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Afrique du Sud: un millier de mineurs secourus après 30 heures sous terre

| AFP | 600 | Aucun vote sur cette news
L'un des 955 mineurs piégés au fond d'une mine, près de la ville de Welkom, salue à sa sortie, le 2 février 2018 en Afrique du Sud
L'un des 955 mineurs piégés au fond d'une mine, près de la ville de Welkom, salue à sa sortie, le 2 février 2018 en Afrique du Sud ( GIANLUIGI GUERCIA / AFP )

Un millier de mineurs piégés dans une mine d'or d'Afrique du Sud par une panne d'électricité ont pu remonter vendredi à la surface sains et saufs, après une trentaine d'heures d'inquiétude qui ont relancé la polémique sur la sécurité dans cette industrie.

"Tout le monde est sorti", a annoncé à l'aube, soulagé, un porte-parole de l'exploitant de la mine, le groupe Sibanye Gold.

Tous les salariés coincés sont remontés sains et saufs, a précisé à l'AFP James Wellsted, qui n'a fait état que d'une poignée de "cas de déshydratation et d'hypertension sans conséquence".

"C'était stressant. Il n'y avait pas beaucoup de ventilation", a raconté à l'AFP un des mineurs, Mike Khonto, en ressortant à l'air libre. "Heureusement, nos chefs nous ont fait parvenir de la nourriture et de l'eau".

Les ouvriers de la mine de Beatrix, près de Welkom (centre), étaient retenus à plusieurs centaines de mètres sous terre depuis un violent orage survenu mercredi soir, qui a coupé l'électricité et bloqué les ascenseurs qui descendent au fond des galeries.

Les générateurs censés prendre le relais n'ont pas tous fonctionné, piégeant une grande partie de l'équipe de nuit.

Plus de 300 mineurs ont pu remonter dès jeudi matin des puits 1 et 4 mais 955 autres sont restés prisonniers au pied du puits 3 jusqu'au rétablissement du courant et la remise en service des ascenseurs vendredi dans la nuit.

Afrique du Sud
Afrique du Sud ( Laurence CHU / AFP )

En l'espace de deux heures, tous les mineurs ont été remontés en surface et ont quitté la mine en bus, casque sur la tête et sourire aux lèvres, a constaté une journaliste de l'AFP.

"On est soulagés", a lâché une jeune femme qui a passé la nuit dans sa voiture, aux portes de la mine, dans l'attente de nouvelles de son oncle.

- 'Incident évitable' -

"C'est une opération de sauvetage importante dont tous les acteurs peuvent être extrêmement fiers", s'est réjoui le PDG du groupe Sibanye-Stillwater, Neal Froneman, "c'est la preuve du savoir-faire de l'industrie minière sud-africaine".

Son satisfecit n'a toutefois pas convaincu ses employés ni leurs syndicats, qui ont dénoncé, unanimes, l'insuffisance des mesures de sécurité appliquées dans la mine.

Un bus transporte les mineurs secourus après avoir été piégés 30 heures sous terre, le 2 février 2018 à Theunissen, en Afrique du Sud
Un bus transporte les mineurs secourus après avoir été piégés 30 heures sous terre, le 2 février 2018 à Theunissen, en Afrique du Sud ( GIANLUIGI GUERCIA / AFP )

"On aurait pu éviter" cet accident, a assuré un employé sous couvert d’anonymat. "Ils auraient dû avoir des générateurs qui fonctionnaient. La sécurité est le dernier de leur souci. La seule chose qui compte pour eux, c'est la production".

L'Association du syndicat des mineurs (AMCU) a dénoncé "le manque de plans de secours à la mine en termes de sources alternatives d'électricité".

la mine de Theunissen,  où un millier de mineurs sont bloqués dans une galerie, le 1er février 2018 en Afrique du Sud
la mine de Theunissen, où un millier de mineurs sont bloqués dans une galerie, le 1er février 2018 en Afrique du Sud ( GIANLUIGI GUERCIA / AFP )

La principale centrale syndicale du pays, la Cosatu, a pour sa part demandé "une enquête" et exigé que la compagnie soit "tenue responsable pour négligence".

"Les grands groupes multinationaux comme Sibanye-Stillwater font très peu pour empêcher les accidents alors qu'ils devraient être les premiers à développer une culture de la sécurité", a regretté le Syndicat national des mineurs (NUM).

- 'Négligences' -

La mine s'est défendue en affirmant qu'elle avait été victime d'un incident "extrêmement inhabituel" puisque des générateurs ont été endommagés par l'orage, a plaidé M. Wellsted.

Plusieurs organisations syndicales ont demandé aux mineurs de Sibanye Gold de refuser de redescendre au fond des galeries dès lundi, comme le souhaitait la direction.

"Il faut réaliser un audit en bonne et due forme de ces mines", a tonné un responsable de l'AMCU, Joseph Mathunjwa, "aucun de nos adhérents ne doit se présenter à son poste tant que nous ne nous sommes pas assurés que les règles sont respectées".

"Nous allons enquêter sur d'éventuelles négligences", a promis devant la presse le ministre des Ressources minières, Mosebenzi Zwane, après une réunion avec syndicats et direction de la mine de Beatrix. "La mine est fermée pour l'instant", a-t-il ajouté, refusant de spéculer sur la date de sa réouverture.

Les accidents miniers sont fréquents en Afrique du Sud, qui possède les mines les plus profondes de la planète. En 2016, 73 personnes y sont mortes, selon les statistiques de la Chambre sud-africaine des mines.

En août dernier, 5 mineurs sont morts dans une mine d'or proche de Johannesburg, ensevelis par l'effondrement d'une galerie.

Pendant des décennies, l'extraction minière, particulièrement de l'or, a porté à bout de bras la croissance de l'économie sud-africaine. Sa production a toutefois récemment chuté à cause de l'épuisement de ses réserves.

Le groupe Sibanye-Stillwater s'est constitué il y a cinq ans et occupe aujourd'hui le premier rang des producteurs d'or en Afrique du Sud, après le rachat d'une série de concurrents.

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