de 400 pièces d'antiquité, certaines vieilles de 3.000 ans, originaires du Liban, d'Irak, de Syrie, d'Egypte ou encore du Yémen.

"Comme ça, on a une vision relativement globale de ce qui a été le berceau de la civilisation", lance fièrement le commissaire de l'exposition, le Français Pascal Odille.

A l'origine du projet figurent trois hommes d'affaires férus d'arts - deux Libanais et un Syrien - qui ont décidé de mettre à la disposition du musée leur collection privée, après avoir confié la conception du bâtiment à deux artistes irakiens.

L'homme d'affaires libanais Jawad Adra (à gauche), l'un des fondateurs du musée Nabu au Liban, et le conservateur français Pascal Odille, le 27 septembre 2018
L'homme d'affaires libanais Jawad Adra (à gauche), l'un des fondateurs du musée Nabu au Liban, et le conservateur français Pascal Odille, le 27 septembre 2018 ( JOSEPH EID / AFP )

Un engagement qui se veut porteur d'espoir, dans un Moyen-Orient ravagé par les guerres.

"Nabu, c'est le dieu de l'écriture et de la sagesse. Pas le dieu de la guerre", lance un des fondateurs, Jawad Adra. "Nous sommes une lueur d'optimisme dans cette région, au milieu de toute cette obscurité", ajoute l'homme d'affaires libanais.

- Obus "pharaonique" -

Les oeuvres sont exposées sur les deux étages du musée, baigné par la lumière d'une immense baie vitrée ouvrant sur la mer.

Il y a des ouchebtis égyptiens en faïence vert turquoise, hérités de l'époque ptolémaïque (323 à 30 avant J.-C.). Ces petites statuettes funéraires finement ciselées étaient déposées dans les tombes pour servir le mort dans l'au-delà.

Le musée expose aussi une sculpture réalisée en 2018 par l'artiste contemporaine libanaise Katya Traboulsi: un obus en granit noir décoré de hiéroglyphes, dont l'ogive représente le dieu pharaonique Horus.

Exposées également, des toiles du grand peintre libanais Saliba Douaihy (1915-1994) ou encore des statues phéniciennes en terre cuite, datant du 7e ou 6e siècle avant J.-C., retrouvées lors de fouilles marines au large de la côte sud du Liban.

Des pièces antiques exposées au musée Nabu au Liban, le 27 septembre 2018
Des pièces antiques exposées au musée Nabu au Liban, le 27 septembre 2018 ( JOSEPH EID / AFP )

Le projet a coûté environ sept millions de dollars. Les objets présentés, qui ne sont qu'une fraction des collections privées des fondateurs du musée, seront remplacés périodiquement.

Selon le catalogue de l'exposition, la collection personnelle de M. Adra compte quelque 2.000 pièces du Levant et de Mésopotamie. "Depuis que j'ai 10 ans, je collectionne des timbres et des pièces de monnaie", confie-t-il.

A 64 ans, il possède un cabinet de conseil basé à Beyrouth et dirige dans le Golfe des laboratoires de contrôle de qualité, en partenariat avec Fida Jdeed, également embarqué dans l'aventure.

Le troisième homme du trio, Badr el-Hage, possède une entreprise spécialisée dans le commerce des livres rares à Londres.

- Initiatives personnelles -

Les autorités libanaises ont salué cette initiative privée. Le pays est engagé contre le trafic illégal d'antiquités et a lancé fin 2017 avec l'Unesco une campagne nationale de protection du patrimoine culturel, baptisée "Notre patrimoine n'est pas à vendre".

En 2016, une loi avait aussi été adoptée pour réguler la propriété d'antiquités par les particuliers, qui doivent les déclarer auprès du ministère de la Culture.

Le musée Nabu et ses fondateurs ne dérogent pas à la règle. M. Adra assure qu'une "grande partie" de sa collection est déclarée auprès des autorités et qu'il poursuit ce processus d'enregistrement.

La motivation qui se cache derrière le musée? "On est arrivé à un âge où l'on se demande +qu'as-tu fait, qu'as-tu donné à ton pays+", avance le sexagénaire, qui compte laisser un legs positif.

Au musée Nabu, au Liban, des oeuvres contemporaines côtoient des pièces antiques, le 27 septembre 2018
Au musée Nabu, au Liban, des oeuvres contemporaines côtoient des pièces antiques, le 27 septembre 2018 ( JOSEPH EID / AFP )

Les deux artistes irakiens qui ont conçu l'architecture du musée, Mahmoud al-Obaidi et Dia Azzawi, cherchent aussi à mettre en avant l'héritage oublié de leur pays à travers des oeuvres qu'ils y exposent.

"Ce lieu est comme une compensation pour tout ce qui a été détruit", confie M. Obaidi, évoquant son pays qu'il a quitté en 1991 pour le Canada.

Dans une région confrontée notamment à des difficultés économiques, où les gouvernements sont souvent accusés de négliger la culture, les initiatives personnelles sont essentielles, martèle cet artiste de 53 ans.

Le Liban accueille déjà plusieurs initiatives similaires, lancées par des hommes d'affaires ces dernières années, à l'instar du musée Robert Mouawad ou encore de la Fondation Aïshti pour l'art contemporain.

"Nos Etats ne prennent pas au sérieux la question de la culture", déplore M. Obaidi, la barbe poivre et sel taillée de près.

"Ils ne comprennent pas que tout disparaît et que seuls restent le livre, le tableau, les antiquités comme vestiges des civilisations".

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Produits de rendement : découvrir un nouveau support d'investissement
Lundi 5 novembre de 18h00 à 18h30

Trader sur le CAC40 avec du levier
Mardi 6 novembre de 12h15 à 13h15

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 19/10/2018

SOCIETE DE TAYNINH       Paris, le 19 octobre 2018     COMMUNIQUE DE PRESSE       INFORMATION FINANCIERE TRIMESTRIELLE   3ème TRIMESTRE 2018       Chiffre…

Publié le 19/10/2018

Nanobiotix a annoncé la présentation des résultats positifs de son étude de phase II/III Act.in.sarc évaluant NBTXR3 sur des patients atteints de Sarcome des Tissus Mous (STM) localement avancé…

Publié le 19/10/2018

  CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL SUD RHONE ALPES SOCIETE COOPERATIVE A CAPITAL VARIABLE Au capital actuel de 69 949 310,00 euros Siège social : 12 Place de la résistance…

Publié le 19/10/2018

Getlink a été retenu pour la neuvième année consécutive, par Gaïa Rating, parmi 230 sociétés analysées pour intégrer le Gaïa Index composé des 70 meilleures valeurs françaises. La note…

Publié le 19/10/2018

    Paris, le 19 octobre 2018     CESSATION ET MISE EN OEUVRE D'UN CONTRAT DE LIQUIDITE   À compter du 22 octobre 2018 et pour une période d'un an renouvelable…