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Attentat contre une synagogue en 1980: Paris veut juger le suspect libano-canadien

| AFP | 521 | Aucun vote sur cette news
Hassan Diab, suspect de l'attentat à la bombe devant la synagogue de la rue Copernic à Paris en 1980, le 24 mai 2016 à Paris
Hassan Diab, suspect de l'attentat à la bombe devant la synagogue de la rue Copernic à Paris en 1980, le 24 mai 2016 à Paris ( BERTRAND GUAY / AFP/Archives )

Trente-sept ans après l'attentat qui avait fait quatre morts devant une synagogue à Paris, le ministère public français demande que soit jugé l'unique suspect, le Libano-Canadien Hassan Diab.

Le parquet de Paris a requis le renvoi du suspect devant une cour d'assises spéciale, seule habilitée à juger les crimes terroristes, estimant "les charges suffisantes", a appris mercredi l'AFP de sources proches de l'enquête.

Dans son réquisitoire signé le 29 novembre, le parquet relève cependant qu'il existe des "doutes" sur la présence de Diab à Paris au moment des faits, selon une des sources.

Il appartient désormais aux juges d'instruction de décider d'un procès.

Le 3 octobre 1980, à 18H40 (17h40 GMT), une forte explosion retentit à la synagogue de la rue Copernic dans l'ouest de Paris. Dix kilos d'explosif, dissimulés dans la sacoche d'une moto garée devant l'édifice, tuent quatre personnes et font une quarantaine de blessés.

Il s'agit alors du premier attentat mortel contre la communauté juive commis en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

L'enquête, l'une des plus anciennes encore en cours à Paris, attribue l'attentat, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), un groupe né d'une scission du FPLP, et les renseignements français identifient en 1999 Hassan Diab comme celui qui a confectionné l'engin explosif.

Le Libano-canadien, âgé aujourd'hui de 64 ans, a toujours clamé son innocence. Il avait été arrêté le 13 novembre 2008 à la demande des juges français. Soutenant qu'il était étudiant à Beyrouth au moment des faits, il se dit victime d'une homonymie.

Diab, qui était devenu professeur universitaire en sociologie au Canada, est cependant extradé le 15 novembre 2014 vers la France. Inculpé le jour-même, notamment pour assassinats, il est placé en détention provisoire.

Après 18 mois en prison, Diab est remis en liberté avec un bracelet électronique et assigné à résidence. Mais dix jours plus tard, le 24 mai 2016, la cour d'appel annule cette libération.

Le 28 juillet 2017, les juges terminent leur enquête. La remise en liberté du suspect, accordée le 8 novembre 2017 par un juge des libertés, est annulée le 14 novembre.

Pour justifier sa demande d'un jugement, le parquet relève aujourd'hui plusieurs éléments à charge: "des notes de renseignement convergentes et réitérées", la ressemblance de Diab avec des portraits-robots, la découverte d'un passeport à son nom "avec des tampons attestant que son utilisateur a pénétré en Espagne à des dates "parfaitement compatibles avec la commission de l'attentat".

L'accusation met aussi en avant les comparaisons réalisées entre l'écriture de Diab et celle sur une fiche d'hôtel remplie par l'homme qui a acheté la moto, ou encore le témoignage d'un couple mettant en cause le suspect comme appartenant aux groupes palestiniens.

- 'Sérieux doutes' -

Hassan Diab assure toutefois qu'il se trouvait à Beyrouth au moment de l'attentat pour passer ses examens à l'université. En janvier 2016, il a donné au juge d'instruction les noms de deux femmes ayant révisé les épreuves avec lui qui ont corroboré sa version.

Son ex-épouse, Nawal Copty, a également affirmé qu'il était au Liban le 28 septembre 1980, cinq jours avant l'attentat. Or, à cette date, le détenteur du passeport au nom de Diab se trouvait déjà en Europe d'après les tampons.

Ces éléments avaient conduit le juge d'instruction à "sérieusement douter" qu'il "soit le poseur de la bombe".

Ces doutes, tout comme les contre-expertises qui remettent en cause les premières analyses graphologiques, doivent faire l'objet "d'un examen par une juridiction de jugement", estime le ministère public.

"On a le sentiment que le parquet se sent un devoir envers et contre tout de ne pas soustraire aux parties civiles celui qui leur a été présenté à tort comme un suspect possible et ainsi de les priver d'un procès", ont réagi auprès de l'AFP les avocats d'Hassan Diab, William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefebvre. "Nous attendons la seule décision qui s'impose, une décision de non-lieu", ont-ils ajouté.

David Père, avocat de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), partie civile dans l'affaire, souhaite qu'"un procès puisse se tenir dans les meilleurs délais".

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