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Tombouctou: les assaillants voulaient "prendre le contrôle" du camp de l'ONU et de Barkhane

| AFP | 651 | 3 par 1 internautes
Un blindé de la Minusma à Tombouctou, le 19 septembre 2016
Un blindé de la Minusma à Tombouctou, le 19 septembre 2016 ( SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP/Archives )

"Une quinzaine" d'assaillants ont été tués lors de l'attaque qui visait à "prendre le contrôle" du "Super Camp" de l'ONU et de la force française Barkhane samedi à Tombouctou, dans le nord du Mali, ont annoncé dimanche les autorités françaises.

"Un soldat de la paix de l'ONU a été tué au champ d'honneur alors qu'il défendait l'entrée du camp et sept autres ont été blessés", a indiqué dimanche soir la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), en précisant que "deux civils" avaient également été blessés.

Sept militaires français, eux aussi blessés, ont été pris en charge par les structures médicales françaises à Gao, à quelque 320 km à l'est de Tombouctou, avait indiqué dans la matinée l'état-major français.

"Au moins 15 terroristes ont été mis hors de combat", a-t-il précisé dans un communiqué.

L'assaut contre le camp, qui abrite le QG de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) et des hommes de Barkhane, à proximité de l'aéroport de la ville, a duré environ quatre heures.

Il a été "mené par des terroristes, déguisés pour certains en Casques bleus et utilisant des véhicules maquillés aux codes de l'ONU ou des forces armées maliennes", selon le communiqué de l'état-major. "Cette attaque visait à prendre le contrôle de ce camp et à occasionner le plus grand nombre de dégâts. Elle a compris notamment des tirs indirects, vraisemblablement de mortiers, et l'explosion de trois véhicules piégés dans le but de créer une brèche dans l'enceinte".

"Les militaires de la Minusma et ceux de la force Barkhane ont repoussé les attaques menées à l'intérieur de l'enceinte, neutralisant les assaillants. Certains terroristes étaient munis de ceinture d'explosifs", a ajouté l'état-major.

- L'ONU 'déterminée' -

Le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, a félicité les Casques bleus qui ont "vaillamment repoussé, en étroite coordination avec les forces internationales", cette "attaque complexe de grande envergure".

"Cette attaque illustre une fois de plus la lâcheté des groupes terroristes face à laquelle les Nations unies et leurs partenaires continueront d'opposer une détermination sans faille", a ajouté M. Annadif, cité dans un communiqué.

Le ministère malien de la Sécurité avait évoqué la veille deux véhicules piégés, l'un aux couleurs des Forces armées maliennes (Fama) et l'autre portant le sigle "UN" des Nations unies. Le premier "a explosé", tandis que le second "a pu être immobilisé".

En réaction, quatre avions Mirage 2000 ont été envoyés samedi depuis la base française de Niamey, au Niger, ainsi que deux hélicoptères Tigre et trois Caïman avec des commandos à leur bord, "pour contribuer à la reprise complète du contrôle" du camp et "sécuriser la piste de l'aéroport", a précisé le colonel Steiger.

Des groupes liés à Al-Qaïda ont dicté leur loi dans le nord du Mali de mars-avril 2012 à janvier 2013, date du déclenchement d'une opération militaire internationale à l'initiative de la France.

Bien qu'ils aient depuis lors été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières de ce pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques.

- Vies humaines -

Le "Super Camp" de Tombouctou, à 910 km de Bamako, avait été la cible le 3 mai 2017 d'une attaque "aux mortiers ou roquettes" au cours de laquelle un Casque bleu libérien avait été tué et neuf autres personnes blessées.

Le 15 août 2017, des hommes armés avaient à nouveau pris d'assaut le camp de l'ONU, qui abrite des contingents d'une dizaine de pays. Cinq gardes maliens de la mission de l'ONU, un membre de la gendarmerie malienne et un agent civil contractuel de la Minusma avaient été tués, tandis que "six assaillants" avaient été "abattus lors de la riposte", selon l'ONU.

Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, est actuellement la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines.

Une patrouille de l'opération française Barkhane, à In-Tillit, dans le centre du Mali, le 1er novembre 2017
Une patrouille de l'opération française Barkhane, à In-Tillit, dans le centre du Mali, le 1er novembre 2017 ( Daphné BENOIT / AFP/Archives )

Elle avait, avant l'attaque de samedi, perdu plus de 160 Casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles.

Elle doit recevoir dans les prochains mois le renfort d'une force de soutien aérien canadienne, avec des hélicoptères et des Casques bleus.

Depuis 2015, les attaques jihadistes se sont étendues dans le centre et dans le sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

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