En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 338.24 PTS
-1.21 %
5 342.50
-1.12 %
SBF 120 PTS
4 283.63
-1.07 %
DAX PTS
12 244.43
-0.93 %
Dowjones PTS
25 299.92
+0.00 %
7 447.17
+0.00 %
1.132
-0.17 %

Attentats: Paris n'a pas sombré, mais Paris a changé

| AFP | 225 | Aucun vote sur cette news
Des personnes s'enfuient après avoir entendu des couprs de feu près de la place de la République à Paris, le 13 novembre 2015
Des personnes s'enfuient après avoir entendu des couprs de feu près de la place de la République à Paris, le 13 novembre 2015 ( DOMINIQUE FAGET / AFP/Archives )

"Fluctuat nec mergitur" (il est battu par les flots mais ne sombre pas): citant la fière devise de Paris, ils étaient nombreux à clamer leur refus du terrorisme et de la peur, au lendemain des attentats du 13 novembre 2015.

Paris n'a pas sombré. Mais quelque chose a changé. Deux ans après cette soirée où des commandos du groupe Etat islamique (EI) ont semé l'horreur en tuant 130 personnes dans la capitale française et sa proche banlieue, des automatismes, parfois infimes, se sont installés chez beaucoup.

"Dans la salle de ciné, j'ai tendance à ne pas me mettre juste derrière l'entrée, au restaurant je ne m'installe pas dos aux vitres... Je ne suis pas en sécurité". L'aveu est "horrible" pour Aurore Humez, une chef d'entreprise de 39 ans.

Les barrières de sécurité devant les salles de concert font partie du paysage. Comme les blocs de béton disposés pour empêcher une voiture-bélier de faucher les passants.

Au détour d'une rue, un groupe de trois soldats ne surprend plus: l'opération Sentinelle mobilise 7.000 militaires en permanence en France depuis 2015.

Des personnes à terre à la terrasse du café
Des personnes à terre à la terrasse du café "à la bonne bière" à Paris le 13 novembre 2015 ( Anthony DORFMANN / AFP/Archives )

Habituels, les gilets pare-balles et les armes à la ceinture des policiers. Ordinaires, les fouilles des sacs à l'entrée des centres commerciaux. Prises d'assaut, les formations aux "gestes qui sauvent".

Au feu rouge devant le Bataclan, la salle de spectacle où 90 personnes avaient été assassinées le 13 novembre, les automobilistes s'arrêtent sans tourner la tête. Sur la devanture, des inscriptions crient "No fight, love", "Fuck Isis" (acronyme anglais de l'EI). Sous la plaque accrochée en mémoire des victimes, une rose a été déposée.

- Parole raciste -

Sans "céder à une identification sauvage", Stéphane, 56 ans, fait dans le métro "attention à l'aspect de certains voyageurs". Un "délit de sale gueule étendu à une part de la population, aux Français issus de l'immigration, plutôt des jeunes, ceux qui ressemblent à ceux qui ont commis les attentats", confie-t-il, en souhaitant garder l'anonymat. Quand "certaines caractéristiques deviennent un indice", "on ne le fait pas sans se le reprocher un peu".

Des fleurs en hommage aux victimes du café Carillon à Paris le 20 novembre 2015
Des fleurs en hommage aux victimes du café Carillon à Paris le 20 novembre 2015 ( THOMAS SAMSON / AFP/Archives )

Avec la méfiance, la parole raciste est parfois libérée dans un pays où l'islam est la deuxième religion la plus importante. "Les gens ont relié l'islam au terrorisme", regrette Ahmed Alaya, peintre, 28 ans, assis sur un banc devant une mosquée de l'Est parisien. Il confie avoir eu "deux ou trois fois des problèmes de racisme".

Mais pour d'autres, passé le choc, la vie a repris le dessus.

"Il y a eu un coup de stress au départ, mais tout est redevenu normal. J'ai intégré le fait que le danger était inattendu", décrit Karim, 30 ans, prof d'histoire (le prénom a été changé).

"C'est davantage mes proches qui me faisaient prendre conscience que je vivais dans une ville risquée quand ils annulaient leur séjour", raconte Vivien Chazelle, un architecte de 31 ans.

Le climat reste toutefois lourd. Chaque bagage oublié devient un colis suspect. Une présence qui suffit à paralyser un hall de gare.

Zone bouclée, entrée en scène des démineurs, le scénario est bien rodé. Entre 2014 et 2016, le nombre d'interventions est passé de 1.300 à 2.600 par an.

Si des sites aussi emblématiques que le Louvre, le parvis de la cathédrale Notre-Dame ou l'avenue des Champs-Elysées ont été la cible d'attaques récentes, ces lieux restent cependant ultra-fréquentés.

Jeff et Lauren Stieritz, des Américains de 35 et 33 ans, sont revenus admirer l'Arc de triomphe, sept ans après leur premier séjour. Même si les attentats occupent "un coin de leur tête", et qu'il y a "plus de policiers dans les rues qu'avant" selon Jeff, Lauren se "sent en sécurité": "Ce n'est pas le Moyen-Orient!"

Paris reste l'une des premières destinations mondiales. De janvier à juin, les hôteliers d'Ile-de-France ont accueilli 16,4 millions de touristes. Un record depuis 10 ans.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 15/08/2018

Des policiers à l'oeuvre sur le lieu de l'attentat à la voiture-bélier près du parlement à Londres, le 14 août 2018 ( Daniel LEAL-OLIVAS / AFP )Le Britannique de 29 ans arrêté après avoir…

Publié le 15/08/2018

La ministre française des Transports, Elisabeth Borne, lors d'une session parlemntaire à Paris, le 21 juillet 2018 ( Bertrand GUAY / AFP/Archives )Après l'accident de Gênes mardi, la ministre…

Publié le 15/08/2018

La Bourse de Paris évolue en baisse à la mi-journée, rattrapée par les craintes liées à la Turquie ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )La Bourse de Paris évoluait en baisse mercredi à la…

Publié le 15/08/2018

Vue générale de l'effondrement du viaduc autoroutier de l'A10, le 15 août 2018 à Gênes, dans le nord de l'Italie ( / AFP )L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise à Gênes, dans le…

Publié le 15/08/2018

Marine Le Pen à Paris le 23 juillet 2018 ( Gérard JULIEN / AFP/Archives )Critiqués pour avoir invité la dirigeante de l'extrême droite française Marine Le Pen, les organisateurs du Web…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 15/08/2018

En outre, le FCP renforce la position sur Econocom

Publié le 15/08/2018

Le net repli des métaux et autres matières provoque de lourds dégagements sur les valeurs liées de près ou de loin aux 'commodities'

Publié le 15/08/2018

Macy's relève ses objectifs annuels comme il l'avait déjà fait à l'occasion de la publication de ses résultats du premier trimestre, mi-mai. Le distributeur table désormais sur un bénéfice par…

Publié le 15/08/2018

Après un exercice 2017 décevant

Publié le 15/08/2018

Air France-KLM (+0,73% à 8,842 euros) est une nouvelle fois à l'honneur à la Bourse de Paris. A l'affût de toute information suggérant un règlement rapide de la question de la gouvernance de la…