En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 620.65 PTS
-
5 634.00
+0.32 %
SBF 120 PTS
4 434.36
-
DAX PTS
12 389.62
+0.14 %
Dowjones PTS
27 147.08
+0.13 %
7 888.56
-0.00 %
1.103
-0.04 %

Allemagne: les châteaux impériaux de la discorde

| AFP | 471 | 1 par 1 internautes
Le château de Cecilienhof à Potsdam en Allemagne, le 2 août 2019
Le château de Cecilienhof à Potsdam en Allemagne, le 2 août 2019 ( Odd ANDERSEN / AFP/Archives )

Un siècle après la fin de la monarchie en Allemagne, les héritiers de la famille impériale suscitent la polémique en réclamant le retour de châteaux et d'œuvres d'art confisqués après la Deuxième Guerre mondiale.

"Ces demandes se basent sur celles de mon grand-père, présentées après la réunification, que je poursuis pour ma famille", a justifié dans une récente interview au quotidien Die Welt le prince Georges-Frédéric de Prusse, chef de la maison impériale des Hohenzollern, qui a marqué un millénaire de l'histoire de l'Allemagne.

La vénérable dynastie, détrônée avec Guillaume II après la Première Guerre mondiale, juge avoir été injustement expropriée à l'Est par les Soviétiques dans ce qui deviendra ensuite la RDA communiste, alors qu'un accord scellé en 1926 avec l'Etat allemand réglait la répartition des biens impériaux.

Les détracteurs des Hohenzollern s'étouffent face à des demandes de restitution tardives et rappellent pour certains les sympathies nazies de membres de la famille impériale durant le IIIe Reich.

Château de Cecilienhof

L'entrée du château de Cecilienhof à Potsdam près de Berlin, le 2 août 2019
L'entrée du château de Cecilienhof à Potsdam près de Berlin, le 2 août 2019 ( Odd ANDERSEN / AFP/Archives )

L'enjeu est de taille: un droit de résidence notamment dans le célèbre château de Cecilienhof à Potsdam, des milliers d'oeuvres d'art et plus d'un million d'euros à titre de compensation sont réclamés par la famille du dernier Kaiser.

Avec ses colombages, son architecture de style Tudor, ses six cours intérieures et ses 55 cheminées, Cecilienhof est célèbre pour avoir accueilli la conférence de Potsdam à l'été 1945, où les Alliés décidèrent du sort de leurs ennemis.

Même si les Hohenzollern assurent ne vouloir exercer "aucune influence sur la présentation des collections et des expositions" à l'intérieur, ils entendent récupérer leurs biens, devenus d'abord propriété de la RDA en 1949 puis de l'Etat allemand après la réunification en 1990.

Face à eux, la fondation publique qui gère l'essentiel du patrimoine de l'ancienne Prusse, les Länder de Brandebourg et de Berlin, où se situait le coeur de la province royale, ainsi que l'Etat fédéral allemand.

Des touristes visitent le château de Cecilienhof à Potsdam, le 2 août 2019
Des touristes visitent le château de Cecilienhof à Potsdam, le 2 août 2019 ( Odd ANDERSEN / AFP/Archives )

"Les Hohenzollern se sont marginalisés avec leurs revendications inacceptables", tempête le ministre des Finances du Brandebourg, Christian Görke.

Les tractations entre les représentants de la famille Hohenzollern et les fondations culturelles qui gèrent les biens en question durent depuis des années mais se sont durcies ces dernières semaines lorsque la famille a présenté une liste détaillée de revendications. Faute de compromis à l'amiable, les tribunaux devront trancher.

Georges-Frédéric de Prusse vient déjà de perdre un procès visant à récupérer un château au bord du Rhin, non loin du célèbre rocher de la Lorelei.

"Culot !"

"Quel culot !", s'est emporté l'ancien président de la chambre des députés allemands, Wolfgang Thierse, à propos des demandes de restitution impériales.

Des touristes au château de Cecilienhof le 2 août 2019 à Potsdam
Des touristes au château de Cecilienhof le 2 août 2019 à Potsdam ( Odd ANDERSEN / AFP/Archives )

"Les revendications se basent sur le droit et découlent de la loi. Elles n'ont pas évolué", réplique à l'AFP Markus Hennig, l'avocat des Hohenzollern. L'accord de 1926 octroyait à la famille un droit de résidence dans 39 châteaux et la propriété sur leur contenu.

"C'est une position juridique. Le prince ne doit pas et ne veut pas habiter dans un château. Il s'agit simplement de savoir ce qu'il adviendra de ce droit de résidence", assure Markus Hennig.

Au-delà de l'aspect légal, cette affaire réveille un conflit de mémoire autour de l'attitude des Hohenzollern après l'arrivée des nazis au pouvoir. Et ce au moment où les partisans d'une réhabilitation du passé prussien de l'Allemagne donnent de la voix.

Rôle trouble

Selon une loi de 1994, toutes les personnes ayant été expropriées par l'Union soviétique ont le droit de revendiquer une indemnisation si "elles n'ont pas soutenu le régime nazi".

Vue de l'intérieur de la cour du château de Cecilienhof à Potsdam, le 2 août 2019
Vue de l'intérieur de la cour du château de Cecilienhof à Potsdam, le 2 août 2019 ( Odd ANDERSEN / AFP/Archives )

Or "il y a un débat entre historiens autour du lien controversé du Kronprinz (le prince héritier, arrière-grand-père de Georges-Frédéric) avec le nazisme. La plupart d'entre eux estiment tout de même qu'il existait un lien très fort entre le NSDAP et le Kronprinz, bien qu'il n'ait jamais été membre du parti", explique l'historien Stephan Malinowski.

"En 1932", relève-t-il, "le Kronprinz appelle à voter pour Hitler lors de l'élection présidentielle", qui sera remportée une nouvelle fois par le maréchal Hindenburg.

Dans le Land de Brandebourg, la gauche radicale, membre du gouvernement régional de coalition, milite pour un référendum populaire contre les demandes de restitution impériales.

Alors que le débat fait rage, la réouverture prochaine à Berlin d'un autre château emblématique des Hohenzollern suscite aussi la controverse: la décision prise par les députés allemands de reconstruire à l'identique le château de Berlin, résidence principale de la famille impériale jusqu'en 1918, détruit pendant la Deuxième Guerre mondiale avant d'être remplacé par le Parlement de la RDA, est dénoncée par les détracteurs du passé prussien national.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE DE BOURSE

1000 € OFFERTS*
SUR VOS FRAIS DE COURTAGE

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 23 septembre 2019

CODE OFFRE : RENTREE19

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : RENTREE19 lors de votre ouverture de compte.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/09/2019

Même si le marché mondial de production automobile est attendu en retrait sur l'exercice, les plans de développement de nouveaux produits se poursuivent...

Publié le 18/09/2019

D'autres actionnaires ont également participé à cette cession d'un montant global de 900 M$, dont 650 M$ pour Wendel...

Publié le 18/09/2019

Cette opération d'apport partiel d'actif n'entraînera pas la comptabilisation d'une prime d'apport...

Publié le 18/09/2019

Le résultat net-part du groupe U10 s'apprécie de +6,4%...

Publié le 18/09/2019

Au 1er semestre 2019, le Groupe a généré un flux de trésorerie d'exploitation de +51ME...