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Etats-Unis: les Républicains échouent à nouveau à réformer l'Obamacare

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Le leader de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell, le 25 juillet 2017 au Capitole, à Washington DC
Le leader de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell, le 25 juillet 2017 au Capitole, à Washington DC ( Brendan Smialowski / AFP/Archives )

Les Républicains, minés par leurs dissensions internes, ont à nouveau échoué vendredi à abroger l'Obamacare, leur cheval de bataille depuis maintenant sept ans, ce qui constitue un sérieux revers pour le président Donald Trump.

Lors d'un vote particulièrement tendu en pleine nuit, le Sénat a rejeté vendredi par 51 voix contre 49 une abrogation partielle de la couverture santé mise en place par le président Barack Obama en 2010.

"Trois Républicains et 48 Démocrates laissent tomber le peuple américain", a twitté le président Trump après le vote, "comme je l'ai dit depuis le début, laissez l'Obamacare imploser, puis négociez".

Le sénateur républicain John McCain, de retour au Sénat malgré le cancer dont il vient d'annoncer être atteint, a voté contre cette abrogation partielle ainsi que deux Républicains modérés, aux côtés des Démocrates.

Après des mois de vains efforts, ce vote porte un coup dur au parti républicain et à l'ambition du président Trump de démanteler les réformes de santé de son prédécesseur.

"C'est une déception, vraiment une déception", a commenté le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell après le vote. "Je regrette que nos efforts n'aient tout simplement pas été suffisants cette fois-ci".

Le Sénat se prononçait sur une abrogation partielle de l'Obamacare, prévoyant de ne supprimer que certaines mesures comme l'obligation faite aux particuliers de souscrire à une assurance-santé sous peine d'amende ou celle faite aux entreprises de proposer une couverture à leurs salariés.

Les Républicains ne comptaient pas en faire un projet de loi à part entière mais plutôt une base de négociations dans les allers-retours avec la Chambre des représentants.

Mais certains sénateurs républicains ont pris peur que la chambre basse ne change d'avis et ne vote le projet en l'état, ce qui l'enverrait automatiquement devant le président Trump, qui n'aurait plus qu'à promulguer la loi.

Le sénateur McCain et ses collègues Ron Johnson et Lindsey Graham avaient ainsi menacé jeudi de bloquer la machine législative en votant contre le projet.

Les Républicains tiennent les deux chambres du Congrès mais ne disposent que de 52 sièges sur 100 au Sénat, ce qui rend toute défection quasi-fatale.

Le parti républicain est profondément divisé sur la question de la solution à adopter pour remplacer l'Obamacare.

- Désastre -

"Je crains, comme d'autres, que la Chambre ne vote ce texte, ce +projet a minima+, et que, étant donné que c'est mieux que rien, cela finisse sur le bureau du président", avait ainsi déclaré devant la presse Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud, dénonçant "un projet de loi qui résulte d'une mauvaise politique générale" et le qualifiant de "désastre".

Donald Trump était particulièrement sensible au sort du texte, lui qui n'a cessé de promettre pendant sa campagne qu'il en finirait avec Obamacare à peine arrivé à Washington.

Le président a manié tour à tour la carotte et le bâton pour motiver les parlementaires du Grand Old Party (GOP). "Allez les sénateurs républicains, vous pouvez y arriver avec le système de santé", avait-il tweeté jeudi matin pour les encourager.

Après le vote, l'humeur restait sombre au Sénat même si plusieurs démocrates ont applaudi M. McCain lorsqu'il s'est prononcé.

"Nous ne nous réjouissons pas, nous sommes soulagés", a déclaré Chuck Schumer, le chef de file démocrate au Sénat. "Tournons la page et travaillons ensemble pour améliorer notre système de couverture santé", a-t-il ajouté.

Cela faisait trois jours que les Républicains étaient embourbés dans le débat après avoir volontairement prolongé la session parlementaire pour tenter enfin de trouver un compromis entre l'aile la plus conservatrice du parti et les modérés.

Les premiers entendent se débarrasser purement et simplement de l'Obamacare, alors que les seconds veillent à ne pas laisser leurs électeurs les plus défavorisés totalement démunis.

Le Bureau du budget du Congrès (CBO) avait expliqué la semaine dernière qu'une abrogation sèche de l'Obamacare, sans remplacement, augmenterait de 17 millions le nombre de personnes sans assurance santé en 2018.

Dans cette optique, l'"abrogation a minima" semblait en mesure de fédérer l'ensemble des parlementaires conservateurs, qui restaient sur deux échecs consécutifs dans la chambre haute.

Le Sénat avait voté de justesse mardi pour une simple motion de procédure qui autorisait la réouverture des débats, avec pour objectif d'adopter cette semaine un projet de loi abrogeant au moins partiellement Obamacare.

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